RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Nous avons montré dans le premier chapitre de ce travail ce qu’ont été les microscopes depuis leur origine, nous avons fait voir quels perfectionnements on avait successivement introduits dans leur construction. Les microscopes simples les plus anciens ont été aussi les premiers employés comme instruments de recherches scientifiques. Les micrographes d’autrefois les fabriquaient eux-mêmes et cela pour des recherches déterminées. Leeuwenhoeck qui en a laissé une grande quantité en construisait un chaque fois qu’il se proposait d’étudier un sujet nouveau.
Les microscopes composés inventés en 1590 ne furent à l’origine que des instruments de curiosité ; les premiers construits furent transportés de pays en pays pour être montrés. Leurs dimensions étaient exagérées, et ils étaient d’ailleurs peu pratiques. Ils étaient rudimentaires tant par l'imperfection des verres que par l’insuffisance des moyens d’éclairage.Les lentilles avaient un angle d’ouverture très-petit, la mise au point se faisait par tâtonnements et on éclairait l’objet en dirigeant l’instrument du côté de la lumière. Peu à peu ces procédés furent améliorés, on créa successivement la crémaillère, les miroirs réflecteurs et condensateurs, l’éclairage oblique ; on disposa des lentilles de manière à concentrer la lumière sur l’objet ; on créa la vis micrométrique pour la mise au point. Huyghens imagina les diaphragmes
et les verres de champ qui diminuaient l'aberration de sphéricité et de réfrangibilité ; Cuff et Lyonnet employèrent la platine à laquelle Musshenbrœck de Leyde adapta les diaphragmes.
Lieberkühn inventa le microscope solaire (1738) qui excita à son apparition une vive curiosité et qui servit de point de départ à l’invention des microscopes à gaz et des microscopes électriques.
Toutes ces découvertes avaient bien leur valeur, et cependant les contours des objets examinés au microscope n’étaient pas nets. Il en fut ainsi jusqu’à l’adaptation de l’achromatisme d’après les principes posés par Euler. C’est de ce moment que datent les vrais bons microscopes. Ce grand perfectionnement était dû à Herman van Deyl (1807) à Amsterdam, Brewster (1813) à Londres, Frauenhoffer (1811) à Munich, et Ch. Chevalier en France. On apprit aussi à mieux faire les lentilles, et on perfectionna l’eclairage.
La dernière découverte importante est celle des objectifs à immersion homogène, elle est due à Amici’de Florence et date de 1844. Elle n’a été vulgarisée qu’un peu plus tard.
A côté du microscope on a créé des instruments qui ont étendu ses ressources soit en permettant de mesurer le grossissement (micromètres) soit en donnant la possibilité de dessiner les objets vus au microscope. L’invention des lamelles, des compresseurs, etc., a facilité les recherches micrographiques. On a aussi créé des instruments capables de faire apprécier les qualités des objectifs et de les comparer entr’eux (test-objets) etc.
Telles sont en quelques mots les étapes marquées dans la construction des microscopes.
Nous avons aussi exposé les principales découvertes dues au microscope, nous avons montré comment les premiers micrographes Leeuwenhoeck, Malpighi, Swammerdam, etc., avec des instruments très-imparfaits, mais doués d’une patience à toute épreuve, étaient arrivés à démontrer la circulation capillaire, avaient vu les globules sanguins, avaient étudié l’un, Leeuwenhoeck les tissus, l'autre Malpighi les glandes. Nous avons aussi signalé en passant les autres découvertes moins importantes faites au siècle dernier.
A la fin du XVIII0 siècle, il y avait un grand ralentissement dans les études microscopiques et un certain discrédit jeté sur les micrographes, c'est que, aussi, aucun perfectionnement notable n’était à signaler à cette époque dans la construction des appareils, et de plus, des erreurs commises enlevaient aux travaux d’alors le caractère sérieux que doit avoir toute recherche vraiment scientifique.
Avec les bons instruments renaît le goût de la micrographie; de Mirbel, Raspail, Dutrochet, Sprengel, Bernhardi,Treviranus, Rudolphi, Fontana, Robert-Brown, Gruithuisen, Schleiden au commencement du siècle s’y livrent avec fruit.
Bichat, en outre, avait, en créant l’anatomie générale en 1801, donné un vigoureux coup d’épaule aux études histologiques ; le besoin se faisait sentir de pénétrer plus avant dans la structure de ces tissus qu’il avait si bien étudiés et classés.
Enfin, en 1839, parut le livre de Schwann qui étendait aux animaux la théorie cellulaire. A partir de ce moment un grand nombre d’observateurs, armés du microscope, se mettent à l’œuvre. Tout d’abord Schwann et ses élèves s'appliquent à l’étude de l’anatomie normale ; Dujardin et Whar-
ton Jones découvrent les mouvements amiboïdes, Remak étudie la multiplication des cellules, Bischoff étend les découvertes de Prévost et Dumas sur la segmentation du vitellus, toute une armée de travailleurs parmi lesquels il importe de citer Purkinje, Valentin, His, Kolliker, Weber, Eckhard, Goldz, Henle, Waldeyer, Krause, Max Schiiltze, Briicke, Frey, Robin, Ranvier, etc., etc., et tous les histologistes de notre époque se mettent à élucider la structure des tissus, étudient le sang, la lymphe, les glandes, tous les organes de l’économie. Nous avons insisté sur toutes ces découvertes.
En même temps presque, Virchow et J. Muller, Donné, Bennett, Robin, Paget, Lebert, transportaient ces données scientifiques sur le terrain de l’anatomie pathologique. Citons encore Gluge, Henle, Vogel, Hannover, Foerster, Reklinghausen, Waller, Mandl, Iviernan, Rayer, de nos jours en France Charcot, Vulpian, Gombault, Cornil, Lancereaux, Laboulbène et les anatomo-pathologistes plus jeunes dont la liste serait longue et que nous avons mentionnés dans le cours de ce travail lorsque l’occasion s’en est offerte.
Grâce à eux nous avons connu les lésions de la cellule et des tissus en même temps que nous apprenions à connaître la cellule saine et les tissus sains. Beaucoup d’auteurs ont étendu à la fois leurs recherches sur l’organisme sain et l’organisme malade.
Le microscope est gros, en quelque sorte, de toutes ces découvertes, entre les mains des savants qui l’ont employé et qui ont donné aux études faites avec son aide la rigueur que nous leur connaissons aujourd’hui.
Cet instrument a fourni aussi des données nouvelles à la
physiologie, il a rendu des services au clinicien et au médecin légiste, nous l’avons montré par des exemples. Mais, ce n’est pas tout, avec les dernières découvertes, avec la bactériologie il vient de commencer une ère nouvelle pour la médecine, l’hygiène et la thérapeutique, nous n'en voulons pour le moment rappeler pour preuve que les récents travaux deM. Pasteur sur la rage.
LAVAL. IMPRIMERIE ET STBRKOTYPIE E. JAMIN, 41, RUE DE LA PAIX Bernard.
flfc
JbKwA JÊf
" W'æM
«Mly't^îi
ï^ü^'V *" *t-sÊW ,/T ■’■
p Jl •'-'WÎ^. " iV^^. ifi
mm