XIII. — Tsen-y : 1200 chrétiens
XIV. — Tsbi-tclien, Gan-pin : 408 chrétiens, 4 stations, 2 oratoires,
1 école de 11 élèves, 2 pharmacies.
XV. — Gan-chouen, (ville) : 566 chrétiens, 6 écoles de 129 élèves,
2 orphelinats de 119 enfants.
XVI. — Gan-chouen, (hanlieue et campagne) : 800 chrétiens, 17
stations, 6 oratoires, 3 écoles de 20 élèves.
XVII. — Kouy-hoa, Oui-lin : 981 chrétiens, 28 stations, 7 ora-
toires, 2 écoles de 18 élèves.
XVIII. — Tchen-lin : 1.150 chrétiens, 25 stations, 2 oratoires, 3
écoles de 48 élèves, 2 orphelinats de 18 enfants.
XIX. — Moii-yoK-se^ Lang-tai tin, etc.... : 740 chrétiens, 22 stations,
4 oratoires, 4 écoles de 40 élèves, 4 pharmacies. XX. — Hin-y fou, Tchen-fong, Tse-hen : 784 chrétiens, 115 stations, 6 oratoires, 41 écoles de 481 élèves, 2 orphelinats de 109 enfants, 4 pharmacies.
XXI. — Hin-y hien (Hoang-tsao-pa,) Sin-tchen : 650 chrétiens, 20 stations, 4 oratoires, 1 école de 14 élèves, 2 pharmacies. Nombre des chrrtiens : 16.625'.
Eglises et oratoires: 66.
La situation générale est telle que Font faite les événements de Tsen-y et que Guichard la décrit :
« D'une part, les mandarins, dépositaires de l'autorité, les chefs de garde nationale, les notables des villes, les maires de village laissent le premier venu opprimer, molester et dépouiller injustement nos pauvres et timides chrétiens. Ceux-ci portent-ils leur cause au mandarin, en demandant que justice leur soit faite contre leurs oppresseurs ; l'autorité ne fait aucune attention à leurs plaintes et se garde bien de leur accorder la protection qui leur est due. Au contraire, ils sont souvent, pour ne pas dire toujours, renvoyés des tribunaux, à la justice desquels ils en ont appelé, avec des injures et des menaces de toutes sortes ; quelquefois môme, après s'être vu extorquer leur peu d^argent, ils sont criblés de coups, puis renvoyés chez eux, le corps tout meurtri. D'autre part des pamphlets injurieux, des libelles infamants, pleins de calomnies, sont répandus partout, disant que d'un jour à l'autre on va piller comme en 1884 et
* Le tableau statistique du compte-rendu de 1888 porte à propos de ce chiffre la note suivante : « Manque la population chrétienne des districts de Mei-tan, Tsen-y, Oui-lin. »
'-^ï-^fl^
SUR LA MISSION
en 1886. De plus, les chrétiens sont accusés de se laisser aller à toutes les licences et d'arracher les yeux aux petits enfants, puis d'envoyer ces yeux en Europe, où ils sont vendus à des prix fabuleux et où l'on en fait des remèdes.
« VouS' comprendrez qu'après toutes ces mauvaises rumeurs, toutes ces calomnies, les païens n'ont guère le courage de se rapprocher de nous. Ils nous disent bien : « Nous savons que votre religion est la seule bonne, la seule vraie. » Mais ils ajoutent aussitôt : « Pour le moment nous n'osons nous faire chrétiens, nous verrons plus tard. » Les chrétiens eux deviennent timides et peureux : toujours dans la crainte d'être pillés, ils n'osent ni prêcher, ni travailler à faire des prosélytes.
<( Le groupe du nord a été et demeure le plus éprouvé. A Tsen-y, il ne se passe guère de mois sans que de nouvelles calomnies ne soient colportées contre les chrétiens, et des placards injurieux aux missionnaires, affichés. L'un d'eux, qui devait passer par la ville pour se rendre dans son district, fut obligé d'allonger sa route de plusieurs jours pour éviter de se montrer à cette populace. Les chrétiens, qu'un missionnaire européen ne pouvait visiter sans danger, ont été administrés par un prêtre chinois.
« A Su-yang et à Tong-tse, les missionnaires n"ont reculé devant aucune difficulté pour porter aux fidèles persécutés les consolations de la religion. A Jen-hoai, un chrétien a eu l'occasion de confesser la foi. Sommé par le mandarin d'abandonner la religion des étrangers, il a répondu bravement qu'il n'y consentirait jamais ; et deux cents coups de bâtons ont été le prix de sa réponse. Des 45 stations qui forment le district de Mei-tan, 15 seulement ont pu être visitées. A défaut des progrès de l'evangélisation, la Sainte-Enfance a donné, cette année, dans ce district, 500 baptêmes d'enfants.
« Plus heureux que ses confrères, M. Bouchard a pu visiter son district de Se-lan et établir une pharmacie nouvelle à Ta-pao. A cette occasion, des chrétiens ont su lui ménager une réception solennelle qui a produit bon effet sur les païens de la ville. 22 baptêmes d'adultes et 615 d'enfants païens forment sa récolte de l'année.
« Dans le groupe de l'ouest, le fer et le feu n'ont fait ni victimes ni malheureux, la persécution y a eu, son regrettable contre-coup. Tous les rapports de nos confrères relatent que partout il y a un certain refroidissement pour embrasser notre sainte religion et une espèce de défiance à l'égard du missionnaire et du prédicateur de la sainte doctrine.
« C'est pourtant dans cette partie de la mission que les baptêmes d'adultes ont été plus nombreux Plusieurs districts sont composés en majeure partie de Miao-tse ou de Y-kia (indigènes), parmi lesquels
»fp^