‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 38 sur 56 · Xa-doai, ou Tonkin Méridional · texte numérisé non relu

Xa-doai, ou Tonkin Méridional

Hae, ou Cochinchine Supérieure.

Qui-nhon, ou Cochinchine Centrale.

Saigon, ou Cochinchine Inférieure.

Bangkok, ou royaume de Siam.

Singapore, ou péninsule Malaise.

Rangoon, ou royaume d'Ava et Pégu.

' Nous rectifions les noms des villes et des provinces un peu défigurés dans la cir^ eulaire de la Propagande.

* Il T a ici une erreur, Ke-cho est dans le Tonkin Occidental. ' Ha-noi.

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Dans cette proposition de la division en provinces ecclésiastiques . présentée à la Sacrée Congrégation, qu'elle a d'ailleurs reçue avec bienveillance, plusieurs choses paraîtront peut-être aux évêques assemblés devoir être changées, corrigées ou réformées, d'autres devront être créées. C'est pourquoi nous estimons très opportun qu'ils s'entendent entre eux, et qu'après avoir tout parfaitement examiné, ils nous fassent connaître leur opinion sur cette question ; de sorte que, s'ils consentent à cette érection, ils nous donnent l'indication d'une division exacte et parfaite sur tous les points, comme il leur plaira, soit au sujet de l'étendue et de la grandeur de chaque diocèse , soit sous le rapport des limites déterminées d'avance et naturelles, afin d'éviter dans la suite toute ambiguïté. Il serait également convenable que, dans les Missions où il y a des Vicaires apostoliques évêques, on leur laissât le gouvernement de l'Eglise épiscopale ou archiépiscopale, en abandonnant le titre in partibus ; de même si un de ces diocèses, que l'on veut ériger, avait besoin d'un évêque, les Pères assemblés indiqueraient à la Propagande et lui recommanderaient les prêtres les plus dignes, parmi les ouvriers de ces régions, d'être choisis comme pasteurs.

Qu'ils prennent grand soin que tout soit réglé dans chaque diocèse clairement, exactement, en connaissance de cause, et en bonne intelligence, afin qu'il ne reste plus rien à dire, ni aucune discussion à craindre. Une fois les provinces constituées, les autres arrangements pour une administration plus facile, régulière et durable, pourront être aisément pris et fixés, par les assemblées provinciales. Enfin, en ce qui regarde chaque évêque, et spécialement les Missions à eux confiées, et tous les décrets portés dans ces assemblées particulières, nous les annoncerons brièvement à chaque prélat. En attendant, nous les accompagnons tous de nos vœUx, et les embrassons, demandant au Dieu tout-puissant et grand de les garder longtemps et de les conserver sains et saufs.

Donné à Rome, au palais de la Sacrée Congrégation, le 29 juin 1848.

Cette lettre fut expédiée au procureur de la Propagande à Hongkong, un franciscain, le P. Feliciani, qui la transmit aux Vicaires apostoliques.

Le billet dont, le 4 novembre 1848, il accompagna cette circulaire et qu'il adressa au Vicaire apostolique du Kouy-tcheou, peut être ainsi traduit * :

Je viens de recevoir de la Sacrée Congrégation de la Propagande des lettres demandant de réunir, dans l'île de Hong-kong, un synode auquel seraient invités à se rendre, tous ensemble, les Vicaires apostoliques de Chine et des royaumes adjacents. Comme j'ai été chargé de transmettre ces lettres aux dit Prélats, j'ai voulu les accompagner de la présente pour prier Votre Grandeur de daigner me donner réponse le plus tôt possible et de me faire savoir ses intentions à ce sujet, afin que je puisse, en temps voulu, indiquer à Votre Grandeur la date de Touveiture du synode. De plus, comme il sera difficile à chaque Vicaire apostolique d'amener avec lui, pour l'aider, un de ses missionnaires.

• A. M.-E., vol. 549', p. 207.

FAITS DE L mSTOTRR GKNKRALE

à cause du manque de prêtres ou de ressources, je pense qu'il serait très bon que Votre Grandeur rassemble, s'il se peut, ses missionnaires, et qu'ensemble ils décident les questions à exposer au synode. Si la chose ne peut se faire, que Votre Grandeur reçoive par lettre leurs vœux et leurs demandes, de sorte que, arrivée ici, elle ait tout préparés les sujets à traiter, et que le synode ne traîne pas en longueur.

Autant que je le dois à Votre Grandeur, et me recommandant instamment à ses saintes prières, je reste avec vénération et obéissance.

de Votre Excellence révérendissime, le très humble serviteur :

Fr. Ant. Feliciani, Procureur de la S. C. de In Prop. el Protonolaire apostolique en Chine.

A cette époque le Vicaire apostolique du Kouy-tcheou était, de droit, Desilèches. Est-ce lui qui répondit à Feliciani? nous Fignorons. Nous avons trouvé dans les papiers du Kouy-tcheou la pièce suivante qui fut copiée dans les archives de la Propagande ' et qui ne porte pas de nom d'auteur. Nous la traduisons-.

Opinion du Vicaire apostolique du Kouy-tcheou

Si la Sacrée Congrégation avait consulté les Vicaires apostoliques sur la nécessité de ce synode, l'opportunité du temps et du lieu oii il serait tenu, ils eussent franchement répondu, dans le Seigneur, que ce synode n'est nullementnécessaire, et qu'il n'est opportun ni quant au temps ni quantau lieu.

Il n'est pas nécessaire, parce que, jusqu'à présent, on ne peut constater aucune erreur essentielle, soit touchant la foi, les mœurs ou même la discipline générale de notre mère la Sainte Eglise.

J'avoue qu'il n'y a pas partout une seule et même forme de discipline ecclésiastique, une même pratique de pure doctrine, un même mode d'administration pastorale, que les vieilles coutumes condamnées et les abus ne sont pas entièrement disparus ; j'avoue aussi que, pour détruire ces abus, le synode serait d'une grande utilité, s'il était tenu par des évêques de la même Congrégation et de la même Société, comme on le voit par les synodes du Su-lchuen et de Pondichéry, approuvés par la Sacrée Congrégation. Mais, comme en Chine, il y a différentes Congrégations ou Sociétés auxquelles appartiennent les évêques, chacun abondera dans le sens de sa Société ou de sa Congrégation, de sorte qu'il me semble impossible que tous tombent d'accord pour faire disparaître ces abus de second ordre ; ainsi je présume qu'un synode pour traiter ces questions engendrera plus de querelles et d'inimitiés qu'il ne fera de bien.

Je dis qu'il n'est pas opportun : 1° quant au temps :

Ceux qui ont conseillé à la Sacrée Congrégation Findiction du synode, pensaient que les Missions jouissaient de plus de paix et de liberté qu'elles n'en ont en réalité, ainsi qu'il est manifeste par les nouveaux troubles qui ont agité les provinces du Kouy-tcheou, Yun-nan, Hou-pé et autres.

, ^ Peut-être par les soins de Mgr Luquet, ou en 1869-1870 par ceux d« Mg«" Faurie. «A. M.-E., vol. 549i,p. 557.

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DES MISSIONS DR aiINK

Il n'est pas opportun : 2° quant au lieu :

Parce qu'à Hong-kong il y a plusieurs feuilles publiques nuisibles à la cause de notre sainte Religion, et les rédacteurs ne pourront pas ignorer la convocation du synode, l'assemblée des évêques et des missionnaires, ainsi que leur retour dans leurs Missions, et ils le diront et ils l'écriront; de là il y aurait danger pour eux d'être arrêtés en route. Je conseille donc à Sa Révérence (le Procureur de la Sacrée Congrégation; s'il lui plaît, d'exposer tous ces dangers et ces difficultés à la Sacrée Congrégation, et de prier instamment que la même Sacrée Congrégation indique en particulier et d'une façon bien déterminée tous les sujets à traiter dans Je synode, si elle juge néanmoins à propos qu'il doive avoir lieu.

A propos de l'érection des archevêchés, des suffragants qui doivent leur être attribués, de la délimitation des diocèses et des archevêchés, ainsi que du changement des Vicaires apostoliques en évêques titulaires, qui sont les sujets proposés au synode par la Sacrée Congrégation, comme il s'agit d'examiner ces questions avec attention, voici les points que j'ai cru devoir faire connaître relativement aux provinces chinoises : 1° la délimitation me paraît naturelle et supprimant toute équivoque, si la ville capitale de chaque province est érigée en archevêché, auquel on assignerait comme suffragants toutes les (/oit) préfectures, ou villes de première classe que renferme la province, car les moindres provinces, en Chine, ont au moins douze préfectures {fou) ; que dis-je ! il y a peu d'archevêchés, soit en Europe, soit ailleurs, qui aient tant de suffragants ; et qu'on ne prétende pas que l'étendue de chaque préfecture (fou) n'est pas suffisante pour un diocèse ; pour tous ceux qui ont travaillé en Chine, il est évident que chaque préfecture (fou) équivaut à un grand diocèse en Europe.- Comme conclusion de ce paragraphe découle cette conséquence très nette : longtemps avant l'établissement de la hiérarchie, chaque province devra posséder son Vicaire apostolique pour la préparer à ce changement.

2° La question du changement des Vicaires apostoliques en évêques titulaires me semble prématurée ; car il est à craindre que le changement des Missions en diocèses ne soit cause que les ouvriers manquent aux évêques titulaires, lorsqu'ils en auront besoin d'un plus grand nombre, puisqu'ils jouissent de l'entière liberté de prêcher ; beaucoup sont attirés par ce nom de mission, que le nom de diocèse laissera froids. Si la Sacrée Congrégation persiste néanmoins dans l'érection des évêques titulaires, je conseillerai humblement, qu'au moins les archevêchés, proposés comme il est dit plus haut , étant conservés, elle mette à leur tête des archevêques originaires de France qui auraient soin, par autorité apostolique, d'ériger en nouveaux diocèses les villes préfectures {fou), dans lesquelles il y aurait un nombre suffisant de chrétiens, dix ou douze mille baptisés ; à la tête de ces nouveaux diocèses seraient placés, comme évêques titulaires, les prêtres indigènes qu'ils auraient jugés dignes, tout en les laissant sous la tutelle spéciale de l'archevêque. Dans les provinces d'une trop grande étendue , rien n'empêche d'ériger deux archevêchés, par exemple auSu-tchuen.

On ne pouvait pas être plus nettement opposé au synode de Hongkong. Ce serait pour nous, s'il était nécessaire, un motif de plus de penser que cette réponse n'est pas' d'Albrand.

Sans s'exprimer aussi formellement que l'auteur de cette pièce,

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KAIT^ DE 1. HISTOIRE GblNlTRALf

plusieurs des Vicaires apostoliques de Chine ne songèrent pas sans appréhension à l'exécution de ce projet, et le Séminaire des Missions Etrangères résuma leurs objections et les siennes dans les lignes ï^nivantes ' :

Si ce concile n'était vivement désiré par plusieurs de nos évêques et par la Propagande, nous ne pourrions nous défendre d'exprimer le vœu qu'il tut ajourné pour des temps meilleurs. Il ne nous semble pas sans inconvénients, dans les circonstances présentes, de déplacer tant de Vicaires apostoliques, pour les réunir en un point où ils seront en toute évidence, et ne pourront manquer d'éveiller les soupçons de la politique ombrageuse du gouvernement chinois. Si les Européens n'ont plus à craindre de sa part les tortures et la mort, vous savez, comme nous, qu'il s'est réservé" Je droit de les exclure de son territoire. D'un autre côté, nous ne voyons aucune question grave de doctrine, de discipline ou d'administration qui demande la tenue d'un concile. La divergence de vues, les préjugés nationaux, l'esprit de Corps ne feront-ils poipt naître des difficultés là où il n'y en avait pas auparavant ? Comment ramener l'uniformité, quand chacun est persuadé que sa manière de penser et d agir est la meilleure. D'ailleurs, assembler un concile, sans déterminer auparavant au moins les principales questions qui y seront traitées, c'est s'exposer à de longues discussions, dont la perte de temps ne sera que le moindre des inconvénients. Nous ne parlons point du dérangement et des dépenses que vous occasionneraient les nombreux hôtes que vous seriez obligé d'héberger, quoique ce dernier article mérite bien d'être pris en considération dans 'état de gêne où nous nous trouvons.

Le Séminaire transmit ses objections à toute la Société en les faisant suivre de cette note :

Nous espérons que M""^ Luquet voudra bien faire part de ces raisons à la Sacrée Congrégation. Elles nous paraissent de nature à faire impression sur elle et à la déterminer à ajourner l'exécution d'une mesure qui, à nos yeux, est pour le moins intempestive .

On retrouve la trace de ces opinions dans la lettre suivante, adressée à Albrand, et sans doute à tous les Vicaires apostoliques de Chine, par Feliciani, qui d'ailleurs est d'un avis différend et l'expose longuement^ :

Votre Grandeur se sera peut-être étonnée de n'avoir pas encore reçu de réponse à ses lettres, ni de convocation au synode dont il était question. Mais, comme j'ai dû attendre la réponse de tous les Vicaires apostoliques, il m'a été impossible de remplir plus tôt mon office, et de répondre au désir de Votre Grandeur. Maintenant que j'ai reçu toutes les réponses des prélats (le Vicaire apostolique de Corée excepté), je me fais un devoir,

lA. M.-E.,voL 171, p. 281. LeUre à M. Libois.

2 A. M.-E., vol. 549i, p. 209! Lettre du 13 novembre 1849,

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t)£S MISSIO.NS DE CHINE

avant de convoquer Votre Excellence au synode, de l'informer de ce que pense de cette réunion la minorité des prélats.

Bien que tous, (un excepté) soient disposés à se rendre au synode, cependant quelques-uns craignent que cette réunion soulève une persécution contre la religion, ou que les Protestants, informés du fait, ne le révèlent en Chine. D'autres restent indécis, à^ause du manque de ressources pour accomplir le voyage, jugeant en même temps ce synode inutile, attendu que présentement, les anciennes difficultés sur les rites et les superstitions chinoises n'existent plus. Enfin, j'ajouterai moi-même la probabilité d'un schisme dans la mission de Canton et la future guerre contre les Chinois. J'ai exposé fidèlement à la Sacrée Congrégation toutes ces difficultés et ces opinions. Mais jusqu'ici je n'ai pas reçu de réponse, parce que tous les documents ne lui sont pas encore parvenus. Il me paraît donc prudent, en matière si délicate, d'attendre la décision de la Sacrée Congrégation, pour savoir s'il vaut mieux surseoir à cette affaire et attendre des temps plus favorables, ou si, nonobstant ces difficultés, elle est décidée à fixer ce synode au plus tôt.

Quoi qu'il en soit, pour ne point laisser sans solution les difficultés objectées, qu'il me soit permis, malgré mon peu d'importance, de donner mon avis :

1" En ce qui concerne les persécutions, ou la crainte des agissements protestants, par suite de la divulgation du synode. Votre Grandeur comprend bien que tout dépend principalement de la prudence des évèques. Avant de se mettre en route, qu'ils veillent à ce que les fidèles ne remarquent pas leur départ, et s'ils ne peuvent l'éviter, qu'au moins ils aient soin de leur cacher l'objet et le lieu de leur voyage. En arrivant ici, qu'ils se servent de vêlements européens, sinon tous, du moins quelques-uns, en dissimulant les insignes épiscopaux et en évitant autant que possible la publicité. A cela j'ajouterai une autre raison, qui, à mon avis, ne doit pas être méprisée : c'est qu'il n'y a à redouter aucune persécution de la part des protestants, voyant tant d'évèques réunis à Hong-kong. Ils savent déjà qu'il y a des évêques catholiques romains dans toutes les provinces de l'Empire chinois.

Cela a été imprimé exactement à Canton dans ce qu'on appelle le « Directoire anglo-chinois » pour l'année 1848, et puisé dans un recueil chinois, du mois de juin 18#. On y indique le nombre, non seulement des évêques et des coadjuteurs, mais même des prêtres européens ou indigènes, et de plus on fixe le nombre des baptisés à 350.000. De là, il est facile de conclure, que si les protestants avaient contre nous de mauvaises intentions, ils nous auraient dénoncés et trahis depuis longtemps. Quant à nous, procureurs, nous ferons notre possible pour garder le secret, afin que le synode ne soit connu ni des protestants, ni des autres, étrangers et chinois. Je sais bien, évidemment, qu'il est impossible d'éviter toutes les difficultés, mais pourvu qu'on agisse avec prudence, sans aucun doute, le Dieu tout puissant suppléera à notre insuffisance. Pour prévenir tous les maux ultérieurs qui pourraient survenir, il est à souhaiter que chaque Vicaire apostolique avant de quitter sa Mission, se choisisse un évêque coadjuteur et le consacre, afin que, en cas de mort, la mission ne soit pas privée de son propre pasteur.

2° Nous ne devons craindre ni schisme ni guerre. Si, en efîat, ces événements peuvent retarder le synode, il est très probable qu'après la tempête.

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FATTS DE L ni^TOinr. riFNERALF

il pourra être célébré avec plus de liberté. Bien plus, j'ai la confiance que, si Dieu permet ces choses, il les permettra de façon à les faire tourner à Tavantage de cette sainte réunion.

3° En ce qui regarde les dépenses du voyage, il y a déjà été pourvu, car la pieuse société delà Propagation de la Foi m'a répondu qu'elle était disposée à coopérer de ses ressources à une œuvre si louable, dès que le synode en question aura été fixé.

4° A Tobjection que cette convocation des évèques ne sera pas d'une grande utilité, etc., on peut répondre que si, pour quelque Vicariat, le synode ne serait ni utile ni nécessaire, il pourrait cependant l'être pour d'autres. Or je pense que le synode doit être convoqué, non seulement pour détruire entièrement les superstitions qui pourraient encore subsister ici ou là, mais surtout pour affermir la discipline universelle, établir l'uniformité et extirper les abus, s'il en subsiste encore. A cette fin, la Sacrée Congrégation m'a envoyé une liste de 38* articles sur cette matière, pour être soumise aux évèques ici assemblés, afin que, s'ils sont agréés, le synode- les examine et les discute ; car la Sacrée Congrégation envoie, non des ordres, mais des questions à traiter.

Après ce que je viens de dire, il me semble que les difficultés signalées ne peuvent être un grand obstacle à la convocation du synode. Mais je m'en rapporte à un jugement plus éclairé et plus prudent. En attendant, me recommandant à vos saintes prières, je reste, avec les plus profonds sentiments de vénération et d'obéissance, de Votre Grandeur,

le très humble serviteur,

Fr. Antoine Feltciam.

Hong-kong, 13 novembre 1849.

Le l'ornai 1850, Albrand qui partageait ropinion deFeliciani écrivit à ce dernier pour lui exprimer l'espoir que le synode aurait lieu^ ce à quoi le procureur de la Propagande répondit"' :

Il est inutile de revenir sur ce que j'ai écrit relativement au synode en question, il me suffit d'assurer à Votre Grandeur que la Sacrée Congrégation est toujours dans les mêmes dispositions, et que si, à cause des difficultés objectées, elle a consenti à le différer, cependant elle en désire vivement la célébration en temps convenable. On a demandé à la Sacrée Congrégation, s'il ne serait pas préférable, avant la convocation du synode, d'envoyer en Chine et dans les Royaumes voisins, un Visiteur apostolique qui examinerait tout sérieusement, sans rien innover pendant sa visite, et qui, devant les Pères assemblés en synode, proposerait les maintiens ou les suppressions qu'il jugerait utiles. On n'a pas encore de réponse sur ce point.

* La lettre que nous avons sous les yeux porte le chiffre 38, cependant le document que Feliciani enverra aux Vicaires apostoliques, en 1851, ne renfermera que 35 articles.

» A. M.-E., vol. 549*, p. 213.

» A. M.-E., vol, 549*, p. 213, 29 août 1850.

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nRS MISSIONS DE CHINE

En écrivant à ses amis, Albrand énonçait les mêmes sentiments sur la tenue du synode :

Vous avez vu, disait-il à Tun d'eux ^ que les Vicaires apostoliques de ces parages se réuniront probablement en synode à Hong-kong. Vous me demandez si je m'y rendrai. Oui, certainement, à moins d'un empêchement majeur.

A un autre il dit également - :

Je ne doute pas que l'Eglise de France ne retire de très grands avantages de la liberté qu'elle a de se constituer en conciles. L'Eglise de Chine en aurait bien besoin aussi et le Souverain Pontife a proposé à tous ses Vicaires apostoliques de se réunir à Hong-kong; mais je ne sais quelle politique s'est mise à la traverse et a empêché notre réunion jusqu'à ce jour. Nous attendons toujours la convocation.

L'année suivante, le 18 juillet 1851, Feliciani écrivait sur le même sujet à Albrand, mais la tenue du synode lui paraissait de moins en moins probable ^ :

En ce qui concerne le synode, les difficultés sont plus grandes actuellement : spécialement parce que le nouvel empereur est totalement opposé aux Européens et à la Religion chrétienne ; parce que dans diverses provinces la persécution sévit réellement contre les chrétiens ; enfin à cause des rebelles, soulevés contre l'empereur lui-même, et qui par leurs succès gagnent du terrain. De plus, la Sacrée Congrégation, vu les raisons et les difficultés que j'ai exposées, m'a ordonné de garderie silence sur cette question. Quant au Visiteur apostolique, il est probable qu'il viendra, mais nous sommes encore dans l'incertitude.

Feliciani avait raison en n'espérant plus le synode ; quelle que fût son utilité, cette assemblée ne paraissait pas opportune autant pour les motifs extérieurs qui se résumaient dans l'hostilité du gouvernement chinois, que pour des raisons intérieures dont la principale, peut-être, était le manque d'entente sur les questions générales et sur bien des questions particulières de la plupart des chefs de Missions. Quant à la nomination d'un Visiteur apostolique dont il est parlé dans la lettre du procureur de la Propagande, nous là verrons se produire quelques années plus tard, mais par suite de circonstances indépendantes de la volonté de tous, ne pas obtenir les résultats attendus.

' Vie de Mg^ Albrand, p. 334. LeUre du 8 mai 1851.

2 Vie de M^r Albrand, p. 342. Lettre du 9 imai 1851, à M. Lagier-Bertrand.

« A. M.-E., vol. 549», p. 210.

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FAITS DE LiUSTOIRE GENERALE

Questions adressées par la Propagande aux Vicaires apostoliques. — Opinion d'Albrand, sujets qui lui paraissent importants : Légation apostolique à Pékin, Adresse à l'empereur de Chine, — Réponse de la Propagande,

En attendant la maturité de ces graves questions, encore bien nouvelles pour iDeaucoup de Vicaires apostoliques et de missionnaires de Chine, les questions posées par la Propagande furent, le 17 octobre 1851, envoyées parFeliciani à tous les chefs de Missions, afin d^être examinées dans des réunions particulières formées par ceux qui étaient voisins les uns des autres de ce document' :

V^oici la traduction intégrale

1* Les évêques doivent d'abord examiner sérieusement, s'il est convenable que les Missions de Chine et des Royaumes voisins soient ramenées à la forme ordinaire et canonique des Eglises, en constituant des archevêchés et des évéchés suffragants.

2" Dans la division des Eglises, présentée à la Sacrée Congrégation et proposée par elle, dans sa lettre du 29 juin 1848, aux évêques Vicaires apostoliques, y-a-t il quelque chose à changer, corriger, réformer, ajouter?

3° Quel est le moyen, pour que les limites de chaque diocèse ou Vicariat soient enfin déterminées avec calme et invariablement ? Est-il utile, afin de prévenir toute ambiguïté dans l'avenir, que chaque Mission ou Vicariat soit restreint dans les limites actuelles de l'administration de la province?

4" Est-il utile, en dehors du séminaire général, que selon le concile de Trente tous les évêques doivent fonder, d'en établir un autre dans chaque Mission, où seraient réunis les jeunes gens d'un âge plus avancé, ou même les veufs intelligents, de bon caractère et de bonne réputation, et où ils recevraient une éducation plus spéciale et pourraient être élevés au sacerdoce si on le jugeait à propos?

5" Faut-il que les élèves du séminaire soient si instruits de leur langue nationale, qu'ils en donnent la preuve publique devant les magistrats civils païens et obtiennent les lauriers du doctorat?

6° Afin que l'uniformité règne parmi tous les ouvriers de n'importe quelle Mission, il faudra exaaiiner avec soin quels sont les livres à mettre entre les mains des élèves pour leur donner un enseignement religieux.

1" Est il avantageux d'envoyer en Europe quelques jeunes gens Chinois ou des pays voisins, afin qu'ils s'appliquent aux études sacrées?

8° Doit-on établir, comme règle invariable, obligatoire, partout, que les élèves du séminaire, leurs études complètes terminées, et avant d'être ordonnés prêtres, soient placés un an où deux auprès d'un missionnaire éprouvé pour l'aider comme catéchistes ?

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DES MISSIONS DE CUINË

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9" Faut-il établir quelque collège de catéchistes, oùles jeunes gens donnant de bonnes espérances et d'excellente intelligence seraient préparés comme il faut pour la fonction de catéchiste ? Nous savons par expérience que le succès ou la non réussite d'une Mission dépend des catéchistes.

10° A cette fin, c'est-à-dire pour former de bons catéchistes, il faudrait leur tracer des règles : ils devraient être célibataires, et il ne serait pas permis aux missionnaires de tout Ordre ou Institut de choisir leurs catéchistes, comme on a coutume de faire, mais ils les recevraient de leur évêque.

11" Comme les Missions n'ont pas de revenus et que l'argent qui leur est envoyé provient des aumônes des fidèles, est-il à propos que l'évêque avec ses missionnaires de tout Ordre et Institut établisse la Communauté dite parfaite, de sorte que, dans tous les besoins matériels, le missionnaire dépende de l'évêque, et doive lui rendre compte des aumônes reçues à quelque titre que ce soit, etc., etc. ?

12® Doit-on établir une règle ou méthode commune concernant l'administration de la Mission, afin que la foi et la crainte salutaire de Dieu poussent chez les fidèles ses plus profondes racines, et qu'il en résulte ainsi des fruits plus abondants quant à la conversion des gentils ? Quelle est la méthode qui, d'après l'expérience, semblerait la plus opportune?

13° Comme pour chaque Vicariat il y a plusieurs catéchismes très différents les uns des autres, et la plupart obscurs, inexacts, incomplets, faudrait-il composer un catéchisme qui serait le même pour tous les Vicariats ?

14" Faut-il 'faire de même pour les livres de prières et retrancher les nombreuses expressions latines que les missionnaires ont insérées dans les commencements, lorsqu'ils ne connaissaient pas parfaitement la langue ?

15° Doit-on composer un petit catéchisme et des prières, pour ceux qui sont plus ignorants, dans un langage tout à fait vulgaire, en gardant l'ordre des matières, afin que chaque ouvrage soit semblable dans toutes les Missions, et que l'évêque ait soin de le faire traduire dans le dialecte particulier à sa province?

16° La feuille de pouvoirs que tous les évêques doivent donner aux missionnaires doit-elle être rédigée de la même façon, et concédée pour un temps déterminé, puisqu'il est loisible à chaque évêque, dans certaines circonstances particulières, ou pour un pays où le missionnaire a besoin de facultés plus étendues, de les accorder particulièrement à l'un ou à l'autre d'entre eux?

17° Pour avoir l'uniformité qui, même dans les moindres détails, prend une grande importance chez ces peuples simples et ignorants, faut-il établir que tous les ornements sacrés, et les autres objets nécessaires au saint ministère soient absolument semblables, avec la forme dont se sert l'Eglise romaine?

18° On traitera la question de savoir si pendant la messe solennelle et l'administration des sacrements, on doit conserver l'usage, temporairement permis par le Saint Siège, d'accomplir ce ministère la tête couverte puisque chez les Orientaux se couvrir la tête est une marque de respect, la découvrir est un signe de mépris.

19° Dans quelques Missions ou Vicariats, on vient d'ériger certaines sociétés, faut-il les ériger dans d'autres ? Les calendriers dont se servent les fidèles sont tellement différents pour chaque Mission que souvent les fêtes jeûnes et diverses obligations chez les unes ne se rencontrent pas dans

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FAITS DE L^HISTOlRIi; GÉNÉRALE

d'autres ; ne serait-il pas à propos que les évêques réunis résolvent ces questions et qu'ils aient un même calendrier pour toutes les provinces ou Vicariats? Cette uniformité ne manquera pas, nous l'espérons, de procurer un accroissement de religion chez ces chrétiens simples et nouvellement convertis.

20° Devra-t-on établir les associations du Sacré-Cœur de Jésus, du Carmel, du Rosaire, des Sept Douleurs, du Très Saint et Immaculé Cœur de la R.V.Marie? ,

21° Comme plusieurs de ces associations n'ontpasde formule spéciale pour l'admission, et que d'ailleurs elles paraissent convenir particulièrement au caractère des habitants de ces régions, et afin que les fidèles soient reçus avec le plus de pompe et de solennité possible, doit-on rédiger ces formules et prescrire aux missionnaires qu'ils les observent, et que, revêtus du surplis et de l'étole, ils accomplissent les cérémonies, si elles peuvent facilement se faire pour la bénédiction des chapelets, médailles, crucifix, etc. ?

22° Est-ce que les mêmes honoraires des messes et celui des sépultures, imposés à ceux qui peuvent faire l'aumône, doivent être établis partout?

23° Doit-on déterminer, comme règle invariable, pour toutes les Missions, que les femmes soient voilées pour s'approcher des sacrements ou venir à l'église, ce qui paraît être contre l'usage au moins de quelques provinces ?

24° A l'article 18 il a été question de la coiffure portéependant la messe ; faut-il établir la même pratique pour les chrétiens? Dans certaines Missions on le conseille, dans d'autres on le défend.

25° Comme c'est un fait d'expérience que la plus grande partie des chrétiens présents de corps au Saint-Sacrifice de la messe ne satisfont point au précepte, doit-on leur ordonner, comme c'est l'usage dans un certain nombre de Missions, de chanter des prières, et lesquelles ? Les hommes et les femmes doivent-ils chanter ou réciter alternativement?

26° Entre autrjs moyens pour affermir le bien et accroître le nombre des chrétiens, le meilleur ne serait-il pas, pour entretenir l'émulation entre les chrétientés de les diviser en stations et de multiplier les chapelles?

27° Souvent pendant le tçmps de l'administration, à cause de la cotisation qui doit être recueillie pour la nourriture du missionnaire et pour les autres dépenses, il s'élève de graves et nombreux abus, qui assez souvent empêchent le fruit de la mission ; y a-t-il quelque remède à ce mal et à ce scandale?

28° En examinant les circonstances de pays et de nations est-il utile de réserver quelques cas ?

30° La meilleure partie des chrétiens dans les Missions de Chine et des Royaumes voisins, ce sont ces femmes qui se sont consacrées à Dieu par lo vœu de virginité. Mais il faut l'avouer avec douleur, d'où devrait naître le plus grand accroissement et le plus grand honneur pour la foi catholique, il ne sort que des malheurs et des scandales. C'est pour y porter remède jque la Sacrée Congrégation et le synode du Su-tchuen ont promulgué plusieurs décrets et prescriptions qui n'ont pas toujours etpartout obtenu l'effet désiré. Les évêques doivent donc examiner devant Dieu, avec le plus grand soin, un sujet d'une si grande importance, et proposer le moyen ou les règlements pour ramener ces vierges folles, s'il y en a quelques-unes, à récipiscence, et consefver les prudentes dans leur sainte résolution.

31° Ces peuples, encore jeunes dans la Foi, n'apprécient pas le sacrement de mariage, d'où il suit qu'ils le contractent presque à la manière des

DES ÏVïlSSlONS DE CHINE

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païens ; de là des rixes et des discordes, de là beaucoup de négligence dans l'éducation des enfants. Il faudra discuter sans retard cette grave question d'où dépend le bien le plus considérable de la chrétienté , et voir s'il convient de publier partout le décret du concile de Trente ? Si on se prononce pour la négative, que des lois soient prescrites, afin que partout les fidèles reçoivent ce saint sacrement de la même manière.

3^° Qu'on propose aussi les moyens de faire disparaître les abus, soit dans les fiançailles entre enfants, soit dans la cohabitation d'une future épouse encore enfant chez les parents de l'époux.

33° La disposition naturelle des Chinois et de leurs voisins n'a pour objet que l'acquisition des richesses ; à quoi chez eux n'excite pas l'exécrable soif de l'or ! De là des usures sans nombre, des contrais illicites, etc. Si chaque Mission s'opposait à cet abus de la même façon, peut-être pourraiton le faire disparaître. Mai& autant de Missions, autant de chefs, autant d'avis. Ceux-ci permetttent un intérêt de 5 °/°, ceux-là de 10, d'autres de 20 et même 30. Beaucoup s'en tiennent à la loi du royaume qui paraît tolérer 30 %, d'autres la rejettent. Quelle règle les évêques vont-ils fixer à ce sujet ?

34° Comment les écoles, qui sont si nécessaires, peuvent-elles devenir plus utiles et plus faciles ?

35° Le catéchuménat doit-il être séparé du baptême et en quoi consistet-il positivement ?

Nous ignorons les réponses qu'Albrand fit à ce questionnaire, mais, vers la fin de 18S2, il écrivit au cardinal Fransoni et lui soumit des idées dont la circulaire n'avait pas fait mention et qui lui paraissaient importantes * :

i° Est-il à propos que dans les Missions dirigées par des Ordres religieux ou dans lesquelles beaucoup de religieux travaillent, les clercs indigènes, élevés au sacerdoce, entrent dans l'Institut des missionnaires ? n'y a-t-il pas à craindre que dans la suite chacun dise : « moi je suis disciple de François, moi d'Ignace, moi de Dominique ou de Vincent, » et qu'ils deviennent d'autant moins les disciples du Christ?

2° Y a-t-il moyen d'obtenir entière liberté pour que les indigènes puissent embrasser et pratiquer la religion chrétienne? Bien que, dans ces dernières années, il n'y ait pas eu de persécution, je dirai officielle, dans presque toutes les provinces, les chrétiens ont eu à subir des tracasseries et souvent ont été forcés de fouler aux pieds le crucifix.

3° Y a-t-il moyen d'obtenir la liberté pour les missionnaires Européens, de pénétrer dans l'Empire chinois et d'y demeurer? cette double liberté est de la plus haute importance pour la propagation de la foi.

Après ces trois questions, Albrand en posait une quatrième, à laquelle des faits récents ont rendu ou donné de FactualitéjCe qui prouve, une fois de plus^ que les idées, si elles ont une germination rapide et souvent très ancienne, ont une réalisation singulièrement lente.

lA. M.-E., vol. 549», p. 235.

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TAITS DE L HIStOlKE f.ENEKALE

H s'agit dune Légation apostolique à Pékin, et voici à ce sujet le* paroles d'Albrand :

4° Une Légation apostolique auprès de l'Empereur serait elle utile cl possible ? cette dernière question résout les deux précédentes.

Malgré tout ce qu'en ont dit quelques Vicaires apostoliques trop défiants, qui croient qu'une semblable Légation serait l'occasion d'une persécution, j'ose, après avoir mûrement examiné devant Dieu la question, me prononcer pour l'affirmative, et j'en espère de si grands avantages que je voudrais pouvoir me prosterner aux pieds de Sa Sainteté et Lui exposer l'état malheureux dans lequel nous sommes, les moyens pour nous préserver des persécutions, et enfin les conditions pour que cette Légation obtienne un heureux résultat.

Voici ces conditions :

Le légat ou les légats doivent être d'anciens missionnaires, connaissant parfaitement les mœurs chinoises et l'habileté des mandarins;il faut demander aux gouvernements Français, Anglais et même Américain d'envoyerchacun un navire, afin qu'ils déclarent au gouvernement chinois qu'ils ne permettront pas que les missionnaires et les Chinois chrétiens soient mal traités ; pour lés dépenses et présents à faire, s'adresser à la Propagation de la Foi ; le Souverain Pontife composerait une lettre d'après le rapport des Vicaires apostoliques et l'enverrait à l'Empereur en même temps que la supplique des Vicaires apostoliques. Toutes ces dispositions ne paraissent pas rencontrer de très grandes difficultés, excepté sur un point : faire en sorte que les lettres parviennent à l'Empereur. On dit que l'Empereur est continuellement entouré de ses ministres, de sorte qu'aucune affaire ne peut lui parvenir. Ces derniers s'occupent de tout, et trompent l'Empereur ; quoi qu'il en soit, quelaLégationait lieu. Je supplie ardemment Votre Eminence, faisant appel à son zèle pour la conversion de l'Empire chinois, de nous venir en aide, en proposant et en appuyant cette Légation ; alors elle aura droit à nos plus grandes actions de grâces ainsi qu'à celles de nos chrétiens. Si, dans cette afïaire, je puis être de quelque utilité, je suis disposé à tout.

Cette lettre était accompagnée d'un projet de supplique à TErapereur, dont voici le texte' :

Nous soussignés, Européens, maîtres de la sainte Religion répandue dans les dix-huit provinces de votre Empire, oîi ceux qui l'ont embrassée se comptent par centaines de mille, car ceux qui croient à cette Religion sont innombrables; nous sommes arrivés ici avant l'édit de votre père porté la vingt-quatrième année de son règne, par lequel il est défendu que de nouveaux missionnaires Européens pénètrent dans son royaume pour y prêcher la Religion du vrai Dieu. Donc cet édit ne nous concerne pas.

Nous n'avons pas d'autre intention, en présentant cette supplique à Votre Majesté, que de détruire certaines fausses idées particulièrement outrageantes pour Votre Majesté et son peuple.

Nous passerons sous silence l'imposture énoncée dans l'édit, accusantles adeptes de la sainte Religion d'avoir arraché les yeux aux moribonds, d'a-

^A. M.-E., vol. 549S p. 238.

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voir suborné des femmes, et par le moyen de la Religion d'en avoir imposé aux ignorants. Toutes ces insinuations, ni Votre Majesté, ni son père, ni personne de son entourage n'a jamais douté qu'elles aient été faussement imaginées, afin de justifier la politique de vos prédécesseurs, pour interdire la Religion, exiler les chrétiens ou les mettre à mort, ce qui est déjà souvent arrivé, chacun le sait.

Sans doute, nous aurions pu instruire l'ambassadeur français de ces faussetés^, et il eût été plus que facile de lui fournir des preuves lorsqu'il les eut exigées. Nous nous sommes abstenus de lui en parler : 1° parce que notre Religion défend qu'on se venge ; 2° parce que cet avertissement n'aurait pas ressuscité nos frères ; 3° parce que nous avons pensé que de pareils crimes seraient impossibles à l'avenir.

Pourquoi donc vos prédécesseurs avec leurs ministres ont-ils prohibé lu vraie religion et massacré ses adeptes et ses prédicateurs ? Est ee par attachement pour le bouddhisme et pour le taoisme, que beaucoup pratiquent ? — Nullement, car personne ne peut ajouter foi à leurs absurdités. — Estce par amour de la religion des Lettrés, qui renferme bien en effet quelques articles de saine doctrine ? — Non, car ce qu'elle a de pure doctrine, elle le comprend mal, tandis que la sainte Religion l'enseigne et l'explique parfaitement. — Pourquoi donc ? — Par ignorance de la vraie Religion? Nous devons le dire, en effet, bien que nos livres soient entre toutes les mains, quelques uns ont pu l'ignorer, mais le principal motif, ù Roi, Votre Majesté le connaît bien ; c'est l'erreur qui leur faisait croire que les prédicateurs de la vraie Religion avaient été envoyés par leurs rois, et leur faisait craindre que les adorateurs de cette Religion ne vinssent en aide à ces rois dans un cas de guerre ou d'invasion de l'empire. Voilà, ù Empereur, la principale cause de tant de maux que nous avons soufferts ; car, de cette erreur, les persécuteurs sont tombés dans une autre ; ils ont cru pouvoir supprimer la sainte Religion elle-même et l'extirper du royaume, en mettant à mort ses prédicateurs et ses partisans, préjugé qui nous reste à détruire.

Nul des missionnaires qui pénétrèrent dans votre empire ne fut envoyé par son roi ; cette manière de faire ne convient pas à la sainteté de notre Religion. Les missionnaires ne s'occupent pas des affaires profanes ; la vérité de cette affirmation ne ressort-elle pas de ce fait que le sang des missionnaires n'a jamais été vengé? L'empereur croit-il que si les missionnaires européens, tués en Chine, eussent été envoyés par leurs rois, ceux-ci n'en auraient pas demandé compte, eux qui demandent toujours raison du meurtre de leurs commerçants? Les missionnaires viennent à Tinsu de leurs rois, et inconnus d'eux ils demeurent dans votre empire, ou si dans la suite leurs souverains entendent parler d'eux, ils les regardent comme étant de votre peuple. C'est pourquoi, dans le dernier traité passé entre votre Gouvernement et le Gouvernement français, on ne fait aucune mention d'eux, mais seulement des chrétiens, que, par un sentiment de compassion et d'amour de la justice, l'ambassadeur français a voulu sauver de la persécution et de la mort. De même, il est évident que les chrétiens ne sont pas protégés par des gouvernements étrangers, et n'ont pas davantage de relations avec eux, comme on peut s'en convaincre par la dernière guerre avec les Anglais.

Ainsi, ô Empereur, nous sommes de votre peuple, et avec tous les chrétiens de l'Empire ; plus que tous, nous serons fidèles, obéissants et dévoués à Votre Majesté ; sans cesse nous prions pour votre bonheur et votre salut

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FAITS DE l'histoire GÉNÉKALE

présents et futurs. Notre Religion nous l'ordonne. Les partisans des fausses religions se coalisent souvent pour se révolter contre le gouvernement ; nous qui remplissons les villes et les campagnes, qui nous a jamais vus suivre l'étendard de la révolte? Notre Religion nous le défend expressément.

Que l'Empereur mette à l'épreuve notre fidélité et notre dévouement ; qu'il ordonne seulement et il nous verra aussitôt, tous comme un seul homme, lui obéir de tout notre esprit, de tout notre cœur, de toutes nos forces. Cependant, nous lui demandons une seule chose, qu'il ne nous force pas à oiïenser Dieu. Car ceux qui sont infidèles à Dieu, à qui peuventils demeurer fidèles? Dieu est le Roi des rois, à Lui d'abord nous devons hommage et obéissance, au roi ensuite à cause de Dieu. Si l'ordre du roi est contraire au commandement de Dieu, nous devons être prêts à souffrir tous les tourments et à mourir plutôt que d'obéir au roi; exemple que nous avons plus d'une fois donné. Dansée cas seulement, vousnousavez trouvés désobéissants, et c'est pourquoi beaucoup d'entre nous ont enduré la perte de leurs biens, l'exil ou même la mort.

Vos prédécesseurs croyaient, en nous traitant ainsi, pouvoir empêcher la propagation de la Religion, et en cela ils se sont grandement trompés, car le sang des martyrs a été toujours et partout une semence de chrétiens ; pour un chrétien massacré. Dieu suscite dix païens qui embrassent la religion, et pour un prédicateur banni, il en arrive dix ; ceux qui persécutent la Religion sont en butte à la colère divine qui ne manque jamais de les frapper.

Nous comptons, ù Empereur, et nous espérons que Votre Majesté ajoutera foi à ces paroles de vérité, que nous prononçons dans la droiture de notre esprit et la sincérité de notre cœur, et qu'aussitôt, non seulement elle fera abolir l'édit par lequel les missionnaires récemment arrivés dans les provinces doivent être reconduits à Canton ; mais que, d'un autre côté, comme son glorieux prédécesseur Kang-hi, elle fera accueil aux missionnaires Européens qui seront de la plus grande utilité pour Votre Majesté, elle leur prêtera en outre l'appui nécessaire, afin qu'ils puissent amener tout son peuple à la foi du seul vrai Dieu, et qu'ainsi ils rendent les mandarins fidèles de tout leur cœur et le peuple sincèrement obéissant à Votre Majesté. Seule la religion chrétienne opère de telles choses, parce que seule, de la part de Dieu, elle enseigne aux peuples à obéir au roi. Si Votre Majesté agit ainsi, elle sera plus heureuse que ses prédécesseurs, et plus glorieuse aux yeux de tous jusqu'à la fin du monde. Car partout furent ainsi les rois qui ont introduit la sainte Religion dans leurs royaumes et l'embrassèrent. Elle viendra ainsi en aide h la pauvreté de son peuple et contribuera à sa paix et à sa félicité.

Si au contraire, comme ses prédécesseurs immédiats. Votre Majesté regarde d'un mauvais d'il les adeptes cl les prédicateurs de la sainte Religion, nous n'aurons jamais recours aux armes des étrangers, mais, ainsi que nous l'avons fait jusqu'à présent, priant pour votre félicité et celle de votre peuple, nous supporterons tous les maux, et nous périrons par le glaive, jusqu'à ce que Dieu veuille susciter à Votre Majesté un successeur selon son cœur. Car, que l'Empereur le sache bien, Dieu a déclaré que la sainte Religion serait établie dans tous les royaumes avant la fin du monde. Les ^royaumes du monde passent, mais les paroles de Dieu restent. Nous venons et nous demeûronsenpaix dans votre empire, nousnecraignonspasla

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mort, car nous aurons des successeurs qui achèveront notre œuvre, c'est-àdire qu'ils établiront solidement la sainte Religion dans votre royaume. Votre Majesté ne pourra, pas les en empêcher (parce que Dieu est plus puissant), lors même qu'elle entourerait son empiie de murailles plus hautes que celles construites au nord par ïsin Che lloang.

Les paroles des Européens, et en particulier de ceux qui sont consacrés à Dieu, sont vraies et droites ; nous supplions humblement Votre Majesté qu'elle ne les compare pas aux paroles fausses et trompeuses des Chinois, mais qu'elle les reçoive avec bienveillance, en témoignage du désir que nous avons pour votre félicité et celle de votre peuple. Voilà notre unique inten ■ tion, nous qui sommes de Votre Majesté les sujets, fidèles, dévoués et obéissants, chefs des chrétiens dans l'Empire chinois.

Ces pièces lurent envoyées à Feliciani qui en accusa réception le 6 janvier 18o3 ' :

Les lettres et les réponses que Votre Grandeur a daigné m'envoyer me sont heureusement parvenues le 18 décembre, et je lésai fidèlement transmises à la Sacrée Congrégation. Il me semble que, en cette affaire, Dieu a fait sentir son assistance d'une façon toute spéciale, car sur la plus grande partie des questions, j'ai reçu des évèques un avis identique. Je ne doute pas que la Sacrée Congrégation ne fasse grand cas de celte unanimité, et je pense que bientôt elle récrira à tous les évèques pour leur témoigner sa reconnaissance et sa satisfaction. Il est certain que la Sacrée Congrégation, après avoir reçu toutes les réponses aux questions, statuera quelque chose de définitif pour le bien de ces Missions et le développement de la Religion. Quant aux autres points qui maintenant, à cause de la liberté refusée à notre Religion, ne peuvent être mis à exécution, il est préférable et plus siir de les remettre à des temps meilleurs. En admettant qu'il soit vrai (comme c'est l'opinion commune), que Louis Napoléon doive être élu empereur des Français, qu'il soit tout disposé à favoriser la Religion, qu'il ait même déclaré verbalement à un évèque que son intention était d'aider de tout son pouvoir la Religion à obtenir la liberté en Chine, il y a lieu d'espérer que le Saint Siège enverra à l'Empereur de Chine, comme beaucoup le désirent, un Légat ou un Visiteur apostolique, sous le patronage du nouvel Empereur des Français.

Le préfet de la Propagande fut peut-être un peu surpris par les idées qu'émettait le Vicaire apostolique du Kouy-tcheou ; en tout cas, il se contenta de répondre le 28 avril 18.')3 :

Quant à ce que vous signalez en dernier lieu, à savoir que l'on obtienne pour les fidèles la liberté d'exercer leur Religion, c'est une question que nous soumettrons au plus tôt à l'examen de la Sacrée Congrégation, bien que, dans l'état de trouble où la. guerre a jeté l'Empire, il paraisse difficile de songer à l'envoi de la Légation proposée.

1 A. M.-E.,vol.549', p. 217.

Le procureur de la Propagande avait à cette époque d a^sez nombreuses relations avec les Vicaires apostoliques de Chine. Le 20 juillet 1850, par ordre de la

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FAITS DE L HISTOIRE GÉNÉRALE

Lettre de Rizzolati sur le bonnet chinois. — Opinion d'Albrand — Le bonnet chinois supprimé au Kouy-tcheo» est conservé presque partout.

Parmi les questions que posait la circulaire de la Propagande, plusieurs avaient été agitées depuis longtemps, sans pouvoir être résolues, par suite de la différence d'opinion des missionnaires.

Telle était celle du bonnet chinois, dont il était parlé dans les articles 18 et 24. Dès 1849, à la demande du préfet de la Sacrée Congrégation, le Vicaire apostolique du Hou-kouang, Rizzolati', écrivit à ses collègues de chine une lettre sur ce sujet. Le bonnet chinois est la coiffure que les missionnaires portent à l'église, même en célébrant la sainte messe. Il n'a la forme d'aucune coiffure euro-

Sacrée Congrégation il envoya une lettre à Albrand « prohibant la lecture et la diffusion d'un opuscule intitulé : Coup d' œil sur l'état des Missions de Chine présenté au Saint-Père le Pape Pie IX *. L'auteur était le P. Gabet, le compagnon de Hue dans son voyage au Thibet. Dès qu'il connut le coup qui frappait sa brochure, l'auteur s'empressa d'en rétracter ce qu'on pouvait y avoir trouvé de condamnable, et, le 17 janvier 1852, Feliciani écrivit de nouveau à Albrand pour lui faire connaître cette prompte soumission. « Il m'a semblé juste, disait-il, quoique personne ne me l'ait demandé ou ordonné, de faire connaître à tous les Vicaires apostoliques la susdite rétractation de l'auteur lui-même, afin que, s'ils ont été étonnés ou scandalisés à la lecture d'un tel opuscule, ils éprouvent au contraire avec moi de l'édification et de la joie par cette rétractation digne d'éloges de toutes manières.

« La lettre dont il s'agit est datée du 9 mars de l'année dernière, et elle m'est parvenue le 16 du même mois. C'est pourquoi, sans autre préambule, je mettrai devant les yeux de Votre Excellence la déclaration fidèle de l'auteur repentant, et la voici telle quelle :

« J'approuve de cœur et d'esprit tous et chacun des articles qui ont été prohibés dans la lettre circulaire souverainement louable de Votre Révérence. Sans aucune distinction, ce qu'elle condamne de cet opuscule, je le condamne, ce qu'elle réprouve je le réprouve, et ce qui a paru passible de censures ou pernicieux à la Sacrée Congrégation de la Propagande, je le tiens aussi de la même manière comme passible de censures et pernicieux.

« Et, bien qu'en publiant le susdit opuscule, j'ai agi tout à fait de bonne foi et certainement sans aucune mauvaise intention, néanmoins je regrette l'avoir fait, et j'en demande humblement pardon à Dieu, à Sa Sainteté le Pape Pie IX, à la Sacrée Congrégation, à Votre Révérence, et à tous ceux auxquels la publication de cet opuscule a pu causer quelque scandale ou quelque peine. Cette déclaration, faite rn pleine liberté, est inspirée uniquement par la crainte d'avoir manqué à la sainte doctrine ou d'avoir agi contre la droite raison en quoi que ce soit ; j'affirme le tout par serment. » [A. M.-E.^ vol. 549', p. 209).

*Poissy, imprimerie d'Olivier, 1848, in-g».

' Mineur réformé, revenu ei Europe eji 1854. A, P. F. vOl. 29, p. 364.

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péenne actuelle. Il est en carton revêtu d'étoffe, haut d'environ 0'°20, tout droit, à fond plat, à quatre pans doubles, les uns fixes et les autres mobiles, et il se termine en arrière par deux fanons. En Chine, le respect exigeant que l'on se couvre devant un supérieur, les premiers missionnaires pensèrent que les païens trouveraient malséant de les voir la tête nue devant la souveraine autorité de Dieu. Les Papes Paul V et Alexande VII donnèrent la permission de se servir de cette coiffure ; le Pape Clément X la renouvela lo 23 décembre 1673; la Propagande écrivit, le 11 septembre 1841, au Vicaire apostolique de la Corée ^ qu'il pouvait s'en tenir aux autorisations précédentes. Cependant, il y avait sur ce sujet deux opinions parmi les ouvriers apostoliques ; les uns voulant conserver le bonnet chinois et les autres le supprimer.

Dans la lettre de Rizzolati, qui combat pour l'abolition du bonnet chinois, les arguments sont nombreux ; pour connaître ceux de l'opinion adverse, il suffit à peu près, en dehors de raisons de fait ou de droit, qui sont rares, de retourner les arguments, d'affirmer ce qu'il nie et de nier ce qu'il affirme.

Il nous paraîtrait au moins étrange de prendre parti dans cette question, que Rome n'a jamais voulu trancher, et sur laquelle les missionnaires de Chine restent divisés. Nous avons, pendant un voyage qui nous a fait traverser le Céleste Empire du sud au nord» porté le bonnet chinois, parce que tel était l'usage des missions ofi nous étions ; si l'usage avait été différent, nous nous y serions conformé. Si cependant nous osions, non pas émettre une opinion, mais avoir un sentiment, c'est que la question du bonnet chinois, comme beaucoup d'autres du même genre, étrangères au dogme et à la morale, doit être traitée avec beaucoup de calme et ne pas soulever de polémiques trop supérieures à son objet. Ces réflexions faites, voici la traduction de la lettre de Rizzolati ' : '

Illustrissime et Révérendissime Seigneur,

L'Ex, et Rev. cardinal Fransoni, préfet de la Sacrée Congrégation, m'a confié le soin d'exhorter mes confrères, les Vicaires apostoliques de cet Empire et des Royaumes voisins, à abolir, dans les pays soumis à leur autorité, l'usage de célébrer le Saint-Sacrifice la tète couverte du bonnet chinois, comme contraire à la pratique universelle de l'Eglise, ce que j'ai déjà exposé par ma dernière lettre envoyée à Votre Grandeur; maintenant, pour achever l'œuvre qui m'a été confiée, je vous envoie les arguments que l'on peut faire valoir contre l'usage du bonnet chinois, tirés des lettres des Vicaires Apostoliques eux-mêmes, lettres qui expriment leur manière de

» Collectanea, etc., 2* édit. p. 293, n" 711. 2 A. M.-E., vol. 549s p. 71.

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FAIT* DE L UISTOTBE GENERALE

voir. A ces sentiments j'ai joint mon humble avis, afin que Votre Fraternité puisse les examiner à loisir, et proposer ensuite, dans le futur concile, ce qu elle jugera de plus utile devant Dieu. Car il n'y a pas de doute que, parmi tant de questions qui seront discutées dans ce concile, celle-ci en sera une, et qu'elle sera posée comme les autres pour rétablir l'uniformité au milieu de nous, ce qui est surtout nécessaire. Voici les raisons :

Il faut dire, en première ligne, que la coutume des CUinois sur ces questions ne semble pas difïerer beaucoup de l'usage de presque toutes les nations du globe, surtout des peuples infidèles. La tète couverte d'une couronne d'or ornée de pierres précieuses, dune tiare, d'une mitre, ou de toute autre coiffure, plus ou moins précieuse, en quelque lieu que ce soit, est regardé comme beaucoup plus belle, et il semble que c'est mieux d'avoir la tète couverte que découverte. Ainsi le pense notre Mère la sainte Eglise, qui prescrit une mitre précieuse à ses Pontifes et une barrette carrée aux simples prêtres, lorsqu'ils président l'assemblée des fidèles, ou qu'elle désire les traiter avec distinction, afin qu'ils puissent avec dignité et majesté montrer ou exercer le pouvoir que Dieu leur a confié. Mais quand les Pontifes et les autres ministres de l'Eglise doivent exercer un ministère humble, adorer la Divinité, réciter des prières, brûler de l'encens, offrir le Saint-Sacrifice, ou même accomplir sa loi, alors lEglise ordonne l'humilité extérieure, se découvrir la tète, et même se prosterner sur la terre, ainsi qu'il est de règle le vendredi et le samedi saints. — Les rois, les princes et les magistrats ne remplissent pas d'humbles fonctions devant le peuple, c'est pourquoi, afin d'exercer avec plus d'éclat devant les peuples eux-mêmes une certaine autorité qui leur paraît glorieuse ils prennent la cojironne ou le diadème ; déplus les militaires ne se découvrent jamaisou rarement : c'est ainsi que cela se passe en Europe. Il ne peut pas en être autrement en Chine au milieu des pa'ïens, gens orgueilleux, avides des honneurs et des dignités, qui n'ont pas la notion d'un ministère humble, ni de la vertu d'humilité. D'où il arrive que les chrétiens, sortis de leurs rangs pour suivre la foi, ou vivant au milieu d'eux, dans certains pays, ont subi l'influence de cet orgueil ; de telle sorte que parfois, même parmi ceux qui sont promus aux ordres ecclésiastiques, il en est qui désirent éloigner d'eux toute occupation humble, ne voulant pas s'abaisser môme devant Dieu, pendant le temps du Saint-Sacrifice. Puisqu'il en est ainsi, je soutiens :

1° Que les prédicateurs de l'humilité ne doivent pas introduire les coutumes de cette nation dans les rites ecclésiastiques. Ils doivent au contraire établir cette distinction nécessaire dans les cérémonies sacrées, honneur et humilité des ministres de Dieu. Si dans le principe les Chinois chrétiens eussent été exactement instruits de cet usage, certainement ils auraient fort bien compris cette différence, et l'usage et la pratique de l'Eglise universelle n'eussent pas été changés; et il ne se trouverait aujourd'hui en Chine personne qui célébrerait le Saint-Sacrifice de la messe la tête couverte. Si le concile de Chine ne remédie pas à ce désordre en l 'empêchant, la difficulté pour l'extirper deviendra plus grande dans la suite, non pas tant de la part du peuple que du côté du clergé, car plus le clergé deviendra nombreux, plus cet abus aura de profondes racines.

2*" Que les rites de l'Eglise universelle ne peuvent ni ne doivent se modeler sur les coutumes civiles de la nation chinoise, car ils appartiennent à l'Eglise dispersée par toute la terre Et si les cérémonies, la plupart du temps ridicules et superstitieuses des bonzes, tout en étant sacrilèges et

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changeantes, sont acceptées sans observations, pour cette unique raison qu'elles appartiennent au culte et non à la politique, qu'est-ce qui empêche que les rites de l'Eglise soient reçus? De même, il est une coutume très choquante, selon laquelle les bonzesses doivent se raser la tête et porter l'habit des bonzes, et ainsi paraître au grand détriment de toute honnêteté naturelle, et néanmoins dans le peuple cela ne fait horreur à personne, on n'entend aucune réflexion, parce que cet usage est réputé avoir rapport au culte ; de même les Chinois auraient d'autant moins d'aversion contre les ministres de l'Eglise célébrant tète nue, par humilité. Si nous voulons suivre les coutumes chinoises, même dans les rites sacrés, non seulement celui-ci , mais bien d'autres doivent être changés ; de plus il serait nécessaire de changer, dans le symbole des Apôtres, les paroles « est assis à la droite du Père «parce que les Chinois assignent à gauche le premier rang que les Européens et les autres nations placent à droite ; chacun voit combien ce serait absurde.

3° Chez les Chinois ainsi que chez les autres nations Asiatiques et Africaines, aller tête nue est regardé comme une marque d'abaissement ou de culpabilité, et c'est à cause de cela qu'il est défendu à tout coupable, quelque riche et puissant soit-il, de paraître la tête couverte devant les mandarins. Et quoique les bons citoyens plébéiens, lettrés et mandarins, selon la coutume du pays, aient l'habitude d'aborder leurs supérieurs la tête couverte, cependant devant l'Empereur, les mandarins eux-mêmes, les gouverneurs, les grands et les princes, en signe de modestie, doivent rester à genoux et porter leur coiflFure à la main, pour indiquer que toute dignité et toute puissance viennent de l'Empereur. Ceci m'a été raconté par des mandarins eux-mêmes que j'avais expressément interrogés à ce sujet. Donc, ce ne serait pas aller contre les usages chinois de se découvrir la tête devant Dieu, qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, de qui vient toute puissance et tout pouvoir ; d'autant plus que tous, peuple et prêtres, nous sommes pécheurs devant Lui et coupables d'avoir offensé souvent sa divine Majesté ; c'est pourquoi l'Eglise redit chaque jour : « Ayez pitié de nous, Seigneur. » Est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt, selon les mœurs chinoises, avoir la tète nue comme les coupables et les criminels civils.devant les mandarins et les mandarins eux-mêmes devant l'Empereur ?

A° Or actuellement, il n'y a aucune difficulté, aucun obstacle réel pour abolir l'usage du bonnet chinois. Aucun du côté des chrétiens, car. s'ils sont étonnés dans lo commencement, s'ils font entendre quelque blâme, comme il arrive en présence de tout changement, ensuite ils s'habitueront bientôt, surtout si on leur expose les raisons graves de faire disparaître cet abus ; et tout le monde obéira si l'Eglise l'ordonne ; aucun de la part des mandarins et des grands, parce que si ces derniers ne sont pas nos ennemis comme ils n'attaquent pas, quoique ridicules, les pratiques des bonzes et des bonzesses. de même ils ne s'occuperont pas davantage des rites des catholiques; et s'ils se montrent bienveillants envers les chrétiens, ils ne mépriseront pas leurs cérémonies ; si par hasard ils étaient nos persécuteurs, ils seraient hostiles non seulement à cette cérémonie, mais à tout ce qui a rapport à la religion catholique. Et si, dans ce cas, la Sacrée Congrégation de la Propagande l'enseigne, on ne doit pas cesser de célébrer le Saint-Sacrifice lorsqu'on le peut en secret, de même on ne doit pas se dispenser des cérémonies de l'Eglise. Aucune difficulté non plus ne surgira delà part des catéchumènes, parce que ceux-ci embrassent la doctrine chrétienne dans

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FAITS DE L HISTOIRE (GENERALE

laquelle il y a beaucoup de points contraires aux mœurs chinoises ; ainsi ils doivent abandonner le culte de Confucius et le culte des morts, briser les idoles, rejeter les superstitions, etc, etc., ils s'en tiendront d'autant plus facilement aux rites de l'Eglise quoique opposés à leurs coutumes. Et comme les païens se contentent des bonzes inventant continuellement et exerçant des cérémonies stupides et insensées, combien il leur sera plus lacile d'acquiescer aux cérémonies très saintes et très convenables, dont chacune a sa raison suffisante et sa signification sacrée. Donc, la seule et unique difficulté vient des prêtres accoutumés à cette coiffure et qui pensent qu'elle leur est nécessaire pour les préserver du froid ; peut-être aussi fautil ajouter qu'elle leur plaît,parce qu'elle est ordinairement magnifiquement brodée et fait pénétrer dans l'esprit des assistants l'idée de pouvoir et d'autorité. Mais ces marques de pouvoir, d'autorité, de grandeur ne s'accordent pas avec la messe, oii dès le commencement le prêtre lui-même, faisant sa confession, se déclare pécheur devant le Dieu tout puissant ; et voilà pourquoi la sainte Eglise ordonne de célébrer tête nue la messe privée, afin que les actes concordent avec les paroles. Ces marques ne doivent donc pas être tolérées, puisqu'elles sont contraires à une confession si solennelle de son propre néant et de sa faiblesse ; il faut que celui qui se reconnaît coupable se présente à la manière des coupables devant l'éternel Juge, qu'il montre son humilité afin de se le rendre favorable ; exception toutefois pour la messe solennelle lorsque les ministres sacrés et le clergé s'asseoient car, alors ils se couvrent pour marquer leur dignité et leur prééminence sur le peuple chrétien.

5° En outre, le motif, pour lequel le privilège de l'usage du bonnet chinois fut obtenu, n'existe plus ; car il fut concédé, parce que les missionnaires expliquèrent que la célébration de la messe, tête nue, était un obstacle à la conversion des païens. Ce privilège a été accordé sur ce faux exposé, mais avec cette notable clause : « Jusqu'à ce que les Chinois, instruits des rites de notre sainte Mère l'Eglise, n'aient plus d'aversion pour eux. » Le Saint-Siège répondit ainsi en 1611 et 1673'. Actuellement au moins, il est faux que ce soit un empêchement à la conversion des païens. Il est faux aussi que les Chinois abhorrent les rites de l'Eglise.

6° Les mahométans conservent en Chine rigoureusement et opiniâtrement les usages et les rites de leur secte ; les globules eux-mêmes et les grands mandarins ne craignent pas de venir au temple ; de plus ils observent religieusement leur coutume d'ôter leurs bottes et chaussures à la porte du temple, ce qui est beaucoup plus opposé aux mœurs chinoises que de se découvrir la tête, chose qu'il ne leur serait jamais permis de faire devant leurs préfets ou leurs supérieurs, et ils n'oseraient jamais le faire en leur présence. Et les ministres de Dieu, prédicateurs de l'humilité évangélique, ne rougissent pas de s'affranchir des cérémonies et des lois très saintes et très sages, à cause d'une vaine et futile appréhension. Qu'on ajoute encore que les orthodoxes ^ habitant Pékin, ne permettent à personne l'entrée de leur église qu'il n'ait d'abord ôté sa coiffure , comme l'a affirmé M^'^ Verrolles, Vicaire apostolique de Mandchourie. Et nous représentant le Siège Apostolique, nous pourrions supporter que les schismatiques soient plus fidèles observateurs de leur discipline que les catholiques !

* Collectanea Mis. ad Ext. 2* édit. p. 292, n* 710. ^ Adeptes de l'Eglise russe.

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7" Peut-être quelques amateurs de cette coiffure prétexteront la crainte du froid en hiver, si le prêtre restait ainsi découvert pendant tout le temps de la messe ; cette raison n'est point solide ; elle est même profondément insuffisante. Je leur dirai : « Il faut prendre patience, comme le font ces bons missionnaires qui, la tète rasée et découverte, célèbrent dans les Vicariats du nord, Mandchourie et Mongolie, où par un mandement récent de leurs évêques, le célébrant et ses ministres restent découverts pendant tout le temps de la messe ; le froid sera certainement moindre dans les autres provinces de Chine qui approchent davantage de l'équateur. » Cependant, quel que soit le climat de chacune des provinces, le froid ne sera jamais aussi intense qu'en Sibérie, en Laponie ou au Spitzberg. Mais ceux qui se plaignent de l'hiver nous étonnent, pourquoi oublient-ils leté? ^ Du reste, dans certains cas particuliers, si quelques prêtres pour raison de santé, ne pouvaient réellement pas supporter le froid, il serait facile d'y porter remède en demandant au Saint-Siège la permission de se servir d'un petit bonnet en dehors du temps que le Saint Sacrement demeure sur l'autel, comme le Saint-Siège a l'habitude de l'accorder aux évêques.

8° A ceux qui pourraient objecter que c'est indécent et contre les mœurs chinoises de célébrer tête nue, la réponse est assez claire d'après ce que nous venons de dire. J'ajoute que ce serait beaucoup plus indécent en Cochinchine, où, moi-même je l'ai vu, les prêtres gardent toute leur chevelure retenue par un paigne sur le sommet de la tête, qui d'ailleurs ne se voit pas sous le turban ; cela paraîtrait extraordinaire à ceux qui ne sont pas habitués à voir les Cochinchinois sous ce double aspect, avec le turban en visites, congratulations et festins, et sans turban s'occupant à la maison et au dehors de leurs affaires domestiques. Néanmoins les missionnaires de ce royaume, depuis plusieurs années déjà, ont retioncé au privilège du bonnet chinois, afin de se conformer au rite de l'Eglise universelle. Au reste, les missionnaires et les évêques de Chine ont triomphé de nombreuses et graves difficultés, et maintenant ils ne sauraient passer pardessus une question si peu importante ! Ils ont triomphé des cérémonies superstitieuses des Chinois ; ils ont triomphé du culte de Confucius et des morts ; ils ont triomphé de l'onction que l'on doit faire sur les pieds des femmes dans l'Extrème-Onction, de l'insufflation et de la salive dans le baptême ; de l'exposition de l'image du très saint crucifix dans les églises ; de la prédication de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ et d'autres encore, pour lesquelles les anciens missionnaires ont excité tant de rumeurs, de difficultés, de scandales ; et maintenant toutes ces choses sont entièrement oubliées, personne ne se plaint, il n'y a plus ni trouble ni réclamation.

9° Enfin, dans l'île de Hong-kong, tant de missionnaires Chinois et Européens, venant des provinces de l'intérieur avec la tête rasée et la chevelure arrangée en forme de tresse, célèbrent sans le bonnet chinois, ils n'inspirent aucune répulsion, et on n'entend pas dire qu'ils l'inspirent aux catholiques de toute nation, qui chaque jour vont entendre leurs messes. Il serait donc à souhaiter, et plus glorieux pour Dieu, que tous les évêques veuillent bien se conformer à la volonté du Saint-Siège et à la pratique de l'Eglise universelle ; en réfléchissant sérieusement que ce n'est pas seulement célébrer, tête nue, comme on le suppose, qui est contre les mœurs chinoises, mais la messe tout entière, et même la doctrine de l'Eglise ; ensuite.

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que ce n'est pas une inconvenance de célébrer, la tête découverte, et qu'il n'y a aucun préjudice à redouter, soit du côté des chrétiens, soit de la part des païens, surtout si on leur explique que le prêtre sacrifiant à Dieu par humilité, doit, comme pécheur, paraftre la tête découverte. Mais ce résultat sera obtenu aussitôt si les évêques, de retour du concile, commencent eux-mêmes à célébrer, tête découverte. Car s'ils veulent prendre l'avis du clergé et du peuple, qu'ils n'espèrent jamais parvenir à extirper cet abus.

10° Il y a encore une autre raison : le bonnet chinois, dont-il est question, a la même forme que la coiffure du plus puissant mandarin de la précédente dynastie des Min ; c'est pourquoi, si les missionnaires et surtout les prêtres chinois étaient pris, et qu'on trouvât parmi leurs objets ce fameux bonnet, les mandarins pourraient les calomnier et prendre les ministres de l'Evangile pour ces hommes méchants qui trament le renversement de la dynastie des Tsin, et il ne leur serait pas facile de se justifier, principalement parce qu'en Chine il n'est pas permis de se vêtir à sa fantaisie, mais.seulement selon la mode prescrite par la dynastie régnante.

De plus, les évêques feraient bien de prescrire la soutane noire ecclésiastique pour l'exercice du ministère et des fonctions saintes, comme on a déjà commencé dans quelque Vicariat français, afin que le prêtre entre dans l'église ou dans la chapelle vêtu de la soutane, la tête couverte de la barrette romaine carrée, et ainsi cherche la messe, se lave les mains, prépare le calice, puis revêtu des ornements sacrés, couvert de la barrette, s'avance vers l'autel, et selon les rubriques la dépose avant la messe, et aussitôt après la messe la reprenne, se lave les mains et sorte de la chapelle; de cette façon on comprendra mieux la cause pour laquelle il la quitte pendant la messe. De plus, qu'il entende les confessions la tête couverte, annonce la parole de Dieu, assiste à l'office et au chant des psaumes, selon la coutume de l'Eglise universelle, excepté au Gloria Patri, etc.

Fait à Macao, 12 septembre 1849.

De votre Grandeur Illustrissime et Rêvérendissime, votre très humble confrère,

Fj^ANÇois- Joseph, évêque d'Arada et Vicaire apostolique du Hou-kouanq.

Le 22 juillet 1850, Albrand écrivit à Feliciani, que selon le désir de Rizzolati, l'usage du bonnet chinois était aboli au Kouy-tcheou. Il avait d'ailleurs été du petit nombre de ceux qui y avaient consenti, ainsi que le lui écrivait le procureur de la Propagande* :

Malgré les soins et la sollicitude mis en œuvre par l'IU. Rizzolati, pour abolir l'usage du bonnet chinois à la messe, bien peu de Vicaires apostoliques ont cédé à ses exhortations. Bien plus, dans son Vicariat, les missionnaires sont revenus à l'ancien usage. Comment cela s'est-il fait? Je ne puis présentement l'expliquer clairement à Votre Excellence, et je la prie de garder le secret sur ce que je lui dis à ce sujet. Cependant je suis persuadé, que plus nombreux seront les Vicaires apostoliques qui interdiront l'usage du bonnet chinois, comme l'a fait avec raison Votre Excellence, plus il sera facile d'introduire peu à peu en Chine les rites romains, comme ont

^ A. M.-E., vol. 549i, p. 213. Hong-kong le 28 août 1850.

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DES MISSIONS DE CUINE

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pu le faire pareillement, dit-on, M^"^ Verrolles et Me:'- Mouly, sans aucune opposition dp, la part des chrétiens.

Si j'étais près de Votre Excellence, je pourrais dire bien des choses qu'il ne m'est pas permis d'écrire.

En attendant, je souhaite à Votre Excellence toutes sortes de prospérités, et, me recommandant à ses saintes prières, je reste, avec le plus grand dévouement.

de Votre Excellence RévérendivSsime le tout dévoué serviteur

Fr. Antoine Feltcîani.

La décision de la majorité des Vicaires apostoliques de Chine ne modifia pas ropinion dAlbrand, et lui et ses prêtres abandonnèrent l'emploi du bonnet chinois, qui sera repris quelques années plus tard pour se conformer à l'usag^e des autres Missions,

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