FAITS DE L'HISTOIRE GENERALE DES MISSIONS DE CHINE
1Si8-18r)2.
Projet d'un synode à Hong-kong. — Lettre de la Propagande sur les sujets à traiter dans ce synode : La Hiérarchie catholique en Extrême-Orient. — Opinions du Kouy-tcheou, du Séminaire des Missions-Etrangères, du P. Folioiani. — Mg»" Albrand désire la tenue du svnode.
Certains actes d' Albrand nous obligent à entrer dans le récit de faits qui intéressent l'histoire générale du catholicisnn^ en Chine. Nous sommes heureux de le faire, car les docaments que nous allons publier sont presque tous inédits, et ils ont eu ou peuvent avoir sur la vie des Missions du Céleste Empire une sérieuse influence.
L'instruction de la Propagande, du 23 novembre 18io. dont nous avons déjà cité des extraits, exhortait les Vicaires apostoliques d'Extrême-Orient à tenir des synodes ' :
Que tous les chefs des Missions fassent leur possible pour que des assemblées synodales aient souvent lieu, afin de s'occuper de ce qui importe le plus pour réchauffer la foi et entretenir l'unité de la discipline ; le principal résultat sera surtout un seul et même mode d'administration et d'action des ouvriers évangéliques , et l'union très intime des âmes ; qu il ne paraisse pas trop dur de travailler avec efïort à cette tâche. afin de conserver le lien nécessaire entre le Saint-Siège et les Missions, et pour que de jour en jour les voies de communication s'ouvrent plus larges et plus faciles.
Ce projet ne pouvait se réaliser dans ITndo-Chine ensanglantée par la persécution, pas davantage en Chine privée de la liberté
' Colkctanea M.-E., 2« cdit. p. i;i2, 11° 28'i ; A. M.-E., vol. 5f9', p. 07.
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religieuse ; Rome ne le perdit cependant pas de vue. et le 29 juin 1848, le Préfet de la Propagande signa une lettre adressée à tous les Vicaires apostoliques de rExtrême-Orient, pour prescrire la tenue d'un synode et indiquer quelques-unes des questions qui devaient y être traitées, et dont les principales étaient l'établissement de la hiérarchie, Térection et la division des archidiocèses et des diocèses, Kouy-yang devait être créé évèché et dépendre de l'archevêché de Tchen-tou, capitale de la province du Su-tchuen.
Voici la traduction de cette pièce fort intéressante pour le passé et plus encore peut-être pour l'avenir de l'Eglise catholique en Chine* :
Parmi les questions, d'une grande importance, concernant les Missions de Chine, dont s'occupèrent les Eminentissimes Pères dans leurs réunions particulières du 11 mai de l'année dernière, la plus importante peut-être, comme devant être de la plus grande utilité pour l'entretien et la prospérité du catholicisme, fut celle-ci : convoquer en assemblée sous forme de synode, les évêques, Vicaires apostoliques, tant de l'Empire chinois que des Royaume voisins, pour traiter d'un commun accord, et après les avoir étudiées sérieusement, les graves questions qui les intéressent, et ensuite proposer au Siège Apostolique ce qu'ils jugeraient nécessaires et le plus utiles d'établir pour la prospérité et l'accroissement des Missions. Car, quoique depuis presque trois siècles l'œuvre de la foi soit faite avec ardeur dans ces régions, et que des hommes évangéliques continuent de se dépenser à cultiver la vigne du Seigneur, Tarrosant de leurs sueurs et même de leur sang, cependant on n'a pas remarqué qu'ils aient publié ou présenté les résultats généraux qu'il était permis d'espérer avec le secours de Dieu.
Certainement, la Sacrée Congrégation n'ignore pas qu'on doive attribuer ce silence en grande partie aux circonstances ordinairement peu favorables, et surtout aux cruelles persécutions qui n'ont cessé depuis le commencement et jusqu'à ces derniers temps, et dans lesquelles ces Missions ont failli être englouties. Cependant, rien peut-être nentlammerait davantage le zèle des ouvriers et ne réveillerait leur vigilance. Car, si malgré des persécutionsfréquentes, le troupeau du Christ a beaucoup augmenté, il n'a pas reçu partout le développement que se proposaient les ouvriers, il est évident que partout on ne constate pas la même forme de discipline ecclésiastique, la même pratique de pure doctrine, le môme mode d'administration pastorale ; certaines coutumes ne sont pas partout condamnées, ni les abus réprimés, ce dont devrait s'occuper la sollicitude intelligente des ouvriers. Si ce manque d'unité et la faiblesse des Missions ne peuvent être imputés ni à leur bonne volonté ni à leur manque de zèle, ainsi qu'assurément nous le pensons, cependant, afin de remédier, comme il convient, à ces inconvénients, et assurer au plus tôt dans l'avenir la prospérité de ces Missions elles-mêmes, rien n'a paru plus opportun aux Em. Pères que la réunion des évêques dont nous avons parlé; Notre Très Saint-Père le désire, et c'est
* A. M.-E., vol. 549', p. 55. Il serait curieu.\; de savoir quel personnage prît l'initiative d'indiquer la division ecclésiastique que propose cette circulaire. Nous ne serions pas étonnés que ce fût Mgr Luquet, mais nous n'avons pas sous la main de documents nous permettant de l'aflirmcr.
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DES MISSIO.NS DE CHINE
pourquoi Sa Sainteté a voulu par cette Lettre exhorter, inviter tous les évêques, et arrêter par des instructions annoncées dès maintenant ce qui regarde le lieu, le temps et la manière de tenir une assemblée synodale do ce genre.
Quant à la question du liey, aucun n'est plus sûr ni plus commode que l'île de Hong-kong, et on dit que les évèques de l'Empire de Chine et de^ terres voisines pourront facilement s'y réunir, et demeurer très librement chez les procureurs soit de la Sacrée Congrégation soit du Séminaire des Missions-Etrangères.
Si quelqu'un des Vicaires apostoliques, pour raison d'âge, de santé ou autre cause légitime grave, ne pouvait d'aucune façon se rendre au synode. il serait à souhaiter, qu'il envoyât, avec les pouvoirs nécessaires, l'évêque coadjuteur, ou, celui ci manquant, quelque missionnaire distingué ou son provicaire pour traiter les affaires de sa Mission, afin qu'il ne puisse pas dire qu'on ait fait quelque chose à son insu et sans l'avoir consulté, mais afin que ce qui est commun à tous soit réglé d'un comriaun accord.
De même, tout bien examiné, il paraît èmrvenable que la réunion épiscopale ait lieu et se termine plutôt en hiver qu'à une autre époque. Vu la distance des lieux et la difficulté des routes, on demande une indication préalable, de manière que tous puissent prendre les moyens d'arriver ensemble : l'hiver de l'année 1849 ou même de l'année 1850, peut-être, pourrait être fixé pour la tenue du synode.
Nous sommes persuadé que tous prêteront avec plaisir leurs concours dans cette occasion, et nous exhortons chacun de ces Pontifes, à la réception de notre Lettre, à avertir le procureur de la Sacrée Congrégation, s'il peut ou non aller à Hong-kong à l'époque désignée plus haut, afin que le procureur, à qui celte charge a été conliée parla Propagande, fixe d'avance et indique à tous l'époque de l'ouverture du synode.
Lorsque tous les prélats seront réunis à Hong-kong, pour commencer les sessions, le secours divin invoqué, le plus ancien dans l'épiscopat réunira ses Frères, afin qu'avant toute discussion des affaires de Missions, ils élisent par leurs suffrages, pour président de l'assemblée, parmi les Vicaires apostoliques, celui qu'ils en auront jugé digne devant Dieu; ils choisiront aussi les officiais comme on a coutume de faire dans les synodes, et ils accompliront les autres préliminaires selon l'habitude, afin que tout se passe convenablement et régulièrement et tourne au plus grand bien.
Les sessions terminées, ils remettront à la Sacrée Congrégation, signés par chacun des Pères, les actes synodaux et toutes les autres questions qu'ils auraient jugé à propos de soumettre à l'approbation du Saint-Siège.
Les dispositions concernant le temps, le lieu, la manière de réunir et do tenir l'assemblée devaient être rappelées.
Maintenant, nous croyons inutile de nous arrêter à la solution des difticultés que quelques-uns pourraient rencontrer en accomplissant ce devoir. Toutes choses ayant été parfaitement et sérieusement examinées, ils s'apercevront que ces obstacles ne sont pas insurmontables. Du reste, chacun comprendra facilement les nombreux bienfaits et avantages qui en résulteront pour les Eglises de Chine ; qu'on ne refuse donc pas trop de supporter, sans se plaindre, quelque inconvénient ou quelque peine.
A l'occasion de cette assemblée, la Sacrée Congrégation veut, tout d'abord . demander l'opinion générale des évêques sur un point, que quelques-uns d'entr'cux se sont également proposés de réaliser, savoir : mettre les
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FAITS DE L HISTOIRE GÉNÉRALE
Missions dp la Chine rt d^s Hiynnmos voisin? dans la forme ordinaire et canonique des Kj^liscs, en c(»ii!-lituanL trois arctievêchés et en leur assignant des évêqiies suffi agants.
Les Eglises archiépiscopales seraient* :