‹ Histoire des missions de Chine [microform]Chapitre 7 sur 56 · TOU-YUN HIEN · texte numérisé non relu

TOU-YUN HIEN

Ma-bo tcbeou.

Tsin-pin bien.

Tou-cban tcbeou.

Pa-tcbai.

Li-po bien.

Ten-kio-ten.

Tou-kiang tin.

Tan-kiang tin.

Kai-li bien .

Fan-tcben.

Pin-yue fou.

Tcbe-li tcbeou.

Ong-gan bien.

gouverné par le préfet de Jen-hoai tin. Mais sous l'empereur Kien-long, à cause précisément de cette immense étendue de territoire qui rendait l'accès au mandarin très difficile, et favorisait l'esprit indépendant de ces populations, on voulut fonder une nouvelle sous-préfecture. Eul-lang-pa était le village le plus central, aussi, songea-t-on d'abord à lui, d'autres préféraient Jen-hoai ; pour trancher la question on imagina le moyen suivant : on envoya quérir un vase d'eau de chacun des pays en litige. Les dites eaux furent pesées par devant un conseil de mandarins ; celles de Jen-hoai furent trouvées plus lourdes, celles de Eul-lang-pa plus légères, et l'on se décida en faveur de Jen-hoai. » (A^ M-E,, vol. 5491, p. 413).

VILLES — POPULATION — LANGAGE

Pin-yue fou {suite).

Yu-kin hien.

Mei-tan hien.

Che-tsien fou.

Long-tsuen hien.

Ta- tin fou.

Kien-si tcheou.

Pin-yuen tcheou.

Ouei-lin tcheou.

Pi-tsie hien.

Ta-tin fou {suite).

Choui-tchen tiii< Te-chen-po.

Tsen-y fou. .

(TSEN-Y bien).

Tchen-gan tcheou.

Tong-tse hien.

Jen-hoai tin.

Jen-hoai hien.

Su-yang hien.

On compte environ 500 marchés, dont une centaine renferment de 500 à 1000 familles, et 200 ont de 100 à 200 familles ; les autres, moins considérables, possèdent de 20 à 100 familles.

Il faut ajouter un grand nombre de villages dont il est difficile de savoir la population.

Dans la partie septentrionale de la province qui parait plus peuplée que les autres régions, les habitants sont groupés en dehors des villes et des marchés en petits hameaux ou par familles ; ils se sont installés au bas des coteaux, ordinairement dans les plus beaux sites ; leurs maisons sont entourées de bambous, quelquefois de grands et magnifiques arbres.

Donnons maintenant quelques détails sur les villes principales : d'abord la capitale de la province, Kouy-yang fou 100 000 habitants. Elle est située à 1050 m. d'altitude, environ 900 kilomètres O.-N.-O. de CantoQ, presque au centre parfait de la province, sur un affluent du Ou-kiang, à proximité des sources du Yuen et du Pan, affluent du Sîkiang;et, comme ces cours d'eau servent tous de routes commerciales, Kouy-yang jouit depuis longtemps d'une certaine prospérité» Elle doit cependant son importance principale à la présence des hauts mandarins de la province. '^:^:}:'--y-\^-:\:\-"..:/'-y:^-.^:'<:\-'i^

Tsen-y fou, vers le nord, sur la grande route de Kouy-yang à Tchong-kin, environ 50000 habitants ; commerce de soie, de médicaments, de patates sauvages, et un peu de papier.

Gati'chouen fou, vers l'ouest, dispute à Tsen-y le premier rang après Kouy-yang ; dans ses murs habite le chef de la division militaire, et elle possède environ 45 à 50000 habitants.

Plus à l'ouest Tchen-lin tcheou^ qui souffrit 'beaucoup de la rébellion en 1866, possède actuellement 12 à 15000 habitants ; Lang-tai tint

INTRODUCTION

peut avoir, avec le long faubourg qui la précède, environ 7000 habitants.

Au sud-ouest : Pou-gan tin possède un marché assez fréquente, l'esprit des habitants passe pour être fort hostile aux chrétiens ; plusieurs missionnaires y ont été maltraités.

Au sud : Hin-y fou^ à 1300 m. d'altitude, comptait près de 70 000 habitants avant l'insurrection des mahométans ; après la répression chinoise qui fut cruelle, la ville ne posséda plus que 3000 habitants ; aujourd'hui elle en a environ 40000. C^est dans cette ville qu'un missionnaire français, M. Muller, fut massacré par les rebelles le 24 avril 1866; Hin-7j hien avec Hoang-tsao-pa, que l'on considère comme son faubourg et qui est plus populeux que la ville, compte 15000 habitants ;

Les autres villes qu'il convient de citer sont à l'est et au nord-est : Se-tcheoîi fou, dont les habitants, au nombre de 10 à ISOOO, passent pour être hardis et entreprenants; Che-tsien fou qui date de la dynastie des Yuen; c'est une ancienne forteresse, agrandie par la famille impériale des Ming ; le faubourg est beaucoup plus considérable que la ville, il a uiie demi-lieue de longueur et s'étend sur le bord d'un affluent du Ou-kiang, c'est la partie véritablement commerçante de la cité; à l'extrémité de ce faubourg, se trouve une grande source d^eaux thermales qui ont environ 43 degrés de chaleur ; on y a construit des bains, d'ailleurs assez mal tenus ; Tong-jen fou, ancienne forteresse aux frontières du Hou-nan; Se-lan fou, sur la rive gauche du Oukiang, entrepôt assez commerçant et point terminus de la navigation des grandes jonques.

Au nord : Tchen-gan tcheou, commerce de soie, culture du mûrier; Tong-tse hien, au confluent de deux petites rivières, au bas d'une colline, dans une plaine fertile, entourée de montagnes boisées, serait une petite ville assez agréable sans les inondations qui parfois la couvrent presque entièrement *. ^

A Touest Pi-tsié hien, fabrique de io'ûes \Kien-si tcheou^ qui jadis se glorifiait du titre de préfecture de 1*'^ classe, transporté depuis à Ta-tin, conserve encore de beaux restes de sa première splendeur ; elle est située sur le bord d'une rivière qui l'alimente d'eau par un Canal souter-

* Au mois de juillet 1878, les barques naviguaient par-dessus les remparts, (f Ne pouvant opposer un frein à la fureur des flots, les Chinois ont dû imaginer un autre moyen de se mettre à l'abri des inondations. Ils ont commencé le percement d'une montagne qui faisait obstacle au libre écoulement des eaux. Ce tunnel ou canal rendra deux services à la fois : en même temps qu'il fournira à la rivière le débouché que Tong-tse réclame pour sa sécurité, il ne manquera paS, disent nos ingénieurs, d'être une cause dé fertilité pour les campagnes d'outremonts M. (Ms' Lions, septembre 1880.)

VILLES — POPULATION

LANGAGE

rain et par un réservoir construit à grands frais et avec beaucoup d'art î ornée de belles tours qui couronnent les collines environnantes, de riches pagodes, d'arcs de triomphe, elle offre un point de vue charmant à l'œil du voyageur ; elle est fière de ses gloires militaires : car elle soutint deux sièges d^assez longue durée contre les rebelles. Vers le centre : Kai tcheoii, cette dernière ville est célèbre par le martyre d'un missionnaire français M. Néel (18 février 1862), Tsin-gai, petite, ville d'environ 10000 habitants assise à l'extrémité d^une vallée fertile, disparaît presque toute entière derrière la ceinture de remparts qui l'environnent , et non loin desquels furent mis à mort deux séminaristes, un chrétien et une chrétienne, le 29 juillet 1861. A quelque distance de Tsin-gai est Tin-fan tcheou une des plus anciennes villes duKouy-tcheou. Elle est située vers le milieu de la plus grande plaine que l'on rencontre dans la province^ où les plaines sont rares ; elle gouverne un territoire très vaste, montagneux et généralement peu fertile, sauf la plaine qui l'entoure ; aussi lui a-t-on assigné deux fen-tcheou ou subdivisions : l'une, au sud, s'étend jusqu'au Kouang-si et se nomme Lo-fou tcheou ; l'autre , à l'est , s'appelle Ta-tang tcheou ; cette dernière ville n'est ni vaste, ni peuplée, et très peu commerçante; elle a été prise et reprise par les rebelles et complètement ruinée ; on la rebâtit peu à peu.

La population totale de la province est évaluée à environ 11 millions par les uns, à 8 millions par les autres*, sans que personne puisse affirmer d^'une façon absolue l'exactitude de ces chiffres. Les missionnaires la partagent généralement en trois races : les aborigènes que l'on appelle Miao-tse ou Miao-kia ; les indigènes dont les principaux sont les Tchong-kia ; et les Chinois proprement dits.

Nous allons donner quelques détails sur chacune d^elles en résumant les travaux faits il y a une cinquantaine d'années par M^"^ Lions, Vicaire apostolique du Kouy-tcheou, repris et augmentés récemment par M. Aloys Schotter, missionnaire dans la même province^. \

1 D'après certains voyageurs, entr'autnes le D"" Deblenne , la population du Kouy-tcheou serait par moitié composée d'aborigènes et d'indigènes et par moitié de Chinois [La Mission Lyonnaise, i" partie, p. 386).

2 Mgr Lions et M. Aloys Schotter se sont servis pour leur travail d'un ouvrage chinois connu sous le nom de Chroniques du Kouy-tcheou ; c'est un répertoire officiel fait il y a plus d'un siècle par le gouvernement pour l'usage des mandarins. Il se compose de 46 volumes renfermant : histoire, géographie, noms des mandarins, des lettrés, des hommes ou des femmes illustres de la province; fleuves, routes, montagnes, cavernes célèbres, tombeaux, pagodes, greniers publics, pro-

KOCY-TCHEOl 2

XVIlt

INTRODUCTION

Les Miao-tse ou Miao-kia* sont divisés en tribus très nombreuses, puisque les Chinois en comptent jusqu'à 86, Ms*^ Lions se contente de 48.

Le nom de chacune de ces tribus est assez souvent tiré de la couleur ou de la forme du vêtement. 1° Yao-jen, hommes remuants, ou Lai-tse, hommes aux grandes mamelles, ou encore You qui dans la langue indigène a le même sens que Miao barbare; 2° Pe-miao^ barbares blancs, parce que dans leur habit de chanvre bariolé, le blanc domine, ou Pei-choui-niiao, portant l'eau sur le dos ; en effet pour transporter l'eau, ils se servent d'un bassin qu'ils placent sur leurs épaules ; 3" Hoa-miao, barbares fleuris : pour imprimer sur leurs vêtements les fleurs ou les dessins qu'ils désirent, ils appliquent de la cire sur la partie de l'étoffe qui doit rester intacte ; 4" Tse-pa-miao, barbares à scapulaire ; 5° Paotou-meoii-miao ^ barbares à plastron sur le dos; 6° Pa-tsio-7niao, barbares pie, de l'écharpe blanche qui traverse leur habit noir ; 7" Tsin-7niao, barbares bleu foncé; 8** Ya-tse

duclions, événements historiques, guerres, incendies, éclipses, etc., en un mot tout ce qui concerne la province y est noté. Le travail de Mgr Lions est intitulé : Lettres sur les sauvages du Kouy-tcheou ; il est classé dans nos Archives, sous le numéro- 587. Une partie en a été publiée par M. Lesserleur dans les Missions Catholiques année 1877, pp. 149, 162, 173, 186, sous le titre : Les Y j'en. Le travail manuscrit de M. Schotter, dont une très petite partie a été publiée dans les Annales de la Société des Missions-Etrangères, année 1899, p. 265, a pour titre : Notes sur le Kouy-tcheou ; il n'est pas encore classé.

* Dans le 7^ livre de l'ouvrage intitulé : Kouy-tcheou Tong-tche, l'origine des Miao est racontée d'une manière que des lettrés d'esprit borné et corrompu peuvent seuls accepter. Nous en trouvons la traduction suivante faite par M. Bodinier, missionnaire au Kouy-tcheou :

« Jadis, sous le règne de l'empereur Kao-tsou il y avait un chef de rebelles au pays de Kuen-jong. L'empereur redoutant sa puissance et ne pouvant le dompter avec ses armées, fit publier dans tout l'empire que quiconque lui apporterait la tête du général Ou, le chef des rebelles de Kuen-jong, recevrait en récompense un millier de taëls d'or, une des grandes dignités de l'empire et enfin sa propre fille en mariage.

« Or, en ce temps-là, l'empereur avait un magnifique chien ; son pelage était varié de cinq couleurs, son nom était Pan-hou.

« Après la publication de l'édit, un jour Pan-hou entra au palais de l'empereur portant dans sa gueule une tête d'homme. Les courtisans aussitôt remplis d'admiration se mirent à dire : C'est la tête du général Ou !

« L'empereur fut rempli de joie ; mais il pensait que Pan-hou ne pouvait épouser sa fille, ni recevoir aucune dignité de l'empire. Il désirait cependant le récompenser, mais ne savait quel moyen prendre.

« La fille de l'empereur l'ayant ouï dire, et ayant aussi pensé qu'une parole impé-

VILLES

Page 1