ANIMA IJX VER TERRÉS
PRÉFACE
Depuis nombre d’années, la découverte d’uçe infinité d’espèces d’animaux, de plantes et de minéraux, les recherches profondes qu’on a multipliées sur la structure particulière à chacun de ces êtres, la nécessité de les décrire exactement, de déterminer leurs rapports, pour les classer en genres et en familles, semblent avoir absorbé presque toutes les études en histoire naturelle. II en est résulté, sans contredit, des progrès immenses pour cette belle science. De quelque importance néanmoins que soient ces travaux, auxquels nous nous plaisons à rendre toute justice, personne ne peut méconnaître que l’observation du moral, ou des facultés et de l’instinct de tant de créatures, est demeurée bien loin en arrière des autres connaissances acquises par la description de leurs parties.
Nous avons donc formé le dessein de comparer et de réunir avec une fidélité scrupuleuse, sous des points-de-vue généraux, les
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faits les plus intéressans de la vie , des habitudes naturelles des animaux. Nous avons retrace', dans des Cours faits à V Athénée royal de Paris , devant cet auditoire éclairé' , qui jugea tant d’hommes remarquables, et dont le goût délicat sut épurer leurs talens , ces mœurs des créatures diverses que la nature parsème avec magnificence sur la terre.
Quelques beautés que la structure intime des êtres vivans nous dévoile en effet, on aime mieux encore en approfondir le jeu merveilleux, et ces éclatantes industries qui seront sans cesse un objet d’étonnement pour le philosophe comme pour le vulgaire. Les actions, et, pour ainsi dire, les génies si variés des animaux les moins connus, des plus chétifs même, sont empreints d’un charme que jamais n’égaleront les formes les plus élégantes de leurs cadavres empaillés dans nos cabinets. De toutes les branches de l’Histoire naturelle > aucune d’ailleurs ne touche de plus près au genre humain que celle qui traite du règne animal; aucune ne tient par des alliances plus multipliées a toute la na-
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ture, et n’est plus essentielle a notre bonheur; aucune ne suscite enfin de plus hautes méditations, en manifestant les admirables harmonies de ce monde et de son sublime Auteur.
Dirons-nous quels motifs flatteurs auraient pu nous décider depuis long-temps à publier ces leçons? Mais il en fallait retoucher avec soin toutes les parties, et surtout y présenter les distributions méthodiques les plus naturelles des diverses classes et des genres des animaux. Il fallait, enfin , pour perfectionner ce travail , profiter de toutes les découvertes modernes des illustres Naturalistes de notre siècle, auxquels la science est redevable de si beaux ouvrages. Nous nous faisons un devoir de les citer avec reconnaissance; toutefois on trouvera souvent le tribut de nos ob-; servations particulières et de nos recherches. La nature, inépuisable dans sa fécondité, ne refuse à personne le don de plusieurs vérités nouvelles, lorsqu’on l’étudie avec persévérance.
Si nous étions assez heureux pour conquérir les hommes du monde et la jeunesse
iv PRÉFACE.
studieuse à l’amour de ces beaute's de la nature, et des occupations enchanteresses qu’elle prodigue, nous croirions avoir rendu d’utiles services à la société. On ne comprend guère, au milieu de ce tourbillon de la vie qui nous entraîne , quelles délices naissent au sein des contemplations qu’offre cette aimable étude. Quelles impressions douces, quels sentimens élevés et généreux elle développe dans toutes les âmes! Il n’est rien de si grand et de si noble qu’elle ne puisse inspirer, en-mêmetemps qu’elle déploie le génie et la capacité la plus vaste de l’entendement humain.