OISEAUX
Des plumes , u n bec corné, des ailes , deux pâtes , point d’oreilles externes , de vastes poumons , un large sternum caréné , les clavicules réunies en fourchette, un gésier musculeux , un larynx inférieur près des bronches ; une queue courte distinguent ces animaux aeriens, ovipares, couvant leurs œufs.
Les oiseaux Grimpeurs en général, scansores , se distin-^ guent par la forniede leurs pieds, qui sont courlset robustes, avec deux doigts en avant, deux en arrière ; ils ne se tiennent presque jamais à terre, mais sur les arbres, autour desquels Ils grimpent, s’aidant souvent de leur queue comme d’un point d’appui, et quelquefois de leur bec (les perroquets par exemple), pour s’accrocher aux branches. Ceux dont le bec est droit et puintu, comme les pics, s’en servent comme d’un coin , pour chercher, dans l’écorce des arbres , les larves d’insectes : d’autres espèces à bec crochu sont frugivores. Toute cette famille a la voix forte et criarde, chez la plupart des espèces, une vie tenace, une chair sèche, tendineuse, de mauvais goût. Tous sont monogames ou s’apparient, le mâle nourrit la femelle quand elle couve, ils posent leurs nids dans de hauts arbres, recherchent les pays chauds, les lieux secs, les bois retirés. Ils sont analogues aux quadrumanes grimpeurs.
Les Oiseaux de proie ou les rapaces, se caractérisent par un bec plus ou moins crochu, souvent garni à sa racine d’une membrane appelée cire, par leurs jambes fortes, leurs doigts nerveux, armés de griffes souvent crochues, acérées, le dessous des d,oigts garnis do durillons; leurs aîlcs.sont grandes, lour vol est élevé, rapide; leur tétc, leur col, sont muscu-
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leux, robustes. Leur plumage a peu d’éclat; aussi leur texture solide, leur peau dure, leur chair désagréable les rendent peu propres à servir de nourriture; ils vivent de rapine, de cadavres , de victimes vivantes. Souvent lès femelles sont plus grosses, d’un tiers, que les mâles, et plus fortes; éèr il faut qu’elles apportent une proie suffisante â leurs petits. Tous posent leurs nids ou dans des rochers ou sUr de haut/ arbres, en des lieux sauvages; ils ne pondent guère d’œufs ; sont aussi monogames; leur voix est âcre, aigue ou perçante; ils sont analogues aux mammifères carnassiers. Dans la section des coraccs ou demi-rapaces , les espèces se contentent de menue proie ou de charognes et d’ordures.
Les Passereaux forment un grand ordre composé d’oiseaux baccivorcs, insectivores , séminivores, famille nombreuse d’espèces intéressantes, lis ont communément un bec eonique, droit, pointu, coupant les graines et leurs dures enveloppes; les races insectivores ont le bec plus fin et effilé; tous ont des pieds délicats, grêles, A doigts séparés, trois devant, un derrière. Leur démarche est souvent sautillante, inquiète; leur corps est grêle, leur taille svelte. Us ont une chair de saveur agréable; celle des insectivores l’est moins. Presque tous offrent uri chant agréable, plusieurs ont des habitudes industrieuses et sociales; leur caractère èsl timide et sensible. Leur plumage est peint de couleurs diverses, souvent très-éclatantes. Presque tous habitent les bosquets , les taillis, les buissons, où ils 'construisent des nids par fois travailles avec une adresse merveilleuse. La plupart des espèces sont monogames , et les père et mère apportent 1« becquée aux petits. Ces volatiles ont plusieurs analogies avec les mammifères rongeurs, par leur industrie, leur amour de la société , la nature de leurs alimens, leurs habitations, etc. Beaucoup d’insectivores surtout, émigrent chaque hiver dans des climats chauds, et reviennent au printempsdans les régions tempérées. Leur voix est douce , modulée, et plus flûtée que celle des granivores conirostres , dont le chant est plu9 fort.
Les Gallinacés sont remarquables par leur corps épais ,
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leur vol très-lourd, leurs ailes courtes, leurs pieds propres à la course et à gratter la poussière; leur bec recourbé comme une dent de rateau, pour ramasser les graines; il y a trois doigts en avant et un en arrière. Ces oiseaux ne se tiennent point sur les arbres, mais demeurent à terre, où ils aiment se rouler dans la poussière; c’est pourquoi on les nomme pulvérateUrs. Leur chair est ordinairement blanche, leur graisse un peu solide comme le suif; et ce sont, de tous les oiseaux, les plus estimés sur les tables. Ils virent de toutes sortes de semences, qui, ramollies en leurs jabots, sont ensuite écrasées dans leur gésier musculeux par une double digestion. Ces oiseaux déposent leurs nids à terre, sans industrie, pondent beaucoup d'œufs; les mâles, qui sont polygames, se battent entr’eux pour jouir des femelles, qui, seules chargées de nourrir les petits, ne leur préparent point l’aliment en leurs jabots. Toutefois les pigeons sont monogames , pondent deux œufs chaque foi3, le mâle couvant comme la femelle, en leur dégorgeant de son jabot une nourriture déjà ramollie. Les gallinacés n’ont pas de chant , mais un cri fort. Ces oiseaux se plaisent dans les friches, les champs.
On adjoint aux précédens les gros oiseaux non-volans ou dont les ailes sont inutiles au vol, mais qui courent très-bien avec de fortes jambes à deux ou trois doigts. Ils déposent à terre leurs œufs en des sables échauffés du soleil , car ils couvent peu ; ils habitent aussi le? pays chauds.
Les Oiseaux de kivage, ou échassiers à longues jambes, nommés aussi scolopaces , comme les bécasses, ont de long? tarses , les jambes nues au-dessus du pli ; leur bec , souvent alongé comme un bâton, sonde les marécages où ces espèces aiment à barboter, et un filet nerveux de la cinquième paire de nerfs vient s’étendre au bout de ce bec, pour lui donner le sentiment de ce qu’il Saisit au fond de la vase ; ces oiseaux ont l’odorat assez actif, un corps grêle, comprimé sur le? flancs avec une queue courte ; leur peau est délicate, la chair savoureuse, brune; le plumage est presque toujours gris oy terne, et sombre ; de petits yeux, une vue assez basse et courte
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en font des animaux demi-nocturnes; ils ont une petite tête, un caractère peureux et sot pour l’ordinaire. Toujours patrouillant dans la fange des marais, la retournant de leur long bec , la pétrissant avec leurs longues jambes , ils aiment les temps sombres, les brouillards de l’automne, ne voyant bien que dans le crépuscule , comme les nyctalopes. Leurs clameurs soupirantes ou mélancoliques, ne se font guère entendre que le soir ou le matin. Lorsqu'ils volent, ils laissent pendre leurs longues jambes en arrière; elles leur tiennent lieu du gouvernail de la queue. Leur nourriture sc compose de vermisseaux , de larves d’insectes et d’autres immondices qui pullulent dans les mares d’eau croupie. Ils posent leurs nids entre les joncs et à terré. Les mâles, qui sont polygames, se battent enir’eux, et la femelle seule conduit ses petits à la pâture. Ces oiseaux sont analogues aux bêtes brutes parmi les mammifères, qui se plaisent dans les mêmes lieux fangeux. Les oiseaux de rivage du Nord arrivent dans les climats tempérés en automne, y séjournent en hiver, quand les oiseaux insectivores de l’été en sont partis; ces échassiers s’en retournent au printemps, quand nous arrivent do Midi les autres oiseaux de passage.
Enfin les Palmipèdes ou oiseaux nageurs , dont les doigts sont réunis ensemble par une membrane , sont remarquable* par leur bec souvent large , quelquefois dentelé ou crochu , pour retenir des poissons glissans; par leur démarche boiteuse, â cause que leurs pâtes sont reculées fort en arrière, pour mieux nager. Ils ont le corps applati et taillé comme la quille des vaisseaux, afin de mieux flotter sur les eaux ; leur plumage est serré , très-duveteux et huilé pour le rendre impénétrable à l’humidité; aussi leur corps est imprégné d'une graisse molle et rance, ainsi que leur peau épaisse; leur chair conserve une saveur huileuse; les couleurs de leur plumage sont souvent sombres et sales. Ils ont une voix très-criarde , retentissante et nasiilonnantc , résultat d’une longue trachée-artère; leur odorat est très-ctendu. Aidés de leurs jambes courtes et palmées en forme de larges rames , ils s,c tiennent presque
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toujours sur le» eaux, dans les fleures, les lacs, les mers, où ils rivent de poissons, de plantes aquatiques. Excepté les espèces de haute mer à grandes ailes, les autres volent trèsmal, mais nagent très-bien; plusieurs même plongent longtemps. Tous déposent leur nid , grossièrement façonné , à terre, près des eaux où la mère conduit aussitôt ses petits, «n leur montrant cet héritage de leur famille et le champ de leur nourriture. Les mâles sont communément polygames. Ces oiseaux préfèrent, pour la plupart, les paysfroids, et plusieurs espèces émigrent, pendant les grands froids qui glacent les eaux, dans des contrées tempérées. Ce sont des espèces très-voraces, très-stupides, races brutes et grossières qui, hardis navigateurs, s’élancent au milieu des tempêtes de l’Océan, et rasent, dans leur vol , les plaines mouvantes des mers , puis fondent sur les poissons pour les déchirer. On peut les comparer aux mammifères amphibies et cétacés, qu’ils représentent dans leur classe.