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marins , un nid recherché par les Chinois, comme un restaurant délicieux. Des pigeons vont semer la muscade, et contrebandiers des aromates sur les îles de l’Archipel indien , ils détruisent le monopole des Européens; des oiseaux d’eau avalant le frai indigeste et purgatif de quelques poissons , vont le rendre dans les lacs des hautes montagnes, et propager ainsi ces poissons dans les lieux inhabités et inabordables. Les colons de la Caroline , se plaignant des dégâts d’un oiseau granivore, résolurent d’en exterminer la race ; mais les insectes qu’il détruisait se multiplièrent d’une manière si effrayante, qu’il fallut rapporter cette espèce de moineau, tant la nature a combiné sagement les relations des êtres.
Mais sans vous entretenir plus long-temps de ces rapports, terminons cette leçon par l’histoire des émigrations et des voyages des oiseaux. Ces animaux , plus aériens que terrestres , deviennent en quelque sorte cosmopolites ; ils forment des républiques ambulantes qui traversent l’atmosphère à des époques régulières, montent sur l’aile des vents , exécutent des évolutions aériennes , tantôt se pressent en phalange , se disposent en triangle , tantôt s’étendent en front de bataille ou se dispersent en escadrons légers. La terre et ses climats ont moins d’influence sur eux que sur les quadrupèdes. Ces flux et ces reflux d’oiseaux qui circulent en longues bandes dans l’atmosphère , qui établissent une correspondance entre toutes les contrées , forment une sorte d’équilibre de vie. Les pays chauds, envoyant pendant l'été leurs oiseaux dans les climats
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tempérés , et les pays froids renvoyant en hiver les leurs en échange, le volatile connaît par un instinct admirable , les vents qui lui conviennent, la saison qui lui sera favorable ; il prévoit de loin l’arrivée des frimats ou le retour du printemps , par cette science des météores qu’il acquiert en vivant sans cesse au milieu des airs. Ancien aéronaute de la nature , il dirige sa route sans boussole , il se plonge dans l’épaisseur' des nuages , surmonte la région des tempêtes, et voyantles animaux , l’homme rampans dans la boue de la terre , il s’élance vers l’astre du jour , et respire l’éther des cieux. Enfin il descend avec le zéphir sur une terre hospitalière , en la saluant de ses chants ; il y trouve une nourriture toute préparée des mains de la Providence , des asiles sûrs, de frais bocages , des monts, des forêts où il reprend exactement l’habitation choisie les années précédentes , où il reconnaît le nid de ses amours , le berceau de sa naissance. La cigogne retrouve son ancienne tour , le rossignol son bosquet solitaire , l’hirondelle sa fenêtre , le rougegorge le tronc mousseux de son vieux chêne, et le petit traquet son buisson.
Les oiseaux aquatiques peuvent aussi s’avancer, tantôt en nageant , tantôt en volant , jusqu’aux contrées les plus éloignées ; cependant aucun oiseau , ni surtout aucun quadrupède de la zone torride, n’est commun aux deux hémisphères, ensorte que le Nouveau-Monde dut être déjà séparé de l’ancien lorsque ces animaux furent créés. Aussi chaque oiseau adopte une patrie , un séjour convenables à
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sa nature. Lorsque le changement de saison le force à chercher sous de nouveaux cieux un climat analogue au premier , ce n’est jamais que pour un temps ; il revient avec joie dans cet antique royaume de ses pères, patrie du bonheur et de ses plaisirs.
C’est a l’époque des équinoxes que s’exécutent ces grands voyages d’oiseaux; c’est aussi le temps où rcgncntles grands vents, comme si la nature les destinait à transporter ces légers enfans de l’air* La froidure repoussant les oiseaux des régions polaires dans des climats plus tempérés , elle refoule également ceux des pays tempérés dans des régions plus chaudes ; mais à l’annonce de Tété , les contrées chaudes renvoient leurs habitans aux pays tempérés , et ceux-ci font fuir dans les climats froids leurs tristes peuples. Il s’opère donc un refoulement général des oiseaux vers la zone torride en hiver, et une expansion générale en sens contraire, ou vers lés pôles , en été.
Toutes les espèces de volatiles qui. disparaissent par le froid , ne changent pas pour cela de région : quelques-uns se retirent dans une demeure écartée , dans quelque antre désert , ou sous un rocher sauvage. A la fin de l’hiver , le loriot , le choucas,, le mauvis , le coucou , la corneille sortent de ces grottes ignorées et se répandent dans nos bois. D’autres familles, au-lieu d emigrer , se contentent d’avancer de proche en proche dans un séjour plus méridional , à mesure que la froidure les poursuit : ces espèces , appelées erratiques , sont les pinsons d’Ardcnne, les alouettes, les ortolans, des draines.
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des litornes et autres races baccivoïes , surtout les perroquets , qui vont en troupes lever , pour ainsi dire , des contributions sur les fruits de la terre , ou qui ressemblent à ces peuples émigrant chaque hiver pour recueillir dans leurs travaux le superflu des pays riches; aussi ces espèces suivent-elles leslieuxcultivés et se répandent avec les habitations des hommes. !
Mais si ces hôtes de l’été fuient nos bois en automne, c’est alors qu’arrivent les peuples de l’hiver, les palmipèdes, chassésparlesglacesdu septentrion, par un temps sombre et grisâtre ; on voit des détachemens de bécasses , des files de vanneaux et de pluviers , traversant les brouillards , et suivis de bandes triangulaires de grues, de cigognes, de sar-1celles et de canards sauvages. Ils s’abattent soit dans les prairies inondées, soit parmi les joncs des marécages, ou s’écartent dans les clairières humides des bois. Ils exhalent par instans des clameurs mé* lancoliques; leur voix est soupirante, triste comme l’hiver qu’ils ramènent, ou comme le souflle dé la bise dans ces forêts effeuillées. C’est une observation bien curieuse de voir les grues revenir ou retourner , avec une merveilleuse exactitude, les mêmes jours d’octobre. Quel est donc le calendrier qui les instruit malgré les inégalités des saisons de chaque année ?
La figure isoscèle et triangulaire que prennent ces volées de voyageurs, est la plus favorable pour fendre les airs ; l’oiseau placé à la pointe est le plus fatigué de la bande: aussi chacun prendeette place
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à sou tour. Les émigrations des poissons s’exécutent dans le même ordre ; le plus robuste se met à la tcte, les mâles se rangent ensuite, et les femelles, puis les jeunes se tiennent derrière. Lorsque le vent rompt les bandes de cigognes, elles se rassemblent en cercle , évolution quelles exécutent aussi lorsqu’un aigle les attaque.
C’est le défaut de nourriture plus que le froid qui fait voyager les oiseaux ; nos races insectivores et plusieurs granivores ne trouvant plus à l’entrée de l’hiver, qu’un sol dépouillé de ses productions , de sa verdure , et qui ne présente qu’une image de dépopulation et de mort , sont obligées de s’enfuir sous des ciéux plus prospères. L’hiver, saison de douleur , ne montre que des campagnes désolées ; les quadrupèdes sont confinés dans leurs tannières hybernales , les reptiles assoupis dans leurs souterrains , les poissons emprisonnés sous des plafonds de glace , les coquillages enfouis dans la vase ; les insectes , les vers engourdis , morts ou cachés, * l’herbe est flétrie , toute la nature attristée par les frimats : alors l’oiseau se prépare à voyager; dès l’équinoxe d’automne, l’hirondelle s’appelle sur les toits , rassemble ses enfans , sa famille ; elle prend le jour, l’heure ; rien ne l’arrêt^; elle part en troupe à point nommé avec le rumb de vent qui lui convient, et en traversant les bras de mer, sc repose dans les îles.
Dans un sage conseil par les chefs assemblé ,
Du départ général le grand jour est réglé;
Il arrive. Tout part: le plus jeune peut-être
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Demande, en regardant les lieux qui l’ont vu naître, Quand viendra ce printemps par qui tant d'exilés Dans les champs paternels se verront rappelés.
Louis Racixe, Points de la Religion.
Malheur aux imprudens restés dans lç pays natal , soit par négligence, soit à cause de la faiblesse de lage! Ils traînent une malheureuse vie en proie aux horreurs de l’indigence, au milieu desneiges-et desfrimats! Ainsi nos roitelets dans les plus fortes gelées, s’approchant de la ferme du laboureur, semblent lui demander l’hospitalité, et ils la payent par de petites chansons, comme de jeunes ménestrels aux portes du château d’un ancien seigneur.
Mais avec les mois des fleurs et des beaux jours ▼ont revenir nos charmans voyageurs , tandis que les oiseaux d’eaux et de marécages retournent dans leurs foides et tristes demeures. Les broussailles, les taillis , les bocages se repeupleront , et retentiront de nouveaux accens ; la verdure qui déjà renaît va couvrir de nouvelles nichées. Ainsi passe l’heureuse vie de ces peuples de l’air. Et qu’avons-nous plus qu’eux tous avec notre civilisation et nos arts , au déclin de nos années ? Combien est plus fortunée l’existence au sein de la nature , dans un délicieux séjour d’innocence et de paix , lorsque l'été ramène les frais ombrages parmi les bois !
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NOTES ET CLASSIFICATIONS Des huitième et neuvième Leçons.