‹ Histoire des mollusques dans l'antiquitéChapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis son apparition sur le globe, l’homme, à toutes les époques de sa vie, a su constamment associer à sa manière de vivre, la plupart des êtres qui partageaient avec lui une existence même des plus éphémères. En présence de l’œuvre immense de la création, déjà manifeste à ses yeux sous une innombrable variété de formes différentes, il devait nécessairement chercher à utiliser, pour ses propres besoins, toutesces données de la nature.

Dans sa lutte incessante vis-à-vis des éléments de toutes sortes plus forts et plus puissants que lui, après s’être tout d'abord procuré les aliments indispensables à sa propre existence, il dut s’efforcer de créer des armes pour sa défense, et des abrits pour le protéger contre ses ennemis. Il mit alors à contribution tout ce que la nature avait placé sous sa main. Avec l’éclat de la pierre et son tranchant, il fit sa

première arme et son premier outil. Secondé par son courage, il put désormais se défendre; tandis que, grâce à cette intelligence dont il était naturellement doué, il parvint bientôt à se créer des retraites capables de le protéger contre les intempéries ou les attaques des fauves.

Les plantes et les animaux suffisaient amplement aux besoins de son alimentation. Mais, par un heureux choix, il sut bientôt quels êtres il devait chasser de préférence, quels fruits ou quelles racines il devait récolter. Plus tard encore, à mesure que la bête s’effaçait devant l’homme, il voulut, par une sorte d’instinct inné chez lui, chercher à plaire ou à dominer ; et telle peau de bête, qui lui paraissait plus riche ou plus soyeuse, fut encore ornementée avec des pierreries ou des coquillages aux brillantes couleurs. Enfin, si, dans Île combat, il avait à payer par une sanglante blessure le prix de son courage, il sut chercher encore dans ces produits de la nature un remède à sa douleur.

Ainsi donc, les premiers actes de la vie de l’homme sur la terre ont eu pour conséquence naturelle l’utilisation, sous ses différentes formes, des animaux, végétaux ou minéraux : il se nourrit de la chair et se revêt de la peau des mammifères qui peuplent ces luxuriantes forêts ; avec la fronde ou Île javelot, il chasse les oiseaux, et va déjà pêcher avec un hamecon, découpé dans la nacre d’une coquille, les poissons des lacs ou des mers;s'il vit sur les rochers qui bordent les océans, il recueille les mollusques dont il mange l’animal et se pare de leur test; dans les plantes il trouve une alimentation plus rafraîchissante et un baume pour ses plaies; dans les pierres les plus dures, enfin, il taille une arme ou un outil, tandis qu’il conserve précieusement les gemmes les plus brillants pour en orner son corps ou ses vètements.

Plus tard il comprend alors tout le parti qu’il peut tirer des animaux élevés en troupeaux, et dont la fécondité Pali-

mente sans cesse ; il apprend qu’en cultivant un sol préparé, il peut lui faire produire chaque année une récolte abondante de la plante qu’il préfère. Tout cela le force à connaître les conditions de la reproduction et de la durée de la vie, les aptitudes, les mœurs et les maladies des différents animaux ou végétaux; et peu à peu ses connaissances vont en se développant, à mesure qu’il observe avec une attention plus soutenue.

Mais il arrive un moment où grâce aux progrès d’une civilisation bienfaisante, son esprit investigateur veut chercher à se rendre compte du pourquoi de chaque chose. Dans sa présomption sans bornes il veut essayer de soulever les voiles de cet insondable mystère de l'inconnu. La science devient consciente pour lui et passe à l’état de doctrine. Il analyse successivement chaque être, et dans chaque être, chaque organe ; il range et classe toutes les formes qu'il a sous les yeux, les compare entre elles, et en fait la description. Apprendre ou enseigner est pour lui le seul moyen de satisfaire son incessante curiosité. L'homme, enfin, croit qu’il sait parce qu’il est moins ignorant ; mais, comparé à ses devanciers il n’en a pas moins fait d'immenses progrès dans la connaissance des choses de la nature.

L'homme fut donc avant tout un véritable naturaliste dans toute l’acception du terme : naturaliste bien inconscient sans doute, mais certainement éclectique dans sa manière de faire, procédant plus encore par voie d’expérimentation que par simple intuition , et s’efforçant toujours de transmettre à ses descendants le fruit de son expérience, pour qu'une génération nouvelle puisse en profiter et se perfectionner encore à son tour.

Parmi tous ces êtres animés qui vivaient concurremment avec lui, l’homme a dû nécessairement connaître le Mollusque. C’est qu’en effet, de tous les animaux, le Mollusque paraît être

le plus ancien témoin de la création. Sans prétendre relever dans la succession des phases géologiques l’histoire des Testacés, nous voyons que, malgré la complexité apparente de leur organisme, ils ont été appelés, dès les premiers âges de la vie sur le globe, à peupler les anciens océans, se fixant sur le sol dès que les conditions physiques permirent à la plante d’y loger ses racines. A chaque période géologique nouvelle correspondait un monde zoologique nouveau, participant du monde ancien, se modifiant ou s’adaptant suivant ses propres conditions biologiques. Les Mollusques, plus encore peut-être que les autres animaux, ont pris part à ces évolutions successives en subissant des modifications plus complexes, plus radicales dans leur manière d’être. Et si nous voulons comparer le monde actuel au monde passé, nous serons frappé de la richesse et de la multiplicité des formes successivement éteintes.

Dans ces différentes phases de l’histoire de la terre, le Mollusque a toujours survécu à lui-même; et c’est ainsi que nous le voyons depuis les premiers dépôts marins jusqu’à nos jours. Mais dans ces transformations, combien d’espèces, de genres, de familles même, sont aujourd’hui à jamais disparues! Une empreinte souvent, hélas ! presque fugitive, un simple surmoulage enchâssé dans la pierre, sont parfois les seules preuves qui nous restent de tout ce monde passé.

A l’époque aussi ancienne qu'on peut le supposer de l’existence de l’homme, il y avait donctoute une faune malacologique terrestre ou aquatique. Cette faune a-t-elle ététoujours la même, telle que nous la voyons encore aujourd’hui? Non; car nous savons que l’homme, témoin des dernières perturbations géologiques qui ont donné au sol son relief actuel, a pu voir la faune comme la flore se modifier au moins une fois encore, avant d’être ce qu’elle est de nos jours. Et même, ne devonsnous pas reconnaître que plus d’une forme malacologique

contemporaine, ou des plus modernes, sous l'influence de causes locales, passagères ou permanentes, peut non-seulement encore se modifier, mais même disparaître à jamais ?

Quoi qu’il en soit, les Mollusques ne pouvaient échapper aux regards des premiers habitants de nos continents; et, comme nous aurons occasion de le voir, ces derniers surent de tous temps les utiliser de diverses manières. Mais, de même que les Mollusques marins semblent avoir vécu les premiers sur le globe, de même aussi ce sont les coquillages de la mer qui ont dû les premiers être mis en œuvre par l’homme. Certes, il connaissait bien aussi le Mollusque terrestre, quand vivant dans ces hautes forêts, il ne pouvait en quelque sorte faire un pas sans rencontrer ce petit être rampant à ses pieds, portant sur lui sa maison; mais quels services pouvait lui rendre pareil enfantement de la nature, alors qu’un abondant gibier suffisait amplement à son alimentation |

Pêcheur presque en même temps que chasseur, il rencontra dans le Mollusque des eaux douces ou salées une nourriture analogue à celle du poisson. Le Mollusque marin, baigné dans son liquide salé, n’avait besoin d’aucune cuisson pour être consommé ; tandis que le Mollusque terrestre, enveloppé de son mucus filant, semblait plutôt répugnant qu’agréable. Bien des peuples utilisèrent donc les Mollusques marins, et nous en avons la preuve dans ces innombrables Kjæœklken mædings ou amas de débris de cuisine, reconnus aujourd’hui dans une foule de stations, parfois bien distantes les unes des autres.

Quelques-uns de ces coquillages vivants ou fossiles ont dû frapper les regards des curieux ou des observateurs d’alors, par la beauté de leur forme, par la variété de leur ornementation, par la richesse de leurs couleurs. Dans le nombre quelques-uns paraissaient plus rares et partant semblaient

plus précieux; d’autres, rapportés des contrées lointaines, avaient nécessairement plus de valeur, comme étant plus nouveaux. Et comme dans tous les temps le désir de plaire ou de briller s’est manifesté chez l’homme, il crut sans doute paraître plus beau et plus puissant aux yeux de ses semblables, en parant son corps ou ses vêtements de quelques-unes de ces rares coquilles. Colliers, pendeloques, amulettes, pendants d’oreilles ou de narine, bracelets, etc., furent tour à tour faconnés avec des coquillages, et cela dans presque tous les pays.

Voilà donc le Mollusque servant à l'alimentation de l’homme ou à sa parure. Cette première phase de son histoire dura tout le temps de la période dite préhistorique; et même le retrouvons-nous encore aujourd’hui, dans toute sa vigueur, chez nombre de peuplades moins avancées que les autres dans les progrès de la civilisation.

Plus tard, devenu plus habile et en même temps plus investigateur, l’homme tire un parti nouveau des éléments constitutifs du Mollusque. Il en polit l'enveloppe testacée pour y desceller la nacre brillante ; il va chercher dans le manteau de l'animal la perle précieuse qui s’y cache; il trouve dans ses organes les plus internes une matière colorante nouvelle, la Pourpre ou l'Hyacinthe, dont il teint ses vêtements ; plus raffiné dans sa gourmandise, il parque et cultive certaines espèces pour donner à leur chaire une saveur plus délicate. Le Mollusque prend alors une valeur nouvelle; c’est un objet d'échange ou de commerce; on le vend et l’achète, et Dieu sait parfois à quel prix!

La légende et l'esprit imagé des anciens, si féconds dans le domaine du pittoresque, s'emparent à leur tour du Mollusque. Les dieux de la fable font jouer un rôle aux plus belles coquilles de la mer; le Gastéropode terrestre ou marin devient un symbole; ses allures lentes et rampantes sont autant de

termes de comparaison qui font image. La volute de l’'Escargot ou les formes variées des Nayades sont reproduites sur le marbre ou frappées sur des médailles à côté des plus belles effigies.

Bientôt un homme à l’esprit plus investigateur, voulant puiser dans les choses de la nature un nouvel enseignement philosophique, analyse le Mollusque dans les détails de son organisme, et lui assigne sa vraie place dans le classement méthodique des êtres. A Aristote, ce puissant génie, ce novateur fécond dans l’étude des sciences naturelles, était réservé un tel rôle. C’est lui qui le premier nous initie aux secrets anatomiques du Mollusque, en même temps qu'il fait l’histoire des principaux animaux reconnus à cette époque ; c’estlui qui nous fait connaître ses mœurs, sa manière de vivre, son mode de reproduction, nous apprend le rang qu’il occupe dans l’enchaînement des êtres de la création.

Mais, chose étrange, la somme d’érudition accumulée par un tel maître semble un trop lourd fardeau pour ses disciples. Après Aristote, et longtemps encore après lui, l'étude des Mollusques, comme du reste celle des autres branches de l’histoire naturelle, ne savent plus progresser. Aristote avait fait école ; mais, durant de longs siècles, ses successeurs n’ajoutèrent que bien peu de pages nouvelles à ses savants écrits. Pline, Dioscoride, Athénée, Galien et bien d’autres n’ont été en réalité, sous ce rapport, que d’intelligents compilateurs, qui, bien souvent, n’ont fait que surcharger les écrits du maître de légendes locales plus ou moins fantastiques et erronées.

Après les premiers siècles de notre ère, l’histoire naturelle est mise de côté; il n’est aucun traité nouveau qui en parle; l'esprit humain se porte dans une tout autre direction; les lettres priment les sciences, et dans l’étude des sciences, l’histoire nouvelle ne joue qu’un rôle des plus restreints. Il faut

franchir ainsi jusqu’à la Renaissance pour retrouver alors un nouvel élan scientifique. Avec Rondelet, Gesner, Bellon, Aldrovande, puis Klein, Schrôter, Gronovius et Lister, la Malacologie prend enfin sa vraie place dans la science et donne naissance à des traités plus complets, qui la présentent désormais sous son vrai jour.

Nous arrivons ainsi au siècle de Linné, le grand réformateur suédois, dont la méthode véritablement scientifique jette un jour tout nouveau sur la classification et l’appellation méthodique des êtres de la nature. Mais, sous l’influence d’un tel progrès, le monde des animaux ou des plantes, chaque jour accru par d’incessantes découvertes, semble trop vaste pour les étroites limites de l'esprit humain. Il se crée alors de véritables spécialités dans l’étude des êtres; désormais, la Malacologie, tout en gardant sa place dans l’histoire naturelle générale, fait acte d'autonomie et devient une science spéciale avec ses maîtres et ses adeptes.

Telle est à grands traits l’histoire de la Malacologie ; mais, si depuis les derniers siècles nous avons pu suivre et apprécier ses rapides progrès, son rôle dans les temps anciens est bien moins connu. Il nous a semblé intéressant de chercher le rôle qu’elle a pu jouer chez les différents peuples de lantiquité, jusqu'aux premiers siècles de notre ère. Les documents connus étaient, 1l est vrai, peu nombreux. Ce sont le plus souvent des pages éparses chez divers auteurs parfois étrangers à la science. Nous avons cru devoir les réunir, pour former un tout plus complet.

Pour arriver à nos fins, nous avons dû puiser à bien des sources et nous éclairer des lumières de savants compétents. Qu'il nous soit donc permis de leur adresser ici tous nos remerciements. MM. Bourguignat, Caillemer, Dissard, Guimet, le frère Euthyme, les abbés Guinand et Jacquand, MM. Lefébure, Lortet, de Millouë, Nevill, Regnaud, et plus

DANS L'ANTIQUITÉ. le)

particulièrement notre excellent ami M. le docteur Saint- Lager, nous ont prêté leur utile et bienveillant concours. Puissions-nous être arrivé à démontrer que si la Malacologie, telle que nous la comprenons aujourd’hui, est encore une science bien jeune, pour ainsi dire à son berceau, ses quartiers de noblesse n’en remontent pas moins à la plus

haute antiquité !

us Rx

MALACOLOGIE PRÉHISTORIQUE

Quoique l'étude de la préhistoire soit de date bien récente, il est aujourd’hui parfaitement reconnu que les Mollusques, soit terrestres, soit aquatiques, vivants ou même fossiles, ont joué un rôle des plus importants dans la vie de l’homme préhistorique. Des découvertes, pour ainsi dire incessantes, nous apprennent que, dans presque tous les pays, l’homme, à l’époque la plus reculée de son existence, a fait usage des Mollusques pour son alimentation, pour sa parure et même dans d’autres circonstances que nous aurons à examiner.

Nous n'avons pas la prétention de relever ici toutes les indications relatives à la découverte des coquillages dans les stations préhistoriques aujourd’hui connues; pareil sujet nous entraïînerait trop loin. Nous devons nous borner à résumer les faits principaux, à coordonner des observations souvent éparses, pour en déduire quelques conclusions générales. C’est en Danemark que l’on a cité pour la première fois la présence des Mollusques dans les stations préhistoriques. On connaissait depuis fort longtemps l’existence, sur un grand nombre de points de ce pays, d’amas considérables, presque exclusivement constitués par des coquillages, et connus sous le nom de Kjækkenmæddings (Kjækken, cuisine ;

mœdding, amas de débris ou de rebuts). Ces amas ont parfois jusqu’à trois mètres d'épaisseur sur une longueur de plus de trois cents mètres, et une largeur de quinze à vingt mètres. Pendant longtemps ils furent considérés par les naturalistes comme des grèves maritimes soulevées à la suite de quelques phénomènes géologiques.

Le savant professeur Steenstrup, après de longues observations, fut le premier à reconnaître que ces singuliers dépôts ne renfermaient que des coquilles adultes, de taille assez forte, appartenant à un petit nombre d’espèces, ayant pour la plupart des conditions biologiques différentes ; en outre, ces coquilles, comme on le voit dans toutes les plages anciennes ou récentes, n'étaient mélangées ni de sable, ni de graviers. Il arriva donc à en conclure que de tels amas n'étaient point dus à une formation géologique naturelle, comme on l'avait jusqu'alors supposé. La découverte de grossiers instruments en silex taillés, associés à des ossements portant encore la trace de l’outil qui avait servi à les dépecer, vint confirmer une telle supposition. Enfin, on observa que ces dépôts de coquilles se trouvaient dans le voisinage d’anciennes habitations appartenant à des populations absolument primitives. On finit donc par reconnaître que les plus antiques habitants de ces pays s'étaient servis de ces coquillages pour leur alimentation journalière, et qu'ils les avaient ensuite rejetés auprès de leur demeure, où ils s'étaient graduellement accumulés durant de longs siècles.

Grâce aux beaux travaux de MM. Steenstrup, Forchkammer, Worsaæ, Morlot, John Lubbock, et bien d’autres, ces dépôts sont aujourd’hui parfaitement connus. D’après sir John Lubbock, on peut y rencontrer les espèces suivantes (1):

(1) John Lubbock, L'homme avant l'histoire. Paris, 1807, p. 152.

Ostrea edulis, Linné. Mytilus edulis, Lin.

Cardium edule, Lin. Litiorina littorea, Lin.

Ces quatre espèces, toutes comestibles, sont de beaucoup les plus communes; c'était là, évidemment, la base de l’alimentation malacologique des peuplades danoises, de cette époque.

Mais en même temps, on trouve également :

Venus pullastra, Montg. Littorina obtusa, Lin. — aurea, Gmelin. Helix nemoralis, Lin.

Trigonella plana, da Costa. Steel, Drap:

Nassa reticulata, Linné. — lapicida, Lin.

Buccinum undatum, Lin.

Toutes ces coquilles sont marines, sauf les trois dernières, qui font partie de la faune terrestre. Mais un fait bien digne de remarque, c’est que la plupart de ces coquilles, surtout le Cardium edule et le Littorina littorea, sont de taille plus forte que les formes de même espèce vivant actuellement dans le pays. Il y aurait donc eu une dégénérescence notable depuis cette époque, au moins pour ces deux espèces. Nous aurons encore occasion de constater de pareils faits pour d’autresstations différentes. « L’Huître, ajoute sir John Lubbock, a presque entièrement disparu, et on ne la retrouve plus même que dans quelques rares endroits du Cattégat, disparition qu’on peut en partie, peut-être, attribuer aux quantités prises par les pêcheurs. Cependant, il y avait encore au commencement de ce siècle quelques Huîtres dans l’Isefjord, et l’on ne peut entièrement attribuer leur destruction aux pêcheurs, car on trouve une grande quantité d’'Huîtres vides. » On comprend toute l'importance qu’il y a à relever de pareils faits permettant de retracer l’histoire biologique des Mollusques.

Ces populations préhistoriques du Danemark devaient vivre, sans doute, à la facon de certains habitants actuels de la

Terre-de-Feu. Darwin, dans son voyage à bord du Béagle, cite des peuplades du sud de l'Amérique qui vivent encore presque exclusivement de Mollusques, dont ils amassent aussi les débris non loin des plages où ils vont les pêcher.

Une fois cette première constatation bien établie, on fut tout surpris de trouver de semblables amas de cuisine, dans nombre de stations fort éloignées les unes des autres. Tantôt ces dépôts sont en plein air, au voisinage même de la mer; tantôt au contraire, nous les voyons plus enfoncés dans l’intérieur des terres ; parfois même une grotte ou une caverne leur sert d’abri. Leur faune, empruntée surtout aux océans voisins, est parfois desplus variées ; car presque toujours les coquilles marines semblent dominer de beaucoup dans le nombre. Faut-il en conclure qu’elles étaient préférées aux coquilles terrestres ou à celles des eaux douces ? Certes, le Mollusque marin baigné dans son eau salée a toujours plus de saveur que lP'Unio ou l’Anodonte récolté dans les eaux douces ; et l’on comprend sans peine que le Mollusque terrestre entouré de sa bave ne peut leur être préféré qu'après avoir subi l'effet de la cuisson. Mais disons aussi que les coquilles terrestres et celles de nos eaux douces, avec leur test plus mince et plus fragile que celui de la plupart des coquilles marines, ont très-bien pu ne pas se conserver aussi facilement, depuis des temps aussi éloignés.

Si du Danemark nous passons aux autres contrées de l'Europe, nous retrouvons de semblables Xjækkenmœædings un peu partout. En France, nous en voyons dans plusieurs départements. A Saint-Georges-de-Didonne, dans la Charente- Inférieure, ce sont des couches de quatre-vingts centimètres d'épaisseur contenant des silex taillés, des débris d’une poterie grossière, des ossements de mammifères, etc., disséminés dans une grande quantité de coquilles marines,

d'Huîtres, de Moules, etc. (1). Plus au sud, aux Moliètes, à trente-cinq kilomètres de Dax, dans les Landes, on trouve encore de puissants amas de coquilles comestibles qui ont fait donner au pays le nom de Carquillot. De tels dépôts, d’après la nature des objets travaillés qu’ils renferment, sont sans doute aussi anciens que ceux observés en Danemark.

En Angleterre, nous voyons des dépôts analogues, mais alors sans doute, d’origine plus récente. Il existe dans l’île de Herm un amas exploré par J.-W. Flower, qui serait contemporain de l’époque romaine, ou même postérieur à celui de Ventnor signalé par MM. Hodder et Westropp. Dans la grotte de Little Hoyle ou Longbury-Bank, près de Tenby, dans le Pembrotkeshire, M. Wilmot Power a signalé dans des amas de cuisine composés de coquilles d'Huîtres, de Patelles, de Clovisses, etc., des instruments en pierre, associés à des poteries romaines, voire même un débris d’une sorte de faïence grossière façonnée à la roue. Cette grotte avait dû être habitée par les Ibères alophylles des premiers temps historiques (2). Plus au nord encore, dans le Groënland, de pareils dépôts se retrouvent également; mais ils sont incontestablement plus anciens. M. Hildebrand en a signalé la présence, dans les Mémoires de la Société suédoise d'anthropologie (3).

Si maintenant nous descendons les côtes océaniques au sud de la France, jusqu’au Portugal, nous y retrouverons encore des exemples de ces mêmes amas. Là, dans la vallée du Tage, à 66 kilomètres de la mer, à Cabeco d’Arruda, M. Ribeiro a reconnu des amas de cuisine composés surtout de valves du Zutraria compressa (4). Il peut paraître étrange de trouver

(1) Compte-rendu du Congrès de Lille en 1874, D:#502:

(2) Matériaux pour l'histoire de l’homme, t. XV, 1880.

(3) Société suédoise d'anthropologie, Stockolm, 1876.

(4) Association française Pour l'avancement des sciences, session de Paris, p. 805.

ces coquilles aussi loin de la mer; mais, ajoutons qu’à l’époque préhistorique, alors qu’elles ont dû être consommées, les vastes plaines de la vallée du Tage n’existaient pas encore, et ces peuplades primitives ont dü sans doute établir leur demeure tout près de la mer qui baignait alors les rivages aujourd’hui émergés.

Poursuivant plus loin nos investigations, nous allons encore retrouver de semblables dépôts en dehors du système européen, en Asieet même en Amérique, dépôts appartenant toujours à cette même époque dite préhistorique.

Au Japon, M. Von Siebold a découvert, dans la province d’Yamoto, des grottes ayant servi de sépulture et dans l’intérieur desquelles il existait des amas de coquilles tout à fait analogues aux Kjækkenmæddings danois. Dans ces amas gisaient des pierres taillées de formes diverses, les unes brutes, les autres polies et ornementées, des outils en corne et en os, des dents de sanglier, des arêtes de poisson, des vases et des tessons d’argile, mais aucune trace de fer, ni de bronze. Sans doute, bien des générations s’étaient succédé durant l’amoncellement de semblables dépôts. M. Von Siebold les rapporte à une population primitive, les Ainos, qui devaient vivre à la facon de nos anciens Danois (r).

En Amérique, de pareilles stations coquillères sont nombreuses. Au Congrès anthropologique de Bologne, M. le D' Ch. A. White a donné de précieux renseignements sur les Kjækkenmædings de l'Amérique du Nord : « Des amas de coquilles ont été explorés en Amérique, dans la Nouvelle- Ecosse, le New-Jersey, le Maine, le Massachusetts, et sur plusieurs points de la rivière de Saint-Jean, dans la Floride. Tous ces monticules sont identiques avec ceux du Danemark.

(1) Dr Much, Sur la priorité du fer ou du bronze dans l’Asie orientale, in Dr von Siebold, in Zeitschrift fur Ethnologie, etc., X, Jahr. S, p.428. — Matériaux pour l'histoire de l’homme, t. XVI, p. 141.

On y trouve des poteries grossières, des flèches en silex, des haches de pierre, des couteaux de trapp, de silex ou de quartz, grossièrement taillés, mais jamais de métal. La faune dont on y rencontre les débris, Mammifères, Oiseaux, Poissons ou Mollusques, est identique avec la faune actuelle des parties de l'Amérique où ils sont situés. Non-seulement il existe de ces monticules de coquilles marines sur les bords de la mer, mais on en retrouve encore dans l’intérieur du continent, sur les rives du Mississipi, le long de la rivière Saint-John, de la rivière des Cedrès, etc. ; seulement, alors, ce sont des accumulations de coquilles d’eau douceet principalement d'Unios. Ils sont généralement moins étendus que ceux des bords de la mer. M. White connaît près de trente de ces amas, dont les plus remarquables sont ceux qui se trouvent près des villages de Keosangua, Sabula et Bellevue (1). »

Les coquilles d’eau douce trouvées dans ces dépôts sont les suivantes: on remarquera que la plupart ont un test plus solide, plus épais que celui de nos Nayades européennes; c’est à cela sans doute qu’il faut attribuer leur conservation.

Paludina integra, Say.

Unio Œsopus, Green. Unio plicatus, Say.

— anodontoides, Lea. — pustulosus, Lea.

— crassus, Say. — rectus, Lamck.

— ebenus, Lea. — rugosus, Barnes.

— gibbosus, Barnes. — luberculatus, Barnes. — nodosus, Barnes. — undatus, Barnes.

— ovaltus, Say. — ventrosus, Barnes.

Mais voici une disposition nouvelle de ces amas de coquilles; le Mollusque cru n'est plus du goût de nos sauvages; ils deviennent raffinés dans leur alimentation, et improvisant le

(1) Congrès anthropologique de Bologne, 1852, in Matériaux pour l’histoire de l’homme, t. VII, p. 294.

plus simple des fours de campagne, ils y font cuire leur cuisine. « Dans le sol argileux des rives du Mississipi, dit le même auteur, on trouve un grand nombre de trous d’environ cinquante centimètres de diamètre et autant de profondeur, dont les parois présentent des traces certaines de feu, et qui sont remplis de coquilles, d'os longs d'animaux, tous brisés, et de morceaux de charbon. Il est évident que la terre a été chauffée au moyen de feu allumé dans le trou, que l’on y a mis ensuite les coquilles et autres aliments, et que l’on a recouvert le tout pour que la cuisson ait lieu au moyen de la chaleur concentrée. »

Les Sambuquis du Brésil sont encore de véritables Kjækkenmædigns, tout à fait analogues à ceux du Danemark, mais, ilest vrai, de date moins ancienne. D’après M.Wiener (1), les Sambuquis se rencontrent le plus souvent dans les terrains marécageux; tantôt ils sont à quelques milles du rivage, tantôt, au contraire, on les voit jusqu’à soixante kilomètres dans l’intérieur des terres. Il y en a de trois formes. Le premier type est peu élevé, avec un profil comparable à celui d'un rempart ; le second type, en forme de colline ou monticule isolé, s'appuie contre une montagne ou un rocher; enfin le troisième type est de forme conique et absolument isolé; les coquilles qui les composent sont surtout des bivalves appartenant à la famille des Vénéridæ ainsi que des Corbules; les valves d’Huîtres y abondent ; les Cardiums et les Mélampes sont plus rares. Selon M. Wiener, ies populations qui ont édifié ces Sambuquis devaient être des anthropophages, car au milieu de ces débris on trouve des ossements humains rongés et brisés. Quelques siècles seulement nous sépareraient de l’époque où ils ont été construits.

(1) Ch. Wiener, Situation topographique, formes et dimensions des Sambuquis du Brésil et matériaux y contenus, in Archives du Musée national de Rio-Janeiro, t. I, 1876. — Matériaux pour l'histoire de l'homme, t XIT; 1877, P. 21.

Ainsi donc, comme on a pu le voir par ce qui précède, de tous temps, à toutes les époques de la vie, et presque dans tous les pays, l’homme primitif a su tirer un utile parti des Mollusques pour sa propre alimentation. Nomade ou sédentaire, il utilisait cette précieuse ressource que la nature mettait à sa disposition, et qu’il pouvait consommer sans préparation particulière. Avait-il fixé son séjour près des rivages maritimes, il puisait à son gré dans l’océan une abondante nourriture, préférant les Bivalves aux Gastéropodes, comme étant sans doute plus faciles à vider. Réfugié dans l’intérieur des terres, il se contentait du Mollusque terrestre qu'il faisait cuire, ou mieux encore des Bivalves pêchés dans les lacs et les cours d’eau. Tout cela à duré bien des siècles ; car nous savons à quelle industrie et à quel commerce donnent lieu de nos jours la culture et l'importation des Mollusques comestibles ; malgré une consommation sans cesse croissante, malgré les millions d’'Huîtres, de Moules, de Praires, de Clovisses, d'Escargots absorbés chaque année dans nos grands centres, nous sommes bien loin d’arriver à accumuler nos débris à la façon des grands Xjœækkenmædings des temps passés.

Mais là ne se bornait pas, durant les temps préhistoriques, l’utilisation des Mollusques de toutes sortes. Les coquillages servaient encore à d’autres usages. C'était parfois un objet de parure, un ornement du corps, un signe hiérarchique des puissants du jour. Les pièces les plus belles et les plus rares étaient précieusement conservées. A l’aide d’un silex tranchant ou pointu, un trou était pratiqué à l'extrémité de la coquille, et servait à l’enfiler à la manière des perles les plus belles. On la portait ainsi suspendue au cou ou aux oreilles ; d’autrefois, on découpait dans la nacre brillante d’une valve de coquille, des rondelles plus ou moins grossières ; percées au centre, elles étaient ensuites disposées en forme de colliers,

tantôt seules, tantôt alternant avec des pierres plus ou moins précieuses, mais d’une autre coloration; au centre figurait une coquille plus grosse et plus rare. De tels ornements ont été rencontrés un peu dans tous les pays, à des époques différentes, mais toujours dans des conditions d’origine absolument similaires. Nous en rappellerons quelques exemples. M. Cartailhac, notre célèbre anthropologiste, après avoir fouillé le dolmen de Visnac dans l'Aveyron, a reconstitué un collier composé d’une série de perles en os arrondies, alternant avec une cinquantaine de petits disques percés au centre, faits avec le test de coquilles bivalves, Cardiums ou Pectens ; en même temps, il a trouvé trois pendeloques faites avec des coquilles également perforées. Dans le dolmen de Viala, à Saint-Léon, dans le même département, un autre collier était fait avec des coquilles univalves de Columbella rustica, enfilées dans le sens de leur grand axe, et complété par une pendeloque faite d’un fragment de coquille. (r). Nous pourrions citer également, dans le même ordre d'idées, les stations préhistoriques suivantes, où des coquilles de Gastéropodes et de Lamellibranches ont été trouvées perforées, servant de pendeloques ou de pièces decolliers; les dolmens de Sainte-Rome-de-Tarne, de Noguiès et de Saint- Affrique dans l'Aveyron ; Bize près Narbonne, dans l'Aude; la grotte sépulcrale de Villehonnem, dans la Charente; les grottes de Saint-Moré, du canton de Vezelay, dans l'Yonne; la grotte des Fées, dans la commune de Marcamps, dans la Gironde ; la caverne de Rochebertier, de la vallée de la Tardoise, dans la Charente; les allées couvertes du bois de Bellaye, dans l'Oise ; les tumuli du Vivarais; la grotte dolmen de la Garenne-de-Verneil, dans la Marne, etc. (2). Comme

(1) Cartailhac, Nouveaux dolmens du centre de l'Aveyron, in Matériaux pour l’histoire de l’homme, t. XI, 1876, p. 84. (2) Dans son ouvrage, Age du Bronze, Recherches sur l'origine de la

on le voit, ce ne sont point là des faits isolés, ou en quelque sorte accidentels.

Si les coquilles marines figurent de préférence dans ces antiques joyaux, la nacre des Nayades d’eau douce n’est cependant point dédaignée ; mais souvent plus mince et plus fragile, elle a dû se conserver moins facilement à travers les siècles. Dans les puits funéraires de Tours-sur-Marne, près Chalons-sur-Marne, M. Auguste Nicaisea découvert une pendeloque taillée en forme de hachette, percée d’un trou à son extrémité supérieure et découpée dans la valve d’un Unio; en même temps se trouvait une coquille de Cardium également percée d’un trou dans la région du sommet. Mais de tels exemples, où les coquilles d’eau douce sont associées aux coquilles marines, sont incontestablement peu nombreux (1).

Les fouilles pratiquées par M. E. Rivière à Baoussé-Roussé, près de Menton, vont nous donner quelques éclaircissements sur la manière dont les troglodytes d’alors se paraient avec des coquillages (2). Ici ce sont des Nasses, des Buccins, des Columbelles, des Cypræa, tous percées de part en part, alternant avec des canines d'animaux également perforées. Ces coquilles et ces dents réunies devaient, d’après M. E. Rivière, constituer sur la tête, soit une résille, soit une sorte de couronne. On les retrouve encore en grand nombre autour des clavicules, près du scapulum et des vertèbres cervicales, où elles devaient former un collier; elles sont moins nom-

métallurgie en France, M. E. Chantre a donné, t. II, p. 38 et seq., la composition du mobilier funéraire d’un certain nombre de dolmens français de l’âge du bronze ; il indique une trentaine de stations où ont été trouvées des coquilles percées ayant, pour la plupart, servi à des pendeloques ou des colliers ; ce sont surtout des Cerithium, Columbella, Buccinum, Cardium, Pecten, d'espèces indéterminées.

(1) Auguste Nicaise, Les puits funéraires de Tours-sur-Marne, près Chalons-sur-Marne, 1856, 1 br. in-8°, 32 p. et 2 pl.

(2) E. Rivière, Sur trois nouveaux squelettes humains dans les grottes de Menton, in Matériaux pour l’histoire de l’homme, t. Il, p. 94.

breuses dans la région du coude, où elles constituaient un bracelet. Ces mêmes coquilles paraissent faire défaut aux membres inférieurs ; une seule Cypræa était pourtant encore adhérente au fémur gauche, un peu au-dessous du grand trochanter, et une autre coquille de même espèce, également percée, était enfoncée dans lesol, près de l'extrémité supérieure du fémur droit.

On peut dire que toute la faune malacologique était ainsi mise à réquisition par les premiers habitants de la Gaule, soit pour leur alimentation, soit pour tout autre usage. En effet, si nous faisons le relevé des différentes espèces de coquilles qui ont été signalées dans les fouilles pratiquées en France et à Grimaldi, nous voyons que près de 30 espèces de Lamellibranches et plus de 60 Gastéropodes ont été mis en usage par ces peuplades primitives ; à part quelques Unios ou quelques Anodontes, ce ne sont absolument que des coquilles marines. Nos Gastéropodes terrestres, le simple et vulgaire escargot, parfois si recherché par nos collectionneurs, n’était alors point digne de figurer dans la parure de l’homme préhistorique, à côté des trésors abondamment puisés dans les eaux de la mer.

Non-seulement les coquilles vivantes servaient à parer nos premiers pères, mais encore les coquilles fossiles, ellesmêmes, semblaient très recherchées pour le même usage. On en a retrouvé dans un grand nombre de stations appartenant à des formations géologiques bien différentes, mais provenant parfois de gisements fort éloignés. Les grottes de la Madeleine et de Laugerie-Basse, dans la Dordogne; la grotte de Burniquel, dans le Tarn-et-Garonne; la grotte de Gourdan dans la Haute-Garonne; la grotte du Placard, près de Rochebertier, dans la Charente; la grotte des Fées, près Marcamp, dans la Gironde; et tout aux portes de la France, les célèbres grottes de Grimaldi, dans la province de Porto-Maurizio,

ont permis de constater cette singulière préférence des coquilles fossiles pour la parure. M. le docteur P. Fischer a pu déterminer bon nombre de ces Mollusques. Nous aurons à lui faire bien des emprunts (1) dans la liste que nous allons donner des coquilles fossiles employées par les peuplades préhistoriques de la Gaule, avec l'indication de leur provenance primitive :

Cypræa afinis, Duj.(des faluns de la Touraine). Laugerie.

— subannulatus, d'Orb. (miocène de Dax). Gourdan. — fabagina,. Lamck. (miocène de Dax). Marcamps. Cerithium bidentatum, Gratel. (faluns de la Touraine). Lau-

gerie, Rochebertier.

— inconstans, Gratel. (faluns de Bordeaux). Rochebertier.

— papaveraceum, Bast. (fal. de la Touraine). Laugerie. — plicatum, Brug. (miocène de Dax). Marcamps. — minutum, de Serres (fal. de la Touraine). Laugerie. — cornucopiæ, Sow. (nummulitique). Grimaldi.

Terebra modesta, Brocchi (fal. de la Touraine). Rochebertier. — fuscata, Brocchi (pliocène d'Italie). Grimaldi. Natica angustata, Gratel. (miocène inf. des Landes). Gourdan- — paristensis, Desh. (éocène du bassin de Paris). Rochebertier.

Turritella vermicularis, Brocchi (pliocène de Perpignan). Gourdan.

—— Archimedis, Brong. (pliocène d'Italie). Grimaldi. — turris, Bast. (miocène de Dax). Marcamps.

Pleurotoma undatiruga, Biv. (pliocène d’Italie). Marcamps, Grimaldi.

(1) P. Fischer, Sur les coquilles récentes et fossiles trouvées dans les cavernes du midi de la France et de la Ligurie, in Matériaux pour lhistoire de l’homme, t. XI, 1876, p. 482.

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