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XIXe SIÈCLE.
Traite des noirs. — Marchand d'esclaves. — Un vaisseau négrier. — Affiches d'une ville à esclaves. — La réserve dun négrier, au poit. — Son apparente bonhomie. — Son départ cauteleux. — Le négrier en mer. — Son équipage. - Profils et portraits. - Photographie du capitaine. — Drame ou négrier VHippolyte, en 182f>. — Arrivée si.r les côtes d'Afrique. — La nuit en mer et au désert.— Appel des vendeurs de nègres.
— Caravanes sinistres. — Vente de nègres et de négresses. — Détails sur la traite. — Horrible tableau. — Douleurs et déchirements. - Arrimage d'un négrier — ("aie et entre-pont. — La chaîne commune. — Ce qui se passe à bord. — Prix de !a chair humaine. — Retour du négrier. — Navigation. — Les écuries. —Oiseaux sans plumes.
— Où préside le capitaine. — Les coussins de pied du tyran. — La danse forcée.
— Tarn tam et Griole. — Le désespoir des négresses. — Suicides. — Meurtres nocturnes. — Les mystères delà nuit. — Le supplice du fouet. — Mot dune mère. — Comment s'empoisonnent les nègres. — Lamboya ! Lomboya ! — Martyres indicibles. — I e Casimir noir. — Peste. — Trépas sans nom.— Où respirent les nègres. — Colères ou capitaine. — Tempête. - Famine. — Un navire en croisière. — Chasse et pour suite. — L'Antigone. — Combat et victoire. — Les nègres délivrés. — Naufrage dans les débouquements de Saint-Domingue. — Nuit de terreur. — Le radeau. - Les nègres abandonnés. — L île Morgane. — Le navire misa stc. — 1 esnègies 'îavestis. — Fin du danger. — La cargaison de noirs sauvée. — Dénoûment. — La pèche de la morue. — Incendie sur mer, en 1829. — Le Goéland. — Péripéties. — Tableau incomparable. —La jeune fille sur la yole. — La fuite. — Le retour. — Double danser. — Terre ! Terre ! — Délivrance.
Le drame révoltant dont il est ici question, s'appelle la Traite des noirs : le trafiquant se nomme le Marchand d'esclaves, et le vaisseau qui amène les victimes, pieds et poings liés, entassés côte à côte dans l'étroit espace d'un entre-pont, est stigmatisé du titre de Négrier. Nous allons donc parler de cet affreux cloaque de chair humaine qui porte ce nom.
Avant d'entrer en scène, je dois rappeler ici que ce que je
vais dire s'applique, non pas à un navire, mais à mille, qui font l'odieux irafic dont je parle.
Supposez sur la côte orientale de l'Amérique du Nord une large baie, protégée des vents et des vagues de la haute mer par un cap rétréci, mais prolongé. Du côté de la mer, il présente une plage unie et sablonneuse ; de l'autre, il est dentelé par des anses qui forment divers mouillages où les vaisseaux viennent chercher un abri contre les grains de l'ouest. Une ville est assise joyeusement sur la côte; elle est entourée de gracieuses villas, dont les jardins sont émaillés de nombreuses têtes de noirs qui travaillent sous les chauds rayons du soleil. Si la vue de ces nègres, courbés sur le sol qu'ils arrosent de leurs sueurs, ne suffisait pas pour vous dire que, dans cette contrée, l'esclavage est malheureusement un fait légal, pour en donner la preuve, il suffirait de lire ces affiches placardées dans les rues de la cité :