LE LIVRE DE JOB
En la terre de Hus vivait un très-saint homme, De la diphthongue Job l'Écriture le nomme. Il s'écartait du mal par crainte du Seigneur, -,. Et n'allait point au vice, étant simple de cœur. Pourtant il eut bientôt une grande famille; Trois fois madame Job accoucha d'une fille, Mais Job, y prenant garde, eut après sept garçons. Trois fois mille chameaux et sept mille moutons Paissaient avec des bœufs, dont le millier indique Que Job avait encore un nombreux domestique, Dont par deux mots la Bible évite le détail, Donnant, comme toujours, préséance au bétail. Veuves de leurs époux, plus de cinq cents ànesses, Par leur lait pectoral augmentaient ses richesses, Ou le rendaient dispos pour peu qu'il en eût bu. ?1
.', . 1. Version conçue d'une manière peu biblique.
Tel est des biens de Job le fidèle inventaire,
Que l'Esprit-Saint a fait aussi bien qu'un notaire.
Si. par un grand malheur, l'Écriture a perdu
La carte du village où ce monde a vécu,
Toujours est-il que Job fut grand propriétaire
Admis dans les congrès chez les Orientaux,
Et de son double vote ôtant les libéraux.
Aussi, tous ses enfants, plongés dans la liesse,
L'un chez l'autre invités et couronnés de fleurs,
En fêtes, en festins, consumaient leur jeunesse,
Et, pour plus grand plaisir, à leurs trois jeunes sœur*
Envoyaient les landaus qui roulaient en Judée;
De leurs petits soupers l'ivresse était guidée
Par ces tendres beautés qui buvaient des liqueurs,
Et d'entremets friands savouraient les douceurs.
Quand le cercle trop court de ces belles journées,
Séparait par sa tin leurs troupes étonnées,
Soudain de ces repas Job narguant les effets,
Pour les purifier détachait ses valets;
Et du lit conjugal se levant dès l'aurore,
Au nom de ses enfants qui sommeillaient encore,
D'un pieux holocauste il présentait l'encens;
Car du sieur Azaîs Job ayant tout le sens,
Des compensations connaissait le système.
Et voici comme au texte il se parle à lui-même :