‹ Histoire des œuvres de H. de Balzac (volume 2)Chapitre 94 sur 195 · I. Le Martyr calvini I m ! m L846), Sui i Médi i II. La · texte numérisé non relu

I. Le Martyr calvini I m ! m L846), Sui i Médi i II. La

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Études analytiques. Première édition. Fin du tome XVI de La p la

it humaine. Un volume in-8», chez Furne, Dubochet ei Hetzel, Il 16, ei tome will

: rentier tome complémentaire, an volume in-8°, chez madame Hous-

s.aux. . lûmes renferment : — Tome XVI. Physi i.— Tome XVIII.

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chétifs do l'allée septentrionale, en levant la tête de temps en temps pour interroger par un regard les croisées des maisons de jeu. Mais l'heure à laquelle les fatales portes de ces antres silencieux doivent s'ouvrir n'avait sans doute pas encore sonné, car il n'aperçut, à travers les vitres, que les employés oisifs et immobiles, dont les figures, toutes stéréotypées d'après un modèle ignoble et sinistre, ressemblaient à des larves attendant leur proie. Alors, le jeune homme ramena ses yeux vers la terre, par un mouvement de mélancolie.

Sa marche indolente l'ayant conduit au jet d'eau, dont le soleil illuminait en ce moment les gerbes gracieuses, il en fit le tour, sans admirer les jeux colorés de la lumière, sans même contempler les mille facettes de l'eau qui frissonnait dans le bassin. Toute sa personne accusait une insouciance profonde des choses dont il était entouré. Un sourire amer et dédaigneux dessinait de légers plis dans les coins de sa bouche. Son extrême jeunesse donnait un intérêt pénible à l'expression de froide ironie fortement empreinte dans ses traits, et c'était un étrange contresens dans un visage animé de brillantes couleurs, dans un visage resplendissant de vie, étincelant de blancheur, un visage de vingt-cinq ans. Cette tête captivait l'attention. 11 y avait, sur ce front pâle, quelque secret génie. Les formes étaient grêles et fines, les cheveux rares et blonds. Un éclat inusité scintillait dans ces yeux, tout endormis qu'ils étaient parla maladie ou par le chagrin...

A voir ce jeune homme, les poètes auraient cru à de longues études, à des nuits passées sous la lueur d'une lampe studieuse ; les médecins auraient soupçonné quelque maladie de cœur ou de poitrine en remarquant la rougeur des joues, le cercle jaune qui cernait les yeux, la rapidité de la respiration ; les observateurs l'eussent admiré; les indifférents lui auraient marché sur le pied...

L'inconnu n'était ni bien ni mal mis. Ses vêtements n'annonçaient pas un homme favorisé do la fortune ; mais, pour surprendre les secrets d'une profonde misère, il fallait un physiologiste sagace, qui sût deviner pourquoi l'habit avait été fermé avec tant de soin !...

Le jeune homme alla s'appuyer sur un des treillages en fer qui entourent les massifs ; et, se croisant les bras sur la poitrine, il regarda les bâtiments, le jet d'eau et les passants d'un air triste mais résigné. Il y avait dans ce regard, dans cet abandon, bien des efforts trahis, bien des espérances trompées; et, dans la contraction des bras, un bien puissant courage. L'impassibilité du suicide siégeait sur ce visage. Aucune des curiosités de la vie ne tentait plus cette âme, tout à la fois turbulente et calme.

Le jeune homme tressaillit soudain ! Il avait, par une sorte de privilège infernal, entendu sonner l'heure, ouvrir les portes, retentir les escaliers... Il regarda les fenêtres de la maison de jeu. Des têtes d'homme allaient et venaient dans les salons... 11 se redressa et marcha sans empressement; il entra dans l'allée, sans fausse pudeur, monta les escaliers, franchit la porte, et se trouva devant le tapis vert, plus tôt peut-être qu'il ne l'aurait voulu, tant les âmes fortes aiment une plaidailleuse incertitude!...

L'assemblée n'était pas nombreuse. Il y avait quelques vieillards à tète chenue, à cheveux blancs, assis autour de la table; mais bien des chaises restaient

rides... I a ou deux étrangers, donl les Qgures méridionales brûlaient de désespoir et d'avidité, tranchaient auprès de ces vieux visages experts des douleurs du jeu, et semblables à d'anciens forçats qui ne s'effrayent plus des galères... — Les tailleurs et les banquiers immobiles jetaient sur les joueurs ce regard blême et assuré qui les tue... Les employés se promenaient nonchalamment. Sept ou huit spectateurs, rangés autour de la table, attendaient les scènes que les coups du sort, les figures des joueurs et le mouvement de l'or allaient leur donner. Ces désœuvrés étaient là, silencieux, attentifs... Us venaienl dans cette salle comme le p mple va à la Grève. Us se regardèrent des yeux les uns les autres au moment ou le jeune homme prit place devant une chaise, sans s'y asst oir.

— Faites le jeu!... dit une voix grêle.

Chaque joueur pouta.

Le jeune homme jeta sur le tapis une pièce d'or qu'il tenait dans sa main, et yeux ardents allèrent alternativement des cartes à la pièce, de la pineaux cartes. Les spectateurs n'aperçurent aucun symptôme d'émotion sur cette figure froide et résignée p mdant le moment rapide que dura le plus violent combal par les angoisses duquel un cœur d'homme ait été torturé. Seulement. L'inconnu ferma les yeux quand il eut perdu, et ses lèvres blanchirent ; mais il releva bientôt s,» paupières, ses lèvres reprirent leur rougeur de corail, il regarda le râteau saisir sa dernière pièce d'or, affecta un air d'insouciance et disparut sans avoir cherché la moindre consolation sur les figures glacées des assistants.

n descendit les escaliers en sifflant le Di tanti palpiti, si bas, si faiblement, ([u ■ lui seul, peut-être, en entendait les notes; puis il s'achemina vers les Tuileries d'un pas lent, irrésolu, ne voyant ni les maisons, ni les passants, marchant comme au milieu du désert, n'écoutant qu'une voix, — la voix de la mort, — et perdu dans une méditation confuse, où il n'y avait qu'une pensée...

[1 traversa le jardin des Tuileries, en suivant le plus court chemin pour se rendre au pont Royal; et, s'y arrêtant au point culminant des voûtes, son regard plongea jusqu'au fond de la Sein ...

Dans la Revue des Deux Mondes de mai 1833 parut un autre fragment intitulé une Débauche; il était accompagné de la note suivante, qui se rapporte à la page Zi6, Iigne30, aux mots « et Canalis? » nom auquel, dan- la première édition, était substitué celui de Victor Hugo :

Obligé de donner de l'actualité à son livre, l'auteur a fait parler dans ce banquet les convives avec la liberté que supposent 1" vin et la bonne chère ; mais il espère que son opinion sur des hommes dont il estime sincèrement les ouvrages pas susp

il faut remarquer que, dans la première version de ce fragment, qui va delà page 37, dernier paragraphe, à la page 53, ligne Ht, tous les noms cités étaient des noms de personnages réels que Balzac remplaça plus tard par ceux des acteurs de la Comédie humaine

il a fait ce même changement chaque fois que cola fut possible dans toutes ses premières compositions lorsqu'il les ht entrer dans son œuvre complète, réunie et enchaînée.

Enfin, un autre fragment de cette œuvre parut dans la Revue de Paris du 27 mai 1831, sous le titre de : Le Suicide d'un poêle. Il commence dans l'édition définitive aux mots « La vie de dissipation » page 1/|0, ligne 20 et se termine aux mots « furent protestées », page 147, ligne 36. Il était précédé, dans la Revue de Paris, des lignes suivantes :

Nous sommes heureux de pouvoir, par ce fragment, venir en aide à l'impatience publique, dès longtemps préoccupée de l'apparition de ce livre. Quelquelectures de salon lui ont donné, avant sa naissance, une immense renommée, que ne parait pas devoir démentir le commencement de publicité qu'il reçoit ici. Vingt fragments pour le moins aussi remarquables étaient à notre disposition.

Un jeune homme, voué d'abord à une vie studieuse et solitaire, est tout à coup tiré de sa mansarde par le despotisme d'une première passion. Sa maîtresse est une femme du monde, vaine, opulente; et lui, pauvre, sensible, naïf surtout, comme les hommes d'étude et de poésie qui ne se sont point encore usés par le frottement de la société. Son cœur, plein d'enchantements et riche d'illusions, se heurte à tout moment contre l'àme insensible et froide de la coquette. Dédaigné, déchiré, Raphaël de Valentin se décide à mourir. Une consultation mélancolique a eu lieu chez l'un de ses amis, homme de plaisir; et, après avoir discuté les avantages, les inconvénients de tous les genres de mort volontaire, l'homme de dissipation propose à l'homme de solitude de périr en abusant do toutes les jouissances de la vie, en s'abrutissant. Mais, se trouvant sans argent tous deux, l'ami de Valentin va risquer au jeu leurs dernières ressources.

Par un artifice de composition qui oblige notre collaborateur à empreindre son œuvre d'une verve extraordinaire, Raphaël raconte ses malheurs au milieu d'une orgie. Ce récit de désespoir, tour à tour fantastique et réel, agité, coloré, brûlant, enivrant comme les flammes du punch, à la lueur duquel il est confié à un cœur compatissant, doit représenter une ivresse qui croit, qui grandit à chaque phrase.

Cette explication était nécessaire pour l'intelligence du fragment suivant, qui appartient à ce récit.

Nous publions ici un curieux article de Balzac lui-même sur la Peau de chagrin; il parut signé du pseudonyme du comte Alexandre de B..., dans la Caricature du 11 août 1831 :

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