‹ Histoire des œuvres de H. de Balzac (volume 2)Chapitre 98 sur 195 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

aux Romans et Contes philosophiques.

Qu'est-ce que le talent du conteur, sinon tout le talent? Il renferme en lui la déduction logique dans sa rigueur, le drame avec sa mobilité, l'essence même du génie lyrique avec son extase intérieure. Le narrateur est tout. Il est historien ; il a son théâtre, sa dialectique profonde qui meut ses personnages, sa palette de peintre et sa loupe d'observateur. Non-seulement il peut réunir les talents spéciaux que je viens d'indiquer, mais, pour exceller dans son art, il le doit. Imaginez un conte sans intérêt de drame, sans émotion lyrique, sans couleurs nuancées, sans logique exacte; il sera pâle, extravagant et faux; il n'existera pas.

La narration est toute l'épopée ; elle est toute l'histoire ; elle enveloppe le drame et le sous-entend. Le conte est la littérature primitive. De quelle joie, dites-moi, durent être saisis ceux qui, les premiers, découvrirent et ressentirent cette jouissance ! Ils inventèrent de pittoresques symboles, en témoignage de leur ivresse nouvelle. Ce fut l'Hercule Gaulois, dont la bouche laissait tomber les chaînes d'or qui retenaient les auditeurs ; ce fut la baguette de Mercure, forçant à s'unir les hommes, plus acharnés que les serpents ; c'est le chant de la sirène, entraînant le navigateur dans l'onde d'où ses accents émanaient. Le premier conteur fut un dieu. Mais les époques primitives une fois passées, conter devint difficile.

Où est le merveilleux? qu'est devenue la foi? L'analyse ronge la société en l'expliquant : plus le monde vieillit, plus la narration est une œuvre pénible. Rendez-moi compte de cet incident? Apportez-moi le comment de cet acte et le pourquoi de ce caractère? Disséquez ce cadavre et sachez me plaire! Soyez commentateur et amuseur!

Voici un conteur, qui arrive à l'époque la plus analytique de l'ère moderne, toute fondée sur l'analyse : sociétés, gouvernements, sciences, reposent sur elle ; elle s'empare de tout, pour tout flétrir. Il naît dans le pays le plus rationnel de l'Europe; point d'oreilles faciles à duper comme en Italie, où la musique est dans le langage et l'ode dans le son ; point de croyance surnaturelle et populaire, le scepticisme est partout; la faculté raisonneuse a pénétré jusqu'aux classes inférieures. De l'ironie, mais peu caustique; de l'indifférence, excepté pour les intérêts matériels; par-dessus tout, de l'ennui et de la lassitude.

Quel conte allez-vous faire à de telles gens? Ils vous répondront qu'ils ont vu Bonaparte, hivaqué au Kremlin et couché à l'Alhambra. Ils mettront vos sylphides en fuite, et vos magiciens n'auront pas le moindre intérêt pour eux. Ils

vous demanderont par quel procédé chimique l'huile brûlait dans la lampe d'Aladin. Ils ont demandé à M. de Balzac ce qui serait advenu, si Raphaël eût souhaité que la peau de chagrin s'étendît !

Osez donc leur réciter de beaux contes ! enlevez-les, comme il faut qu'un bon narrateur le fasse, dans ce char d'Élie, dans cette narration aux ailes de feu et aux i ss brûlantes, qui plonge dans le ciel et fait disparaître les villes, les maisons, les bois, les collines de l'horizon terrestre !

L'analyse, dernier développement de la pensée, a donc tué les jouissances de la pinsée. Cest ce que M. de Balzac a vu dans son temps ; c'est le dernier résultat de cet axiome de Jean-Jacques : L'homme qui pense est un animal dépravé.

Assurément il n'est pas de donnée plu< tragique; car, à mesure que l'homme se civilise, il se suicide; et cette agonie éclatante des sociétés offre un intérêt profond.

Le désordre et le ravage portes par l'intelligence dans L'homme, considéré comme individu et comme être social : telle est l'idée primitive qui règne dans les oeuvres d Byron et de Godwin. M. de Balzac l'a jetée dans ses contes. 11 a vu de quels éclatants dehors cette société valétudinaire s'enorgueillit, de quelles parures ce moribond se couvre, de quelle vie galvanique ce cadavre s'émeut et s'agite par intervalles, de quelle lueur phosphorique il scintille encore. Opposant au néant intérieur et profond du corps social cette agitation factice et cette splendeur funèbre, il a cru que la mission du conteur n'était pas finie et perdue; qu'il y avait encore une magie dans ce contraste; une féerie dans cette industrie créatrice do merveilles; un intérêt dans le jeu cupide des ressorts sociaux, cachés sous de si beaux dehors, dans ce spectacle d'une société rendant le dernier soupir sous des rideaux de pourpre, d'argent et de soie.

i tnteur, un amuseur de gens qui prend pour hase la criminalité secrète, le marasme et l'ennui de son époque ; un homme de pensée et de philosophie, qui

tache à peindre la désorganisation produite par la pensée: tel est M. de Balzac.

Voilà sur quelles bases sont appuyés ces contes de nuances diverses, de formes variées, que M. de Balzac a osé lancer dans le dix-neuvième siècle, blasé, indifférent et peu amusable. Ce fonds misanthropique, qu'une verve de gaieté et une fécondité d'invention incontestables raniment et font étinceler, vous le retrouvez dans l'Auberge rouge, que la Bévue de Paris a récemment publiée ; dans l'Élixir de longue vie, dans Sarrasine, dans la Comédie du Diable, farci', terrible dont le tique Introït lui a été t:<'nércusemcnt donné par une des plus mordant s plumes de notre époque. Mais cette pensée première s'élève jusqu'aux proportions de la tragédie 'I m- l'A Verdugo, où le parricide est sublime, parricide ordonne p tr famille et au nom d'une chimère sociale, le parricide pour sauver un titre! Ainsi, partout l'égoïsme : égoisme de la famille, égoisme physique, personnalités f roci a qui naissent d'une civilisation sensuelle et raffinée. Tel '"*'. Bpécialemenl le fonds r-t la pensée créatrice de la Peau de chagrin.

us, dans un autre temps, avait vu l'étrange effet de la peu •'■•■ religieuse, qui, a force de pénétrer la société, achevait de la dissoudre. L'âme, <ii\ inisée par le christianisme, avait tout envahi. Le spiritualisme effaçait la matière. Le Bymbole,

l'idéalisation régnaient sans partage; pour un symbole, l'Occident s'était pué sur l'Orient. Il dominait la poésie qu'il réduisait à l'état de fantôme, en multipliant les personnifications allégoriques, en bannissant de son domaine les êtres vivants, la chair et le sang humains : Rabelais s'arma d'un symbole pour faire la guerre au symbole.

Holà ! messer Gaster, voici notre règne ! Tonnes pleines d'bypocras, bons saucissons chargés d'épices, bombance gigantesque, culte de la dive bouteille, douce abbaye de Thélème, dont le rien faire est la liturgie; venez !... Et, dans une épopée immense, donnez-nous l'apothéose de ce corps humain que l'on foule aux pieds, et que le curé de Meudon ne se contente pas de remettre à sa place. Il l'installe sur son trône.

Or, voici l'ère de Gargantua. On boit plus sec, on mange sans perdre jamais l'appétit : l'élément physique de l'homme se trouve déifié Dar cette ironie matérialiste, qui semble une prédiction du xvnr" siècle et un oracle des destinées futures auxquelles le monde est réservé.

Passe joyeusement la vie et ris-toi du reste. Trinque ! comme l'a dit M. de Balzac dans la Peau de Chagrin, voilà le sens des amères dérisions du Pantagruel, et peut-être l'arrêt définitif de ce livre.

Certes, Babelais, s'il n'eût pas vécu au commencement du seizième siècle, tout à la fin de ce qu'on appelle le moyen âge, n'eût rien écrit de pareil. Dans Pantagruel et Gargantua, il résuma le passé, railla le présent et s'empara de l'avenir, qu'une civilisation matérielle allait isoler de l'ancienne société chrétienne et spiritualiste, de l'avenir qu'une philosophie sensualiste allait dominer et mouler à son plaisir.

L'ère de Babelais a expiré. Celle qu'il annonçait parcourt son cycle et l'accomplit. Ce ne sont plus les ravages de la pensée idéaliste, mais ceux du sensualisme analytique, que le conteur philosophe peut retracer aujourd'hui.

Aussi, voyez tous ces types d'égoïsme civilisé qui se donnent rendez-vous dans la Peau.de chagrin : Fœdora, femme sans cœur, type d'une société sans cœur; Raphaël, symbole de la misère éclatante, le dandy sans un écu ; le. malheur même que donne l'étude solitaire, avec la gloire en perspective, le grenier pour théâtre, et la souffrance pour escorte. Le vaste plan, caché sous ces fantaisies, a dû échapper à plusieurs yeux. Des critiques n'ont pas vu que la Peau de chagrin est l'expression de la vie humaine, abstraction faite des individualités sociales; la vie avec ses ondulations bizarres, avec sa course vagabonde et son allure serpentine, avec son égoïsme toujours présent sous mille métamorphoses. La même signification se trouve cachée sous les plus légers incidents de cette fiction. A part l'intérêt dramatique du livre, il renferme un intérêt de philosophie allégorique qui s'attache aux plus minces détails et poursuit sans pitié cette science d'égoïsme que la civilisation fait naître. Voyez Raphaël ! Comme le sentiment de sa conservation étouffe en lui toute autre idée! Comme dans la scène du duel, chez les paysans, dans son , hùtel de Paris, le même sentiment l'absorbe ! Soumis à ce talisman terrible, il vit et meurt dans une convulsion d'égoïsme.

C'est cette personnalité qui ronge le cœur et dévore les entrailles de la société

où non- sommes. A mesure qu'elle augmente, l< - individualités s'isolent : plus de liens, plu* de vie commune. La personnalité règne : c'est son triomphe et sa fureur que la Peau de chagrin a reproduits. Dans ce livre, il y a toute une épi, que. Là, comme on l'a dit dans un journal » : « \ mis pouvez, si cola vous séduit, voir apparaître, sous forme vivante, notre civilisation d'hier et d'aujourd'hui : toute parée, toute folle d'ennui et de luxe, avec son dégoût, son désespoir, ses bons mots, ses ités de science et de religion, ses création-; qui avortent, ses vertus qui ne sont pas écloses, son éclat semblable à la lueur émanée des endroits infects; ses pretentions de grandeur, de sévérité, de patriotisme, d'énergie, de rénovation, de . d'organisation, de conservation, de durée ; et son néant réel, son mal intime ; son manque de foi, sa faiblesse de volonté, son inanité', sa décrépitude, sa force factice, comme celle de l'ivresse; passagère, comme celle que la pile de Volta communique à un corps mort.

» Il serait curieux de contempler le critique de l'ancienne école, l'homme de bon goût et de bonnes mœurs, en face de cette œuvre. Oh ! le pauvre homme : que fera-t-il de sa toise, lui qui veut de la raison ; lui, le jugeur, le peseur des mots ; lui, le compas en main, la loupe appliquée sur l'œil, heureux de découvrir une irrégularité dans un livre, une verrue dans un beau visage? Assurément il ne comprendra pas un mot de ce conte. Il aime la littérature de plain-pied; ici tout esl abîmes, précipices, saillies, excroissances, hautes montagnes, profondeurs sans fond.

» Je jure que le plus habile critique de 1800 à 1820 ne se forait pas une idée sur un pareil ouvrage. Il briserait sa toise, il jetterait son compas, autant vaudrait demandera M. d'Aguesseau l'explication satisfaisante d'un journal de 1n:!1. En vain diriez-vous à notre aristarque dans l'embarras que l'auteur de /" Peau de Chayrin a voulu, comme feu Rabelais, formuler la vie humaine et résumer son époque «lans un livre de fantaisie, épo , conte, histoire, drame,

folie aux mille couleurs. Le critique vous dira que Pantagruel est une allégorie, évidemment Rabelais, et Pantagruel François Ier; mais, que dans l'ceuvr d M. de Balzac, rien de pareil ne frappe ses j eux. Et si vous répliquez en disant que la pr itendue allégorie, découverte dans Rabelais par la lubie des savan n'a jamais eu d'existence; que le monstre comique, en é p.u- le médecin chinonais, ise arabesque, fille du caprice accouplée avec l'observation: notre bon, iurnera le dos, non sans prier Dieu qu'il vous rende votre rai perdue et vous fasse cadeau d'une |» édition de Laharpe.

» Il y a dans l'œuvre de M. de Balzac le cri éclatant, le cri de désespoir d'une littérature expirante. Œuvre puissante... Je ne parle pas de la Bouplesse d'un Btj le qui insulte ■ ■ tout moment la critiqu trême de teintes cha-

astantes; mais de la portée générale d'un livre, où le siècle el le pays les plus confus qui aient jamais existé se concentrent sous des formes poétiques, rcell . qui éblouissent le regard. Avoir trouvé le fantastique

de notre époque, ce n'est ni un petit mérite, ni un minée travail. L'avoir vivifié

. ritoire, c'esl le témoi ;nage

). Le M

d'un rare talent. Il fallait, pour obtenir ce résultat, n'oublier aucune des brillantes nuances dont elle se pare, nous donner les fêtes, l'esprit, le dévergondage, lès riches étoffes, les jouissances effrénées, le jeu, l'amour, la poésie de costume, qui se pressent daus les grandes villes ; il fallait n'oublier non plus aucune des misères sociales ; ces cœurs desséchés, ces existences perdues, ces arts qui augmentent la richesse sans ajouter rien au bonheur; il fallait faire voir, au sein de la civilisation, fleur éclatante et factice, le ver qui la ronge, le poison qui la tue.

» Ce livre a tout l'intérêt d'un conte arabe, où la féerie et le scepticisme se donnent la main, où des observations réelles et pleines de finesse sont enfermées dans un cercle de magie. Vous y trouverez de grands salons et de grandes orgies, la mansarde du jeune savant et le boudoir de la femme à la mode, la table de jeu et le laboratoire du chimiste : tout ce qui influe sur notre société, depuis le sourire de la jeune fille jusqu'aux malices du feuilleton.

» Et n'attendez pas que je vous donne une idée plus exacte de cet étrange livre ; il est de ceux où chacun trouve pâture à son goût : à tel la satire, à tel autre le fantastique, à celui-là des tableaux brillamment colorés. Si la société telle qu'elle est vous ennuie tant soit peu, et qu'il vous agrée de la voir pincée, fouettée, marquée, en grande pompe, sur un bel échafaud, au milieu de tout le fracas d'un orchestre rossinien, d'un tintamarre et d'un charivari incroyables, et de la décoration la plus étourdissante, lisez la Peau de chagrin, vous en avez pour trois nuits d'images éclatantes et terribles qui soulèveront les rideaux de votre alcôve pour peu que la nature vous ait doué d'imagination ; et pour un an de réflexions, si vous êtes né contemplateur, observateur et penseur. »

Le public, qui a si rapidement enlevé la première édition, a justifié le critique. Mais l'auteur, docile aux observations qui lui ont été adressées par amis et ennemis, n'a épargné ni ratures, ni veilles, ni suppressions, ni corrections, pour rendre plus parfaite la seconde édition de son œuvre. Il a même fait le sacrifice de sa préface presque entière ; préface consacrée à une justification inutile. Il avait tort de croire que la Physiologie du mariage, œuvre d'ironie et d'analyse, eût marqué son front d'un sceau de cynisme et d'impudence : on ne confond plus les fantaisies de l'art avec le caractère de l'artiste; on sait que le plus doux des hommes peut devenir, dans sa tragédie, sanguinaire, criminel et implacable. On sait que le poëte le plus ardemment erotique peut ne demander à l'amour que la jouissance des beaux vers. Cependant cette préface, dont le scrupule de l'auteur avait tracé les pages, et dont il fait le sacrifice, contenait des observations générales et philosophiques que nous croyons devoir reproduire ici.

L'auteur explique, avec autant, de sagacité que de finesse, le procédé physiologique qui préside à la création d'une œuvre d'art et fait naître dans l'esprit de l'artiste mille fantômes dont la moralité ne lui est pas imputable1.

M. do Balzac, dont les contes ont vaincu la formaliste apathie de son temps et qui, dans la Peau de chagrin, a donné preuve de cette énergie et de cette fécon-

1. Voir tome XXII, page 396, cette préface de la Peau de eliagrin.

dite, de cette verve hardie et poignante, que Ton réclame aujourd'hui, pomme un palais blasé veut de l'orpiment et de L'alcool, ne s'en tiendra pas à. cet essai. Il a frappé notre époque en lui empruntant ses propres armes; en employant cette frénésie d'invention, cette ironie envenimée, ces couleurs ardentes, sombres et tranchées, dont l'abus serait la perte de l'art. Quand il voudra être simple, il saura l'être, comme il l'a prouvé dans le Réquisitionnaire, dans l'Etude de femme, dans les Proscrits et l'Enfant maudit. On le verra changer les couleurs de sa palette et. de nuance en nuance, d'existence en existence, de mode en mode, parcourir tous les degrés de l'échelle sociale et montrer tour à tour le paysan, le mendiant, l • pâtre, le bourgeois, le ministre, attaqués de la même maladie destructive. 11 ne reculera pas même devant le roi et le prêtre, ces deux derniers échelons de notre hiérarchie croulante; le roi, que notre progrès de civilisation a tellement ébranlé sur son trône qu'il n'a plus de confiance à sa couronne; le prêtre, dont la pensée renferme le dernier, le plus large développement de l'intelligence humaine, et qui lus qu'un spectre lorsqu'il cesse d avoir foi en lui.

La foi et l'amour, s'éloignant des hommes livres à la culture intellectuelle ; la foi et l'amour, s'exilant pour laisser dans un désert d'égoïsme profond tous ces hauts esprits, tous ces êtres parqués dans leur personnalité : tel est le but des contes de M. de Balzac. Dans celui que l'auteur a intitulé Jésus-Christ en Flandre, un rayon d'amour et de foi tombe du ciel. Les parias de la société, ceux qu'elle bannit de ses universités et de se- collèges, restent fidèles à leur croyance, et conservent, avec leur pureté morale, la fore.' de crie foi qui les sauve, tandis que les gens supérieurs, fiers de leur haute capacité, voient s'accroître leurs maux leur orgueil, et leurs douleurs avec leurs lumières. Cette moralité suprême qui peinture de tous les types d'individualisme est d'un bel effet.

C'esl non-seulemenl la sock é dans ses masses que frappe de morl l'ég fils de l'analyse et de cette raison approfondissante qui nous ramène sans cesse à personnalité ; c'esl aussi la société dans ses éléments partiels ; c'esl encore le gouvernement et la théorie politique. D di grés en degrés, l'auteur s'élèvera jusqu'à cette dernière ironie, la plus haute et la plus en harmonie avec notre temps. Dans l'Histoire de la succession du marquis de Carabas1, dernière œuvre qui complétera la do ■ recueil, il montre la société politique en proie à la même impuis-

sance, au même néanl qui dévorent Raphaël dans la l'eau de chagrin. Même intensité de désirs, même éclat extérieur, même mis,ère réelle; même formule

éternelle, où la nationalité se trouve pressée coi l'individualisme

dans la sienne, [ci un ton de bonhomie plus naïve, une satire moins amère, B'ac-

: l'ont avec une ironie qui s'attaque non aux nomme . mais aux doctrines; non aux indh idualités, mais aux systèmes.

I . mêlés de merveilleux et dictés par la fantaisie, ont conquis un succès

pop.1 ■ n traire à la libre et capricieuse action; mais on

les a plutôt acceptés comme des inventions brillantes que comme des œuvres de raison. Nous avons pris plaisir à en développer le sen impie, la portée

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