DIVISION DU TEXTE
Chaque numéro contiendra un article intitulé : Caricatures morales, religieuses, politiques, littéraires, scéniques, etc.
Sous celte rubrique, nous entreprendrons de faire la satire des ridicules généraux, quand les hommes qui les auront mis .\ la mode, commenceront à s'en moquer.
Un second article sera destiné, sous le titre de Caprices ou Fantaisies, h recueillir les débauches d'imagination qui échappent à nos meilleurs écrivains, dont les folies sont quelquefois plus remarquables que leurs ouvrages sérieux.
Sous le nom de Croquis, nous tâcherons d'offrir des scènes vraies, gracieuses, ou satiriques et piquantes, qui peindront les mœurs modernes.
Quant à l'article Charges, le modèle que nous en donnons dans ce Prospectus v\ii\\quc assez notre pensée : C'est un hommage rendu h cette liltérature bouffonne et souvent profonde dont les Scènes populaires de Henri Munuier peuvent donner une idée.
Un autre Prospectus, plus curieux encore, tombe prrcisi'inont entre nos mains au moment de publier cet appendice. C'est le Prospectus de la Chronique de Paris. Il se trouve broché dans un exemplaire de la première ('•dit ion du Lys dmis la vallée, qui porte le millésime de juin 1836 et donne la date de CQtte pièce, imprimée chez Béthune et Pion, rue de Vaugirard, no. Voci le texte de ce morceau :
Chronique de Paris, journal politique rt litlrruirr. Paraissant les jeudi et dimanche de chaque semaine, et publiant des gravures de mode exécutées sur acier et coloriées avec soin, des portraits, des caricatures gravées sur bois.
Ce journal publie une Nouvelle de M. de Balzac tous les mois.
TROSPECTUS
Depuis le l*' janvier 1836, la Chronique de Paris, entrée dans la troisième année de son existence, a commencé une nouvelle série, et paraît lo jeudi et
le dimanche, dans le même format et avec le même nombre de feuilles que lorsqu'elle n'était publiée qu'une fois la semaine.
Chaque numéro de la Chronique de Paris se compose de trente -deux colonnes de 75 lignes à 60 lettres chacune, et contient, par conséquent, autant de matière que trois numéros du Moniteur, le plus grand des journaux. La Chronique de Paris est paginée et destinée à faire collection ; elle est imprimée avec soin sur beau papier, et forme quatre beaux volumes in-quarto par année. La partie politique de cette feuille s'est constamment fait remarquer par la sagesse et la fermeté des principes, par l'authenticité des nouvelles, par des correspondances étrangères puisées à bonne source, par des appréciations neuves et mûries de toutes les questions qui s'agitent. Sous ce rapport, la Chronique de Paris, qui pourrait tenir lieu de tout autre journal, en est l.'annexe indispensable.
La critique de la Chronique de Paris embrasse la littérature, les arts, les sciences et l'industrie : elle se distingue autant par son urbanité que par sa sévère impartialité. Des arrangements pris par la Chronique de Paris avec M. Gustave Planche, lui assurent exclusivement, depuis le 1^'" janvier, la collaboration de cet écrivain, qui est désormais chargé de traiter dans le journal toutes les questions importantes de littérature et d'art. Une troisième et dernière division du journal comprend des causeries de salon, une chronique judiciaire, une revue des théâtres, et enfin des romans et des nouvelles que la direction a suin de demander aux écrivains les plus distingués de l'époque. C'est ainsi que, depuis le l^"" janvier, elle a acquis le droit exclusif de publier les Nouvelles de M. de Balzac.
Dans les autres numéros, on trouve souvent une caricature de mœurs échappée au crayon des Henri Monnier, des Grandville, des Daumier, et gravée sur bois par les premiers artistes. La caricature, d'autre part, servira à cet égard de spécimen ; toutes les caricatures font corps avec le journal, qui est imprimé sur papier vélin et tiré avec le plus grand soin.
Tous les mois, les abonnés reçoivent une gravure de modo du meilleur goût, accompagnée d'un article sur tous les événements intéressants du monde fashionable.
Afin de faire apprécier le cadre de la Chronique de Paris, qui, par le mérite de ses écrivains, s'est placée tout d'abord au premier rang des journaux politiques et littéraires, il suffira de dire que, depuis le l*"" janvier, elle a publié :
Politique. — L'examen critique de tous les événements intéressants, actes des ministres, mouvements des cabinets, secrets de diplomatie. Un examen critique des affaires étrangères. Une chronique parlementaire.
Critique scientifique. — Revue mensuelle des travaux de l'Institut et des principales académies, par le docteur Chassinat ; plusieurs articles sur les chemins de fer ; sur les prétendues découvertes dans la lune, attribuées à Herschell fils.
Critique littéraire. — Des articles de M. Gustave Planche sur l'Académie et les nouveaux candidats ; la réception de MM. Scribe, Dupaty, Salvandy ; le
nouveau Dictionnaire de l'Académie; le cours de M. Saint-Marc Girardin à la Sorbonne; Napoléon, pot'me d'Edgar Quinet; Jocelyn, po<''me de M. Alphonse de Lamartine.
Un article de M. Charles Nodier, sur l'abus de la lanf^uc française.
Plusieurs articles sur mistrcss Trollopc; sur MM. de Musset, Eugène Sue, Alphonse Karr, Jules Lecomte ; sur mesdames Gay, Colet, comtesse Merlin, duchesse d'Abrantès, et sur toutes les publications importantes du trimestre, par MM. J. Sandcau, Ch. de Bernard, Théopliile Gautier, Cliaudcsaigues, etc.
Beaux-Arts. — Des articles de M. Gustave Planche sur l'Arc de l'Étoile; le Salon de 1836 ; les Huguenots de Meyerbeer; i Briganti de Mercadante.
Littérature. — Plusieurs Nouvelles, entre autres: la Messe de l'athée, l'Interdiction, Facino Cane et le Cabinet des antiques, pD.r M. de Halzac; la Femme gardée aile Veau d'or, i>dr M. Ch. de Bernard ; une Aventure de grande route, la Bague de la duchesse, par M. .I.-A. David; les Réfugiés delà Vendée, par Raymond Brucker ; une Étude de femme, par M. Marcel.
Les prochains numéros contiendront, entre autres Nouvelles, la Torpille, Qui a terre a guerre, par M, de Balzac; Mademoiselle de Vergy, par M. Jules Sandeau; le Troisième Larron, par M. Charles de Bernard.
Plusieurs articles scientifiques sur les œuvres de Meckel, etc., par M. S. Laugier, professeur agré:;»'' ?i l'École de médecine, et chirurgien de ^h(^pital Beaujon ; sur Herschell, Laplace et Arago, sur Berzi'lius et Gay-Lussar. par M. Liouvillo, professeur à l'École polytechnique.
60 fr. par an, 32 fr. pour six mois. Les abonnements datent du l" de chaque mois.
On s'abonne: A Paris, rue de "Vaugirard, 36; et chez Werdet, libraire, rue de Seine, 49. Dans les départements, chez tous les libraires et les directeurs de poste.
Enfin, et comme dernières indications de fragments retrouvés, voici deux morceaux de Balzac qui ne sont pas réunis à ses œuvres:
L'Ane mort et la Femme guillotinée. — Le Voleur y 5 février 1830. Cette critique anonyme du roman de Jules Janin se termine par le trentième chapitre de /'A ;i^' ;//o/7 et la Femme yuillolinre ^qni ne contient que vingt-neuf chapitres). C'est, on va le voir, une très curieuse fantaisie.