‹ Histoire des œuvres de H. de BalzacChapitre 54 sur 217 · Un dénoùment atroce, réel et · texte numérisé non relu

Un dénoùment atroce, réel et

vrai.

Voici maintenant Tavertissement du Cousin Pons que nous extrayons du Constitutionnel du 18 mars l8/i7, et intitulé : Avertissement quasi littéraire.

Primitivement, V Histoire des parents pauvres devait commencer par la partie appelée les deux Musiciens ; mais des raisons, qu'il serait superflu d'expliquer et qui ne concernent que l'art littéraire, ont obligé l'auteur à la publier en dernier. La Cousine Bette n'avait pas encore pris ces développements peut-être excessifs et dus à la nature même du sujet, qui ont fait d'une simple nouvelle presque un livre. Walter Scott, avec sa fine bonhomie, a dit le premier quïl partait au début d'une œuvre pour réaUser des plans, la plupart du temps abandonnés dans l'exécution, à propos d'un personnage ou d'un incident. Il y a des sujets qui deviennent de très-mauvais sujets, et des sujets pauvres qui s'amendent. C'est dans la vie des romans comme dans la vie réelle.

Ces .observations paraissent avoir tant de similitude avec l'annonce d'un régisseur venant prévenir le public que la basse, ne voulant pas faire remettre le spectacle, sollicite l'indulgence du parterre pour un enrouement causé par le vin de Champagne d'un dîner d'artistes, que l'auteur est obligé d'avouer qu'elles sont uniquement écrites pour expliquer aux abonnés du Constitutionnel le changement du titre : les Deux Musiciens en le Cousin Pons.

L'abonné n'est pas un lecteur ordinaire, il n'a pas cette liberté pour laquelle la Presse a combattu! C'est Là ce qui le rend abonné. L'abonné, qui subit nos livres, a douze raisons à vingt sous pièce dans la banlieue, quinze dans les départements et vingt à l'étranger, pour vouloir, pendant tout un trimestre, cinquante francs d'esprit, cent francs d'intérêt dramatique et sept francs de style dans le feuilleton. Les écrivains ont imité l'abonné. Tous ceux qui publient leurs ouvrages en feuille-

tons n'ont plus la liberté de la forme; ils doivent se livrer à des tours de iorco qui, depuis quelque temps, les assimilent, hélas! aux célèbres ténors; ils en ont les appointements et la gloire viagère. Or, dans l'intérêt de cet avenir trimestriel, il nous a paru nécessaire de rendre très-visible l'antagonisme des deux parties de V Histoire des parents pauvres en appelant la seconde le Cousin Pons. Ceci est une raison bien plus décisive que toutes les autres; mais peut-être les esprits graves ne l'accepteront-ils pas.

Note éminemment commerciale.

La prétention émise, dit-on, par la Société des Gens de lettres de considérer les réimpressions d'ouvrages achetés par les journaux, comme des reproductiom, nous obhge à faire observer ici que l'auteur n'appartient plus, depuis longtemps, à la Société des Gens de Lettres; qu'il est libre de céder la reproduction de ses œuvres anciennes et nouvelles, en en garantissant la reproduction exclusive aux cessionnaires.

Le Cousin Pons était aussi divisé dans le Constitutionnel en chapitres dont voici les titres :

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