ICONOGRAPHIE DE STENDHAL
ÉDITION
Paul Guillemin. — L'imagerie de Stendhal entre-bâillée, avec une planche spéciale. — Grenoble. Imprimerie typographique et lithographique Joseph Baratier, avenue Alsace-Lorraine, 24, 1895, une plaquette in-folio de 25 pages, tirée à 30 exemplaires numérotés et revêtus de la griffe de l'auteur. Faux-titre au recto : Iconographie du Dauphiné n"* 3, au verso : Liste des 30 donataires de l'ouvrage. Frontispice hors texte : Reproduction de TEpopée Dauphinoise. Fusain de de M. Emile Guignes, d'Embrun (Collection P. Guillemin). Stendhal est au premier plan ; il marche bras dessus bras dessous avec Berlioz et Emile Augier.
(Planche détachée, du même format : Stendhal dansant).
Texte. — Stendhal dans l* Image. — Stendhal, le grand maître de l'école réaliste contemporaine est encore peu connu ; il n'appartient pas à la foule. A dire vrai, la petite veilleuse stendhalienne n'a jamais été éteinte ; les mains
dévotieuses de quelques délicats Tout toujours entretenue. On a étudié Stendhal dans ses amis, ses amies, ses ennemis et ses ennemies ; le romancier, le critique et Thistorien ont été scrutés à fond. Nous connaissons Stendhal ambitieux ou réservé, amoureux ou impuissant, timide Ou orgueilleux, sobre ougourmand, vaniteux ou modeste, athée ou croyant ; l'alpinisme, rintendance et le socialisme l'ont réclamé ; les anarchistes le guettent. Le siècle futur verra prospérer un nouveau pèlerinage qui a pris naissance en 1894 ; déjà les disciples vont s'incliner devant la boîte du* bouquiniste sis en face du n** 21 du quai Voltaire ; c'est là, oui c'est là que M. Teste a retrouvé dans la boîte à quatre sous, deux volumes de Stendhal, enrichis de notes illisibles de sa main.
D'autres reprendront Stendhal en de nouveaux aspects ; je me bornerai à l'entrevoir dans rimage.
Fait assez surprenant, le sujet est bien vite épuisé, ce qui s'explique. De son vivant, Stendhal n'était connu que d'un groupe restreint d'admirateurs, les acheteurs lui ont toujours manqué. Les caricaturistes bataillaient plutôt sur le terrain politique.
C'est miracle que Henry Monnier nous ait transmis son M. de Fongeray, qu'Alfred de Musset Tait croqué, dansant devant une fille d'auberge, en Italie. Les traits des morts
échappent à la raillerie ; les œuvres seules sont encore remuées. Je ne dissimule pas que je fournis un travail très incomplet; c'est à peu de choses près Tinventaire de ma collection stendhalienne qui est donné ici. Je dois toutefois un remerciement à MM. Edmond Maignien et Couis Teste, qui ont bien voulu relire mes fiches, et surtout à M. Stryienski, à qui la présente revue devra presque tout son intérêt. Taine a dit que Stendhal vivait très bien solitaire, ou en petite compagnie ; je reste dans le ton en réservant cette plaquette aux Stendhaliens et à quelques Dauphinois, amis des livres (P. G.).
Portraits de Stendhal, — J'emprunte la note suivante à un précieux manuscrit inédit de Colomb de la collection Stryienski.
« J'ai eu quatre portraits de Beyle en ma possession :
1<» Celui fait par M. Dedreux-Dorcy, que Beyle me donna en 1839, et dont j'ai fait hommage au Musée de Grenoble, en juillet 1844 ;
2<» Une copie faite par M. Dedreux-Dorcy de son portrait de Beyle, un peu chargé. Cette copie, donnée à M. Di Fiore, m'est revenue après la mort de cet ami (30 octobre 1848), et j'en ai fait cadeau le 7 décembre 1849, à M"»^ Albertine de Rubempré, rue Trudon, Paris (1) ;
(1) Le portrait, la dame et la rue, ont également disparu (P. G.).
3° Une esquisse faite également par M. Dedreux- Dorcy, et que j'ai donnée à M. Grozet, en juillet 1844;
4° Le portrait le plus ressemblant, qui a, en outre^ de la valeur sous le rapport de Part, est celui qui est dans ma chambre. Il a été fait à Rome, en 1840, par M. 0. Sodermark, peintre suédois, qui l'avait exposé dans le Salon de la Porta del Popolo. Beyle était alors âgé de 57 ans, c'est la dernière fois qu'il s'est fait peindre (1).
Indépendamment de ces quatre portraits, il en existé deux autres, faits également en Italie ; l'un, fait par M. Dacis, bien peint et fort ressemblant, a été conservé par l'excellent M. Donato Bucci, marchand de curiosités à Givita-Vecchia, ami et l'un des légataires de Beyle (2). Le second, fait par un artiste italien, représente Beyle en habit de consul. Constantin (Abraham) en faisait peu de cas, sous le rapport de l'art. Il est maintenant en la possession, je ne sais comment, de M. Prosper Mérimée de l'Institut (3).
Le portrait que possède M"*® Périer Lagrange a été fait par Boilly, à Paris, en 1807, en une seule séance et pour le prix de cent vingt francs.
(1) Ce portrait à l'huile appartient à M. Chéramy, qui le lègue à M. Stryienski, lequel devra à son tour, le donner au Musée de Versailles (P. G.).
(2) Ce portrait a été vu par M. Paul Arbelet en août 1903, chez le fils de D. Bucci.
(3) Ce portrait était resté à Rome, chez M. Frezza, propriétaire de l'appartement occupé par Beyle ; Mérimée le lui aura acheté. L'œuvre a disparu pendant la Commune ; la maison de Mérimée, rue du Bac, ayant été incendiée.
RKVUE ICONOGKAFHIQUE
PlÊCRS tiANlâ DATE.
1. //. /%/e. Portrait au crayon (18(K) à 1805), a[}paHicnl à M, Pellat, et se trouve a Fontaine (Isère), vient de M. Bî^-illion, neveu par îilliauce de Stendhal,
2. Heproduction photo;:^raphlque du précédent ; dimens^inns 7x9 (coïleciion Stryienski) (I).
3. Toile appartenant à la Bibliothèque de Grenoble, dimensions : 55 X 45, par Pierre^JoBeph Dedreux d'Orcv (Don de M'^'* Cro/et), Buste tourné à droite, la baj'be en collier, velu d'une red in f^'ote noire,
i. Esquisse à l'huile de m. r2, appartenant h la Bîbliotlièt|ue de Grenoble (copie réduite du précédent). Buste iég^è renient tourné à droite, la barbe est en collier; velu d*uue redin^^ote brune,
M. Henri Gordier possède une copie de cette esquisse,
Berfhel Sémi/utri,^ie. Gravure in-12 sur bois. En pied, de 3/4 à gauche: inténeur d*êf,^Hse ; deux personnaj^es dans le Fond, deux devant Berlhet,
Cette gravure que je ne connais pas est ainsi décrîtc dans mon catalogue manuscrit de la collection de M. Chaper.
r>, Bei^fe^StêndhaL Portrait gravé sur bois, signé Thénard. Cette pièce a été coupée dans un livre de format in-t^^, dont le titre ne m'est pas connu; Timpression du verso a trait à ridenlification du person-
(1) Un buste de Stendhal enfant^ existerait iiu châleau de Fuponïères, k Claii, pt^a de Grenoble, che» le baron Bougttud.
nage de Rouge et le Noir, (vers 1868 de ma collection). 7. Henry Beyle. David 1829. Procédé de A. Collas. Portrait in-folio sur vélin (de ma collection).