RACINE ET SHAKSPEARE
GENÈSE ET COMPOSITION
Ce petit ouvrage se compose de deux brochures publiées en 1823 et 1825.
L'apparition de la première brochure (que Beyle projetait de composer dès la fin de 1820) ayant tait quelque sensation par la nouveauté des doctrines littéraires qui y étaient exposées avec esprit et talent, l'Académie Française s'en émut. M. Auger, l'un de ses membres, lança un vigoureux manifeste, dans le sein même de sa compagnie, contre le Romantisme. Beyle releva cette sorte de défi, et sa réponse formula la seconde partie de Racine et Shakspeare.
Sa prédilection pour Shakspeare n'était pas,, au reste, une opinion de fraîche date ; elle avait pris naissance dès 1797, au cours de belleslettres de Dubois Fontanelle, à l'Ecole Centrale de Grenoble ; on en .trouve de fréquentes traces dans le Journal et dans Borne, Naples et Flo-^ rence en 1817, de même que dans l'Histoire de la Peinture en Italie^
Beyle soumit son manuscrit à Paul-Louis Courier, dont les conseils profitèrent à Tarrangcment et au mode de présentation des idées du romantique...
L'un des morceaux les plus curieux de Racine et Shakspeare, c'est la préface de la seconde partie : l'auteur dit à l'Académie Française les vérités les plus dures, en termes polis, si l'on veut ; mais rien d'aussi profondément malicieux n'est jamais sorti de sa plume. (Colomb.)
EDITIONS
Edition originale. — L — Racine et Shakspeare^ par M. de Stendhal. Epigraphe:
Intelligenti pauca.
1823j 1 vol. in-8% pp. 55.
A Paris: chezBossange père, libraire de S.A., H. Mgr le duc d'Orléans, rue Richelieu, n<» 60 ; Delaunay, Palais- Roy al, galerie de Bois ; Mongîe. Boulevard Poissonnière, n<» 18.
On lit au dos de la couverture extérieure : de limprimerie Anth. Boucher, rue des Bons- Enfants, n° 34.
La couverture extérieure bleue porte simplement comme le faux-titre : Racine et Shakspeare.
On [it au verso du faux-titre : Ouvrages du même auteur :/?ome, Naples et Florence en iSi7,
un vol. in-8, Londres, Colburn, prix 10 francs. Del R ornant iscismo nelle arle un vol. in-8, Firenze 1819, prix 6 francs.
Cette édition contient : Préface : « Rien ne res- « semble moins que nous aux marquis couverts « d'habits brodés et de grandes perruques noires « coûtant mille écus, qui jugeaient, vers 1770, « les pièces de Racine et de Molière.
« Ces grands hommes cherchèrent à flatter « le goût de ces marquis et travaillèrent pour * eux.
« Je prétends qu'il faut désormais faire des « tragédies pour nous, jeunes gens raisonneurs, « sérieux et un peu envieux de Tan de grâce 1823. « Ces tragédies-là doivent être en prose. De « nos jours, le vers alexandrin n'est le plus sou- « vent qu'un cache-sottise. »... « Les deux arti- « clés suivants, écrits en quelques heures et « avec plus de zèle que de talent, ainsi que l'on « ne s'en apercevra que trop, ont été insérés « dans les numéros 9 et 12 de Paris Monthly « Beview. »
Chapitre I. — Pour faire des tragédies qui puissent intéresser le public en 1823, faut-il suivre les errements de Racine ou ceux de Shakspeare ?
Chapitre IL — Le Rire. Chapitre IIL — Ce que c'est que le Romantisme. — Naïveté du Journal les Débats^ feuilleton du 8 juillet 1818, — Résumé.
Edition originale. — II. ^Racine et Shakspeare, n" II, ou réponse au Manifeste contre le nomaniisme prononcé par M. Auger, dans une séance solennelle de r Institut, pstvM. de Stendhal.
Epjgraplie :
Dialogue : Le vieillard : Continuons.
Le jeuxb homme : Examinons.
Voilà tout le dix-neuvième siècle !
Pyria. Mars 1825, une brochure in-8, à Paris, Dupont et Roret, éditeurs. Imprimerie de IL F'ouriiier, rue de Cléry, n°9. VII, 103 pp.
Deuxième édition. — Racine et Shakspeare.
Eludes sur le Romantisme^ par de Stendhal {Henry Beyle). Nouvelle édition entièrement revue et considérablement augmentée. Paris.
Michel Lévy Frères, libraires-éditeurs, rue Vlvienïie, 2 bis, 1854, 1 vol. in-12, pp. 321. Série des œuvres complètes.
De nombreuses additions, d'après les manuscrits de Beyle, ont été faites à cette édition qui comporte deux parties : la première contient une pré face et dix chapitres (les trois premiers et la préCiice déjà publiés dans l'édition de 182S) ; la deuxiènie partie contient; un avertissement, une préface et dix lettres échangées entre un romantique et un classique.
De phis R. Colomb a joint à ce volume plusieurs fragments: Qu'est-ce que le Romantisme ? Compliment à Monti, 22 mars 1818. — Erag-
— Aiment de lettre signé Freethinker. — Lord Byron en Italiey récit d'un témoin oculaire, 1816. (Cette date est celle à laquelle se rapporte ce souvenir, quant au fragment lui-même, il a été écrit en 1830 et a été publié d'abord dans la Bévue de Paris, 1830, tome douzième, pp. 186-204, (notedeTéditeur). Le Parnasse Italien : Tomaso Grossi-AlessandroManzoni (ces deux fragments avaient été publiés par Stendhal, dans le Temps du 3 mars 1830, sans signature) Walter Scott et la Princesse de.Clèves. Du style^ par le chevalier de Seyssins (Louis Crozet) et Dominique (ë^lendhal) traité en style simple fait à Plancy- sur- Aube, du 24 au 30 juin 1812.
ETUDES ET CRITIQUES
Journal de Paris, — 27 mars 1823, article signé B. L. Courrier des Théâtres. — 2 avril 1825, article non signé Albert Lacroix, — De V influence de Shakspeare sur
le théâtre français jusqu^k nos jours, in-8%
Bruxelles, 1856, analyse et citations, pp. 278-281-
R. Colomb. — Notice biographique y 1854, p. LXXXVI. A. BussiÈRE. — Revue des Deux Mondes, 15-1-1843,
Sainte-Beuve. — Causeries du Lundi, t. IX, 1854,
A, MicTiiELs, — Histoire des idées lit tétai tes en France aw XIX^ siècle, 2 vol. in-S*». Paris, 1863, (II, p. 171).
A. CatfQLET, — Stendhal-^Beyle, Pion, 1902, p. 277.