‹ Histoire des oraclesChapitre 102 sur 112 · I. Van Dale · texte numérisé non relu

I. Van Dale

commodité qu'avec beaucoup de peine, et que les Oracles estoient de nature à ne devoir jamais finir dans le Paganisme, s'ils n'eussent pas esté la plus impertinente chose du monde ; mais enfin à force d'expériences il

5 falutbien s'en desabuser.

Les Prestres y aidèrent beaucoup par l'extrême hardiesse avec laquelle ils abusoient de leur faux Ministère. Ils croyoient avoir mis les choses au point de n'avoir besoin d'aucuns ménagemens.

10 Je ne parle point des Oracles de plaisanterie qu'ils rendoient quelquefois '. Par exemple, à un homme qui venoit demander au Dieu ce qu'il devoit faire pour devenir riche, ils luy répondoient agréablement, Qu'il n'avait qu'à posséder tout ce qui est entre les Villes de Sicione

15 et de Corinthe*. Aussi badinoit-on quelquefois avec eux. Polemon dormant dans le Temple d'Esculape pour apprendre de luy les moyens de se guérir de la Goutte, le dieu luy apparut et luy dit, Qu'il s'abstinst de boire froid. Polemon luy répondit. Que

20 ferois-tu donc, mon bel Amy, si tu avois à guérir un Bœuf? Mais ce ne sont là que des gentillesses de Prestres qui s'égayoient quelquefois, et avec qui on s'égayoit aussi 2.

Ce qui est plus essentiel, c'est que les Dieux ne

25 manquoient jamais de devenir amoureux des belles Femmes, il falloit qu'on les envoyast passer des nuits

* Athénée.

17 le moyen 1687.

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