Van Dale
2. Van Dale, 404. « At oracula saepius pretio fuisse corrupta ; seu potius Antistites ac Prophetas sese Principibus ac Magnatibus fecisse mercenarios, eorumque ad placita qui aut potentiores caeteris erant, quod eos limèrent ; aut qui majori mercede responsa Prophetarum mercati erant, sese accommodasse... patet..»
et pour Auguste. Quelques Historiens disent nettement qu'Alexandre voulut d'autorité absolue estre Fils de Jupiter Hammon, et pour l'interest de sa vanité, et pour l'honneur de sa Mère qui estoit soupçonnée d'avoir eu quelque 5 Amant moins considérable que Jupiter. On y ajoute qu'avant que d'aller au Temple, il fit avertir le Dieu de sa volonté, et que le Dieu l'exécuta de fort bonne grâce. Les autres Auteurs tiennent tout au moins que les Prestres imaginèrent d'eux-mesmes ce moyen de fîater Alexandre.
10 II n'y a que Plutarque qui fonde toute cette Divinité d'Alexandre sur une méprise du Prestre d'Hammon, qui en saluant ce Roy, et luy voulant dire en Grec, O mon fils, prononça dans ces mots une S au lieu d'une A'', parce qu'estant Libien il ne sçavoit pas trop bien prononcer le
15 Grec, et ces mots avec ce changement signifioient, O fils de Jupiter. Toute la Cour ne manqua pas de relever cette faute du Prestre à l'avantage d'Alexandre, et sans doute le Prestre luy-mesme la fit passer pour une inspiration du Dieu qui avoit conduit sa langue, et confirma par
20 des Oracles sa mauvaise prononciation'. Cette dernière façon de conter l'Histoire me plaist assez ; j'aime à donner de petites origines aux grandes choses, cela me paroist naturel, et digne du jeu de la fortune.
6 On yaajouté qu'avant que d'aller 1728 — 20-25 Cette dernière façon de conter l'Histoire est peut-être la meilleure , les petites origines conviennent assés aux grandes choses 1687.
r. Van Dale, 310. — « L'enfer a eu tort sans doute de flatter l'ambition d'Alexandre en le faisant passer pour fils de Jupiter, et de l'exciter parla à porter le fer et le feu aux quatre coins du monde pour s'en rendre maître. Qui ne voit l'intérêt que les démons avoient d'en agir autrement, et de rendre ce jeune conquérant plus sage et plus modéré ? » Baltus, Réponse, 158.
Auguste fut si amoureux de Livie, qu'il l'enleva à son Mary toute grosse qu'elle estoit, et ne se donna pas le loisir d'attendre qu'elle fust accouchée pour l'épouser. Comme l'action estoit un peu extraordinaire,* on en
5 consulta l'Oracle. L'Oracle qui sçavoit faire sa cour, ne se contenta pas de l'approuver; il assura que jamais un Mariage ne reûssissoit mieux que quand on épousoit une personne déjà grosse. Voilà pourtant, ce me semble, une étrange maxime '.
10 II n'y avoit à Sparte que deux Maisons dont on pûst prendre des Rois ^. Lisander, un des plus grands Hommes que Sparte ait jamais eus, forma le dessein d'ôter cette distinction trop avantageuse à deux Familles, et trop injurieuse à toutes les autres, et d'ouvrir le chemin de la
1 5 Royauté à tous ceux qui se sentiroient assez de mérite pour y prétendre. Il fit pour cela un plan si composé, et qui embrassoit tant de choses, que je m'étonne qu'un homme d'esprit en ait pu espérer quelque succès. Plutarque dit fort bien que c'estoit comme une Demons-
20 tration de Mathématique, à laquelle on n'arrive que par de longs circuits. Il y avoit une Femme dans le Pont, qui prétendoit estre grosse d'Apollon. Lisander jetta les yeux sur ce Fils d'Apollon, pour s'en sers-ir quand il seroit né. C'estoit avoir des veuës bien étendues. Il fit courir le
25 bruit que les Prêtres de Delphes gardoient d'anciens
*Fruàmce.
1. Van Dale, 455. — « En effet à quoy pensoient les démons de débiter une pareille maxime ? Elle ne leur convient point du tout. Il faut qu'on la leur ait supposée malitieusement, exprés pour les décrier. Comment n'ont-ils pas vu qu'en autorisant la passion d'Auguste, ils eicitoient une infinité de gens à l'imiter, et à violer comme luy les droits les plus sacrez? De là quelle honte pour eux! Quelle perte et quelle désolation pour tout l'enfer! » Ibid., i^g.