‹ Histoire des oraclesChapitre 58 sur 112 · Van Dale · texte numérisé non relu

Van Dale

2. Van Dale, 316. — « Pour que la preuve fût « bonne et concluante contre le sentiment commun, il faudroit que les démons eussent toujours pu et dû parler clairement dans les Oracles qu'ils rendoient. Alors après avoir montré qu'ils ne l'ont pas fait, vous auriez raison de conclure que l'on a tort de les leur attribuer; et qu'il est bien plus

*Lors qu'Alexandre tomba malade tout d'un coup à Babilone, quelques uns des principaux de sa Cour allèrent passer une nuit dans le Temple de Serapis, pour demander à ce Dieu s'il ne seroit point à propos 5 de luy faire apporter le Roy afin qu'il le guerist. Le Dieu répondit qu'il valoit mieux pour Alexandre qu'il demeurast où il estoit. Serapis avoit raison, car s'il se le fust fait apporter, et qu'Alexandre fust mort en chemin, ou mesme dans le Temple, que n'eust-on pas

30 dit ? Mais si le Roy recouvroit sa santé à Babilone, quelle gloire pour l'Oracle ? S'il mouroit, c'est qu'il lui estoit avantageux de mourir après des conquestes qu'il ne pouvoit ny augmenter, ny conser^'er. Il s'en falut tenir à cette dernière interprétation, qui ne manqua pas d'estre

1 5 trouvée à l'avantage de Serapis, si-tost qu'Alexandre fut mort I.

Macrobe dit que quand Trajan eut pris le dessein d'aller attaquer les Parthes, on le pria d'en consulter l'Oracle de la Ville d'Heliopolis, auquel il ne faloit

20 qu'envo3'er un Billet cacheté. Trajan ne se fioit point trop aux Oracles, il voulut auparavant éprouver celuy-là.

* Arrian, 1. j.

croyable qu'il n'y avoit que des hommes imposteurs qui s'en meslassent Or vous n'avez point prouvé que les démons aient pu et dû toûjorus parler clairement et sans ambiguïté dans leurs prédictions. Il faudroit pour cela qu'ils eussent une connoissance certaine de l'avenir et particulièrement des choses qui dépendent des causes libres ou contingentes. » Or, et Baltus en a fait la preuve, les démons ne connaissent pas l'avenir; donc « ils estoient obligez pour cacher leur ignorance, d'envelopper leurs Oracles dans des obscuritez et des ambiguitez affectées, qui faisoient que l'on pouvoit les accommoder à plusieurs évenemens tout differens, souvent mêmeopposez. » Réponse, 223. Il y avait d'ailleurs des oracles fort clairs, « et c'estoit particulièrement ceux par lesquels ils prédisoient dans un pais ce qu'ils avoient vu dans un autre». 225.

Page 1