I. Van Dale
que Philostrate prétende faire valoir son Apollon, parce qu'il n'estoit pas grand faiseur de miracles. Je croy qu'il y a en cet endroit là quelque poison contre les Chrestiens.
5 Nous avons veu comment du temps de Plutarque qui vivoit sous Trajan, cet Oracle estoit encore sur pied, quoy que réduit à une seule Prestresse, après en avoir eu deux ou trois. Sous Adrien, Dion Chrisostome dit qu'il consulta l'Oracle de Delphes, et en rapporte une
10 réponse qui luy parut assez embarassée, et qui l'est effectivement '.
Sous les Antonins, Lucien dit qu'un Prestre de Tyane alla demander à ce faux Prophète Alexandre si les Oracles qui se rendoient alors à Didime, à Claros, et à Delphes,
1 3 estoient véritablement des réponses d'Apollon, ou des impostures ^. Alexandre eut des égards pour ces Oracles qui estoient de la nature du sien, et répondit au Prestre qu'il n'estoit pas permis de sçavoir cela. Mais quand cet habile Prestre demanda ce qu'il seroit après sa mort, on
3 II pourroit y avoir... quelque venin 1687 — 9 et il en rapporte
1. Van Dale, 79. — « On sait que cet Auteur payen, pour obscurcir la gloire du Sauveur du monde et l'éclat de ses miracles, n'a point fait de difficulté d'inventer les fables les plus ridicules et de mettre en œuvre les faussetez les plus insignes... Est-ce donc d'un tel homme et dans un semblable ouvrage, que l'on doit attendre un aveu sincère du silence des Oracles : silence si honteux et si préjudiciable au paganisme, si glolieux à JESUS-Christ, et si avantageux à la Religion Chrétienne ? » Baltus, iî«/>onjtf, 334. — Au surplus, l'autorité du prêtre de Tyane ne vaut guère mieux. « L'imposteur n'ose lui répondre sur ce sujet... S'il s'en fût encore rendu, de quelque nature qu'ils pussent estre, auroit-il fait difficulté de le dire et de les reconnoitre pour légitimes, afin de rendre plus croyables ceux qu'il supposoit à son Esculape ? » 335.