‹ Histoire des oraclesChapitre 92 sur 112 · I. Van Dalc · texte numérisé non relu

I. Van Dalc

Mais les Empereurs Chrestiens ne reçoivent pas seulement ces titres, ils se les donnent eux-mesmes. On ne voit autre chose dans les Constitutions de Theodose, de Valentinien, d'Honorius et d'Anastase. 5 Tantost ils nomment leurs Edits, des Statuts Célestes, des Oracles Divins, tantost ils disent nettement, la tresheureuse expédition de nostre Divinité, etc ' .

On peut dire que ce n'estoit là qu'un stile de Chancellerie, mais c'estoit un fort mauvais stile, ridicule pendant

10 le Paganisme mesme, et impie dans le Christianisme ; et puis, n'est-il pas merveilleux que de pareilles extravagances deviennent des manières de parler familières et communes dont on ne peut plus se passer ?

La vérité est que la flaterie des Sujets pour leurs

1 5 Maistres, et la foiblesse naturelle qu'ont les Princes pour les louanges, maintinrent l'usage de ces expressions plus long- temps qu'il n'auroit fallu. J'avoue qu'il faut supposer et cette flaterie et cette foiblesse extrêmes chacune dans son genre ; mais aussi ces deux choses là

20 n'ont-elles pas de bornes. On donne sérieusement à un homme le nom de Dieu, cela n'est presque pas concevable, et ce n'est pourtant encore rien. Cet homme le reçoit, il le reçoit si bien qu'il s'accoutume luy-mesme à se le donner, et cependant ce mesme homme avoit

25 une idée saine de ce que c'est que Dieu. Ajustez-moy tout cela d'une manière qui sauve l'honneur de la nature humaine.

Quant au titre de Souverain Pontife, il n'estoit pas si flateur, que la vanité des Empereurs Chrestiens fust

30 intéressée à sa conservation. Peut-estre croyoient-ils

30 à se la consen-er 1742.

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