‹ Histoire des oraclesChapitre 94 sur 112 · Van Dale · texte numérisé non relu

Van Dale

2. Voici comment Van Dale résume les causes de la décadence des oracles. (442-445). « Si vero et ulterius consideremus veras ac genuinas causas, cur tandem in totum desierint cuncta ubique terrarum Oracula, inveniemus, puto, eas fuisse hasce sequentes. i. Mendacia eorum frequentia ; ac nulli, aut contrarii plané, praedictis eventus. 2. Corrupti pecunià aliisque Antistites, eorumque imposturae ac scelera, ex talibus causis commissa manifestata. 3. Fraudes ac fallaciae, artesque per Antra, Machinas et caetera praestigiatorum instrumenta perpetrata, tandemque à Consultoribus aliisve détecta. 4. Adulteria quandoque et ejusmodi plura crimina horrenda, quibus sub praetextu Religionis ac pietatis, illudebant superstitiosis fœmiuis eorumque credulis maritis, à Prophetis Antistitibusquc perpetrata... 5. Philosophi, Peripatetici scilicet et Cynici aliique; atquc imprimis Epicurei : qui omnem movebant quandoque lapidem ut hosce impostores pudefacerent. 6. Christian!, eorumque religio quocumque terrarum se diffundens... Et haec quideni praecipua causa fuit, atque ea ob quam in aeternam ruinam interitumque paulatim delapsa sint. Hisce 7. addi possent Jocularia illa ac verè ridenda, atque etiam alias frivola admodum, responsa nonnunquam per Prophctas Consultoribus data... » Et Van Dale donne des preuves de cette 7° raison dans le dévelop-

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tianisme. De plus il est certain que le Christianisme avant mesme qu'il fust encore la Religion dominante, fit extrêmement tort aux Oracles, parce que les Chrétiens s'étudièrent à en desabuser les Peuples, et à en découvrir 5 l'imposture ' ; mais indépendamment du Christianisme, les Oracles ne laissoient pas de décheoir beaucoup par d'autres causes, et à la fin ils eussent entièrement tombé.

On commence à s'appercevoir qu'ils dégénèrent dés

10 qu'ils ne se rendent plus en Vers. Plutarque a fait un Traité exprés pour rechercher la raison de ce changement, et à la manière des Grecs, il dit sur ce sujet tout ce qu'on peut dire de vray et de faux 2.

D'abord c'est que le Dieu qui agite la Pithie se pro-

15 portionne à sa capacité, et ne luy fait point faire de Vers si elle n'est pas assez habile pour en pouvoir faire naturellement. La connoissance de l'Avenir est d'Apollon, mais la manière de l'exprimer est de la Prestresse 3. Ce n'est pas la faute du Musicien s'il ne peut pas se servir

pement qui suit immédiatement. — Pourquoi faut-il seulement que Van Dale ait si mal suivi le plan qu'il a tracé lui-même ? et pourquoi trouve-t-on ce résumé si loin de la conclusion ? A la rigueur, cette page a pu servir à FonteneUe pour la distribution de quelques chapitres.

Et voici comment Baltus résume Fontanelle et le réfute. Les oracles ont pris fin, dit FonteneUe : 1° parle mépris où ils tombèrent, quand on ne les consulta plus que sur des affaires sans importance ; 2° par le « grand tort que leur firent trois sectes de philosophes » ; 3° par la grossièreté même de leurs fourberies. Or la fausseté de la troisième raison a été déjà démontrée (Deuxième partie); celle de la deuxième l'a été également, dans cette même « partie » ; et il est trop facile de prouver l'inexactitude de la première. C'est ce qu'il fait, dans sa Troisième partie (351-373), et avec plus de bonheur qu'à l'ordinaire, surtout pour ce qui regarde les oracles chez les Romains.

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