AVANT-PROPOS
jouissance des plus grandes richesses , le crédit et la puissance qui les donnent '. Ce livre s’arrête à saint François d’Assisc.
Le livre II est surtout consacre' à l’histoire des ordres mendiants. L’amour de la pauvreté, une admirable soumission aux volontés de l’Église, et un zèle infatigable pour les interets de la religion, tels sont les traits caractéristiques auxquels on peut reconnaître ces instituts. Quel contraste avec notre siècle !
Le point de départ du livrelllcst la prétendue re'forme du xvi c siècle. Ce fut une immense révolution que cette hérésie qui coïncida avec la decouverte de l’imprimerie , et l’on conçoit qu’elle dut introduire des rapports nouveaux dans l’économie des ordres religieux. Le lecteur les trouvera indiqués dans ce livre. Il verra surtout se détacher de ce tableau d’ensemble la célèbre compagnie de Jésus, destinée à de grandes vicissitudes parce qu’elle devait accomplir de hautes destinées.
Les trois derniers siècles ont vu se multiplier d’abord, périr ensuite, et enfin reprendre, d’une manière si étonnante, les congrégations religieuses , qu’il nous a paru utile de détacher le tableau de ces fondations du plan général qui embrasse l’histoire des ordres religieux. Le livre IV est donc consacré surtout aux congrégations séculières d’hommes ou de femmes , établies en France depuis la fin du xvi c siècle. Il est partagé en trois parties : 1° des congrégations religieuses d’hommes; 2° des congrégations religieuses de femmes; 5° de l’avenir des congrégations religieuses. L’avenir ! c’est là le mot de cet ouvrage.
Qui pourrait , en effet , nier la révolution qui nous enveloppe et nous presse de toutes parts? Nous voici au moment où, comme dit M. de Maistre , les peuples seront brodés pour être mêlés; nous voici à l’époque où à la corruption va succéder une réforme fondamentale dans la philosophie , dans la littérature et dans les lois. Les nationalités
1 Linguet, Essai philosophique sur le Monachisme, p. 11. I/auteur composa cet ouvrage à l’époque où il n’était qu’enfant, entouré et comme écrasé d’impics. En somme, il ne fait pas haïr les moines : c’est beaucoup.