‹ Histoire des ordres religieuxChapitre 60 sur 113 · LAZARISTES · texte numérisé non relu

LAZARISTES

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Le seul nom de Viuceut de Paul suflil pour expliquer les prodiges de charité qui éclatèrent au dix -septième siècle; ce saint est comme le principe et le centre de tous les travaux qui s'exécutèrent alors pour évangéliser les peuples et soulager l'humanité soulTrante ; missions, séminaires, écoles gratuites, hôpitaux, toutes les fondations utiles, en un mol, sont marquées, pour ainsi dire, au coin de saint Vincent de Paul; car, ou il en a été lui -même l'auteur, ou elles n'ont eu lieu que d'après son impulsion. On s’inspirait de sa charité, on s’éclairait de ses lumières; le clergé rivalisait de zèle avec l'humble prêtre , les femmes se dévouaient comme instruments de scs admirables projets, le pouvoir s’honorait de seconder son influence; sa grande âme, pour tout dire, se reflétait dans toutes les bonnes pensées, dans toutes les bonnes actions de l’époque.

Il n’est pas un homme remarquable du temps qui n’ait été ou son ami ou son disciple; et si nous voulions lui créer en ce moment un cortège autre que celui de scs

propres vertus, il nous serait facile de l’entourer des plus hautes illustrations.

Il nous faudra choisir dans une vie si pleine. Nous parlerons ici des Prêtres de la Mission et ailleurs des Filles de la Charité.

Vincent de Paul (1576-1660) était d’une famille pauvre, et l’obscurité de son origine contraste merveilleusement avec la grandeur des entreprises qu’il fut appelé à réali- /

ser ; mais Dieu se plaît à confondre l’orgueil, et l'humilité, fondement du christianisme, est toujours la vertu qu’il préfère. Vincent naquit au diocèse d’Acqs, fil scs cours de théologie à Toulouse, fut ordonné prêtre en 1600. La Providence, qui le destinait à secourir les captifs, permit qu’au retour d’un voyage à Marseille il connût par lui -même les misères de l’esclavage ; tombé entre les mains d’un corsaire barbaresque, qui l’emmena à Tunis, il n’obtint sa délivrance qu'au bout de deux ans. Il se rendit à Rome, d’où il revint en France l’an 1609, chargé d’une mission auprès du roi. Néanmoins, il vivait ignoré à Paris, visitant les hôpitaux, Ira-

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES D’HOMMES, ETC

vaillant à sa sanctification, lorsque le fondateur de l’Oratoire lui fit accepter la cure de Clichy, près Paris, et l’engagea ensuite à entrer comme précepteur chez le comte de Joigny, de la maison de Gondy, général des galères de France. 11 y demeurait lorsqu’il donna, l’an 1617, sa première mission à Folleville. L’humilité le porta à quitter celle maison où on lui témoignait à son gré trop d’égards, pour aller occuper la cure de Chàtillon-lcs-Dombcs, en Bresse; c’est là qu’il institua la première confrérie de charité pour le service des malades. Toutefois , vivement sollicité de rentrer dans la maison de Gondy, il y consentit à condition que, n’ayant plus qu’une inspection générale sur les enfants du comte, il pourrait se livrer au salut du prochain. II s'adjoignit alors, pour les missions, des prêtres vertueux, et les paroisses de Yillepreux, Montmirel,elc., furent le théâtre de leurs travaux; à Paris, Vincent instruisit les galériens, et, nommé aumônier général des galères, il alla visiter ceux de Marseille et de Bordeaux. Gc voyage lui donna occasion d’établir dans quelques villes les confréries de charité dont il avait eu l’idée à Chàlilloni ; nous n’avons point à nous occuper ici de l'institut auquel ces confréries ont donné naissance.

I/œuvre des missions, que le saint avait commencée , se consolida bientôt par une fondation expresse due à la piété du comte et de la comtesse de Joigny, qui, voulant établir des missions à perpétuité, chargèrent Vincent, et les prêtres qu’il s’associerait, d’acquitter celte fondation. L’archevêque de Paris, frère du comte, approuva l’établissement, et chargea Vincent de gouverner le collège des Bons-Enfants, devenu le berceau de la congrégation. Vincent en prit possession l’an 1625 ; l’archevêque confirma l’institut l’année suivante, Louis XIII l’autorisa par lettres patentes de 1628, et Urbain VIII érigea la congrégation par une bulle de!632.

Elle était destinée à évangéliser le peuple dans les campagnes, à diriger des séminaires , à envoyer des missionnaires en pays étranger. Vincent remplit le but de la fondation , dès l'origine , en envoyant ses missionnaires dans les provinces ; lui - même partit pour le Lyonnais. A ce ministère il joignit l’établissement de retraites pour les ecclésiastiques qui devaient être promus aux ordres; la première eut lieu à Beauvais, l’an 1628; trois ans après, les mêmes exercices s’ouvrirent à Paris, au collège des Bons- Enfants; de là l'usage s'en établit dans les autres diocèses du royaume, et même à l’étranger, et cette mesure, devenue générale, est l’un des grands services rendus à l’Église par saint Vincent de Paul.

En 1632, on lui céda la maison de Saint- Lazare, au faubourg Saint-Denis ; ccttc maison devint le chef- lieu de la congrégation, et l’occasion de ce titre de Uizaristes, sous lequel elle est plus connue. Dès ce moment, Vincent multiplia encore scs travaux. 11 améliorait la position des galériens de Paris, contribuait à fonder un hôpital pour ceux de Marseille, établissait à Saint -Lazare des conférences ecclésiastiques sur les devoirs et les vertus propres au clergé , y ouvrait encore des retraites pour tous les fidèles (autre usage qui passa aussi dans plusieurs diocèses), formait des séminaires, continuait ses missions.

Nous n’écrivons pas la vie de saint Vincent de Paul ; le détail de ses travaux , de ses bonnes œuvres, nous mènerait trop loin.

Nous résumons seulement l’histoire des Lazaristes. Or, quant à la formation des séminaires, on a lu, à la page 269, la liste de ceux que cette congrégation a successivement possédés ; elle en avait quarante-neuf ; et, pour compléter tout de suite la nomenclature de ses établissements , nous dirons qu’elle était chargée des cures des résidences royales, qu’elle dirigeait la maison de

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détention près Saint -Lazare, qu'elle avait «les maisons en Italie, en Piémont, en Espagne, en Portugal, en Pologne, à Constantinople et dans les échelles du Levant , en Barbarie, et jusqu’en Chine: elle desservait d’ailleurs l’Ile Bourbon. Parmi ces établissements, indépendamment des séminaires, il y avait des maisons pour les missions, car les missions sont l’œuvre principale des Lazaristes, à considérer ce titre de Prêtres de la Mission qu’ils reçurent de leur fondateur.

Presque tous les diocèses de France furent visités par ses disciples de son vivant : mais la charité de Vincent embrassait Punivers:

et si le souvenir de ce qu’il a fait au milieu de nous est plus présent à notre esprit , si notre cœur s’échauffe davantage en songeant à ces enfants trouvés dont il devenait le père, à ces trésors de charité qu’il répandait à flots sur la Lorraine et la Champagne, désolées par la guerre , à ces bienfaits de tous les genres et de tous les lieux qui formelle, en quelque sorte, le tissu de sa vie, nous ne devons pas oublier, cependant, que ce que Vincent faisait pour la France, il le faisait encore pour ses frères étrangers.

L’Italie, le Piémont, la Corse, la Pologne, l’Irlande, l’Ecosse, Alger, Tunis, Madagascar, recevaient des missionnaires de sa main : sur la plage d’Afrique, ces Lazaristes rivalisaient avec les religieux de la Merci , héroïques libérateurs des chrétiens captifs, et Abelly rapporte que, lorsqu’il écrivait son histoire , ils en avaient tiré environ douze cents de l’esclavage. C’est à multiplier ces bonnes œuvres que Vincent de Paul employait le crédit que ses vertus lui avaient assuré dans tous les cœurs, et jusque sur le trône.

Les derniers soins de Vincent furent pour ses deux congrégations ; on verra dans le Livre V qu’indépendammenl de celle des Prêtres, il avait, en effet, fondé cette autre association si précieuse, cl qui suftirait pour

faire bénir sa mémoire, les Filles de la Charité, eu un mot, mères des infirmes, des pauvres, des enfants trouvés ; Vincent avait voulu que les Sœurs fussent toujours sous la direction des supérieurs généraux des Lazaristes. Le saint mourut en 1660, âgé de 83 ans.

Ses premiers successeurs dans la charge de supérieur général, furent Réné Alméras (1672), Edmond Jolly (1697), Nicolas Picrron , qui soutinrent dignement le fardeau d’une telle succession. I/abbé Cayla de la Garde présidait au gouvernement des deux congrégations , quand la tempête révolutionnaire vint à éclater.

Supprimés en 1792 avec les autres congrégations et ordres religieux, les Lazaristes eurent, après le rétablissement du culte, l’espoir d’être eux- mêmes rétablis. Un décret de 1804, rendu en forme administrative, releva leur congrégation; un secours annuel de quinze mille francs , pris sur les fonds généraux du trésor public, lui fut accordé; on mit à sa disposition un hôtel situé à Paris, appartenant au domaine de l'État, pour servir de maison centrale et de noviciat, et plusieurs établissements dans les départements audeià des Alpes ; enfin, on l’autorisa à accepter un legs fait en sa faveur. N’élaienl-cc point des gages assurés de protection? Mais voilà qu’après la rupture de Bonaparte avec le pape , on renouvelle une destruction aussi impolitique qu'injuste , aussi contraire aux intérêts du pays qu’à ceux de la religion : la maison est retirée , la dotation supprimée, les biens-fonds conservés ou acquis sont confisqués ; tout cela en conséquence d’un décret furtif de 1809, qui annule le décret authentique de 1804.

Avec 1814 survint un gouvernement plus juste, plus sage, plus religieux, qui cul la pensée de rétablir ce qui avait été créé autrefois sous scs auspices; l’ordonnance du 3 février 1816, restitua aux Lazaristes une

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existence légale qui les rendait aptes à recevoir, acquérir et posséder; et cette existence se trouva confirmée par la loi des comptes pour chaque exercice qui approuvait le secours annuel accordé à la congrégation par les lois successives de finances.

Ainsi protégés par le gouvernement qui les avait rétablis dans leurs premières fonctions, les Lazaristes rentrèrent dans plusieurs de leurs anciens établissements de France. Des coopéraleurs instruits et zélés , de jeunes aspirants de la plus grande espérance vinrent se joindre à eux, surtout depuis que la munificence royale, ne pouvant leur rendre l’ancien local de Saint-Lazare, employé depuis longtemps à un autre usage, leur eut accordé une maison rue de Sèvres, à Paris, où est placé le séminaire interne , sous les yeux mêmes du chef de la congrégation. Les uns se préparèrent à former dans les séminaires des prêtres fidèles et capables ; les autres , à porter aux pauvres habitants des campagnes les consolations de la religion ; ceux-ci, à soutenir la foi chancelante des chrétiens qui vivent sous la domination mahomélane à Constantinople et en d'autres échelles du Levant ; ceux-là enfin , à entretenir et à augmenter même , à la faveur de certains arts libéraux ou mécaniques, comme l’astronomie, la peinture, l’horlogerie, les progrès de la religion dans la Chine. Les ministres de la restauration mirent plus d’une fois à la disposition des Lazaristes des fonds pour relever et affermir les missions du Levant, pour envoyer en Chine de nouveaux missionnaires au secours du petit nombre que la persécution des mandarins avait épargnés.

C’était beaucoup sans doute que de tels avantages; mais la congrégation n'était pas encore rétablie sur l'ancien pied. Depuis la mort de son dernier supérieur général, M. Cayla de la Garde (1801), auquel on n’avait pu , dans l’état des choses . donner un

successeur, le pape avait nommé provisoirement deux vicaires généraux , l’un pour la France, l’autre pour les pays étrangers; mais, les circonstances étant devenues plus favorables, les membres souhaitèrent de se trouver , comme autrefois , réunis sous un même chef. Dans l’impossibilité de convoquer le chapitre général pour la nomination soit du supérieur, soit des assistants, on négocia à Rome pour que le pape y pourvût.

Le saint-père conserva à la France le privilège dont elle avait toujours joui, celui de fournir le supérieur général. Un bref du 16 janvier 1827, dans lequel le pape reconnaît que ce supérieur général a toujours été un Français, quoique celte coutume ne constitue pas un droit exclusif, et qu'il est en même temps supérieur nécessaire des Filles de la Charité, nomma à ces fonctions Pierre Dewailly (1829), que le vœu des Lazaristes, transmis à Rome par le roi, y avait appelé.

M. Salorgne lui a depuis succédé.

Aujourd'hui les Lazaristes dirigent, en France, outre la maison chef-lieu, le grand séminaire d’Amiens, les grands et les petits séminaires de Cahors, de Montauban, de Carcassonne, de Saint-Flour et de Vannes.

Ils ont des établissements en forme de collèges, et dans la dépendance de l'université, à Montdidicr, à Roye , et à Montolicu près Carcassonne : leur principal pensionnat, formé par Pierre Dexvailly, est à Montdidicr. Hors du royaume, ils ont conservé leurs établissements , et nous trouvons dans un recueil précieux pour les Amis de la Religion l'état suivant de leurs missions.

La congrégation de Saint-Lazare est chargée en Chine de toute la province de Pékin, de celle de Canton et de la Tartaric orientale ; elle y met un évêque européen, quinze prêtres indigènes , et environ quarante mille chrétiens. Elle est chargée aussi de la province de Nankin et de celle de Honan , où elle a un prêtre européen , sept prêtres in-

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en arménien, en italien et en français. Ils s occupent précieusement des Arméniens catholiques , qui ne reçoivent de secours spirituels, pour ainsi dire, que des mission* aires, attendu que Pétât d'asservissement ou les ont tenus jus, „' ici schismatiques,

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La dernière persécution a donné lieu ù de nombreuses conversions , le courage et • foi < es catholiques aj ant été d'un grand exemple. Les secours distribués par les missionnaires ontaussi été fort utiles. Ou a enfin obtenu I affranchissement des catholiques oscrvisjusqu’iei par les schismatiques Dormant ils auront un patriarche reconnu P gouvernement, et cesseront d'étre sous la juridiction oppressive des schisme-

tèr! so “ rcrain ponur ° ° n ° mmi C f px-

ehe, qui est en ce moment à Constan-

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tiuoplc. Cet ctat de choses donne de grandes espérances pour l’avenir; mais le clergé et les fidèles sont très-pauvres. Les Arméniens catholiques sont à Constantinople au nombre de plus de vingt mille, parmi lesquels il y en a beaucoup de fort édifiants. La population entière des catholiques à Constantinople est de plus de quarante mille de diverses nations; il y en a aussi en grand nombre dans les villages des environs.

Saloniquc renferme environ deux cents catholiques dirigés par deux missionnaires qui s’occupent aussi d'instruire les schismatiques bien disposés; il n’y a pas d'autres prêtres catholiques. A Santorin , il se trouve plus de six cents catholiques qui offrent de grands exemples de piété ; il n’y a qu'un missionnaire, on se propose d’y en envoyer un second. Une communauté de religieuses s’y occupe de l'éducation de la jeunesse. Naxie compte beaucoup plus de catholiques, mais nous ne saurions en déterminer le nombre ; deux missionnaires y prêchent en grec et y exercent toutes les fonclionsdeleurminislèrc.lis tiennent aussi une école, l’ile n’offrant aucune ressource pour l'instruction de la jeunesse ; cette école est gratuite. Smyrne possède un assez grand nombre de catholiques, soit du pays, soit d'autres nations ; il y a deux missionnaires qui prêchent en grec, en italien et en français • ils tiennent aussi une école pour les enfants.

Antoura est l’endroit où arrivent les missionnaires qui sc destinent aux missions du Levant ; ils y demeurent deux ou trois ans, pour y apprendre l'arabe, la seule langue du pays. Il s’y trouve peu de catholiques, mais c’est un lieu de passage pour les chrétiens qui vont visiter la terre sainte. Il y a deux missionnaires à Antoura; la maison qu’ils occupent était destinée autrefois à l’éducation de la jeunesse du pays, spécialement des .Maronites qui voulaient cutrer

dans l’état ecclésiastique. Ce séminaire perdit ses ressources, pendant la révolution, et fut dissous; il serait bien important de le rétablir. 11 y a à Antoura une communauté de religieuses de la Visitation, dirigée par les missionnaires. Tripoli de Syrie n’a en ce moment aucun missionnaire; celte mission fut abandonnée il y a trente ans, par suite de la mort des prêtres qui y résidaient; la chapelle et la maison sont dans un grand état de délabrement et exigeraient bien cinq ou six mille francs pour les réparations. Alep était autrefois une ville très -commerçante, qui a beaucoup perdu depuis un dernier tremblement de terre. Elle renferme environ deux mille catholiques, sans compter ceux répandus dans les campagnes des environs ; deux missionnaires leur donnent des soins. Damas a aussi environ deux mille catholiques et deux missionnaires, qui s’occupent en ce moment d’y établir une école; cette mission a été rétablie il y a deux ans. Les montagnes du Liban étant couvertes de catholiques, les missionnaires vont de temps en temps les visiter.

Ces quatre missions de la Syrie méritent l'intérêt des fidèles. 11 y a dans ce pays des hérétiques de toutes les sectes, et on en ramène assez souvent dans le sein de l’Église.

11 y a quelque temps, un évêque et son diocèse se sont réunis à l'Église romaine. Malheureusement il règne dans ce pays, même parmi le clergé, une ignorance extrême. Les missionnaires y jouissent d’une grande confiance et d'une grande considération. Ils honorent la religion par leur zèle contre les hérétiques et par leur empressement à secourir les catholiques, autant qu’ils le peuvent, contre les vexations des pachas.

La mission d'Alger fut établie par saint Vincent de Paul lui- même en faveur des chrétiens captifs. Elle fut supprimée à l’époque de la révolution et dépouillée de scs biens. En 1814, le pape témoigna le désir

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(Je la voir rétablie ; on y envoya l’année suivante deux Lazaristes, qui y restèrent jusqu’au blocus. Comme il n’y avait plus d’esclaves à Alger, les missionnaires exerçaient le ministère pour les catholiques qui y étaient en petit nombre , mais qui n'avaient point d’autres prêtres. A l’époque de la pèche du corail, qui dure plusieurs mois, un des deux missionnaires se transportait à Boue , où il y a beaucoup de pécheurs catholiques de toutes nations, qui, sans cela, ne sont point assistés.

Depuis quelque temps, les Lazaristes ont envoyé des missionnaires aux Etats-Unis; dix dirigent des paroisses. Us ont dans le diocèse de Saint- Louis un séminaire composé de trente sujets , un noviciat de neuf jeunes gens, et un collège qui a près de cent élèves. Les évêques de Saint-Loui cl de la Nouvelle-Orléans appartiennent à la congrégation.

Elle a récemment formé deux collèges dans le Brésil ; dans l’un est un noviciat.

Le gouvernement lui laisse la liberté de former dans ce pays de nouveaux établissements.

On avait fait venir en 1820 quatre jeunes Chinois pour leur donner leur éducation ecclésiastique en France; deux autres arrivèrent encore au mois d'octobre 1830. Il a fallu, dans les circonstances, faire repartir ces jeunes gens. Us ont quitté Paris le 23 novembre , accompagnés d’un prêtre qui se

destine aux missions de la Chine. Ce voyage a coûté plus de treize mille francs. La congrégation recevait autrefois du gouvernement un secours annuel de quinze mille francs ; ce secours vient d’étre supprimé, ou du moins considérablement réduit. On avait résolu de faire imprimer une Journée du Chrétien et une Imitation de J.-C., en grec moderne, pour les catholiques grecs qui sont dépourvus de livres de piété , et à qui les Anglais ofTrent des Bibles protestantes; la Journée du Chrétien, qui a été tirée à quatre mille exemplaires, a coûté quatre mille francs; le défaut de fonds a obligé d'ajourner l'impression de V Imitation.

Voilà donc quels progrès les Lazaristes ont faits depuis leur rétablissement, voilà aussi la pénurie où les a jetés la révolution de 1830. Catholiques, qui d’un coup d’oeil pouvez embrasser tout le bien que ces dignes enfauts de saint Vincent de Paul opèrent au dedans cl au dehors du royaume, catholiques, qui pouvez tout pour leurs séminaires de France et pour leurs missions de l’extérieur ; catholiques, ne suppléerezvous point aux secours dont le gouvernement prive les Lazaristes? II leur retire sa main protectrice, étendez la vôtre vers eux ; concourez à leurs travaux et par vos vœux et par vos dons. N’en seriez-vous pas abondamment récompensés , dût , la religion après tous vos sacrifices, ne compter qu’un chrétien de plus ?

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