CONGRÉGATION DE LA MISÉRICORDE DE JÉSUS
Parmi les congrégations d’Hospitalières formées au xvn c siècle, et qui continuent à remplir leur sublime et touchante vocation, il faut placer celle de la Miséricorde de Jésus, qui prit naissance à Dieppe, l'an 1630.
Les pieuses filles qui desservaient l'hôpital de Dieppe adoptèrent la règle de saint Augustin, en ajoutant aux trois vœux de religion celui de servir les pauvres. Elles obtinrent des lettres patentes en 1638 et des bulles en 1664 et 1667. Leur institut fut successivement introduit dans vingt-quatre hôpitaux, à Vannes, en 1638, à Rennes, à Baycux, à Quimper, à Eu, à Vitré , à Genlilly, à Guéménée, à Launion, à Carhaix, à Châtcau-Gontier, à Auray, à Fougères , à Guingamp , ù Morlaix , à Tréguicr, à Saint-Mandé, à Harcourt, à Caderoussc, à Gucrande et à Saint-Marcel de Paris; toutes ces fondations eurent lieu dans le courant du xvn c siècle. Les religieuses envoyèrent aussi plusieurs d'entre elles au Canada.
Sept de leurs maisons n’existent plus, soit par l’eflel de la révolution , soit par toute autre cause.
L'hôpital de Château -Gonticr, entre au-
tres, fut confié à ces religieuses l'an 1674 ; elles y furent attirées de Vitré par les soins de l’abbé le Drogo, confesseur des pauvres, qui avait donné son bien à l'hôpital.
Elles y furent reçues avec beaucoup de marques d'intérêt et de joie, et reconnurent cet accueil par leur désintéressement, leur assiduité, leur dévouement pour les malades.
Elles y étaient si estimées , que les décrets révolutionnaires les ayant forcées, en 1792, de quitter l'hôpital , elles curent à se louer de la bienveillance des autorités, et n’éprouvèrent que les disgrâces communes de cette époque. Elles restèrent dans la ville , observant leur règle, et rendant des services autant qu’elles le pouvaient. En 1801, on les rappela dans l’hôpital ; elles reprirent leurs fonctions avec le même courage et le même désintéressement , n’ayant plus voulu recevoir la pension que l'hôpital leur avait promise, pour se borner à la rétribution modique que leur donne le gouvernement. Ces pieuses filles continuent aujourd'hui à servir les pauvres. Elles sont au nombre de trente - quatre religieuses de chœur et de huit converses.