HOSPITALIÈRES DE LA FLÈCHE
Marie de la Fère, fille pieuse, et qui appartenait à une famille honorable, avait commencé à la Flèche une congrégation d’Hospitalières : mademoiselle de Ribeyre , ancienne fille d'honneur de la princesse de Condé, allait comme elle servir les pauvres dans l'hùpital de la ville , et d'autres jeunes personnes s’étant vouées successivement à ces charitables fonctions, Claude de Ilueil, évêque d’Angers , leur avait donné des constitutions en 1643. Une circonstance toute particulière ajouta un grand lustre à cette communauté. AnnedeMclun,princcsscd’Épinoy, née près de Mons, d’une des plus nobles familles de Flandre, abandonna à trente ans sa famille et sa patrie , pour aller dans l’obscurité, mener une vie plus parfaite. Un de ses frères consentit à lui servir de guide dans ce pieux voyage. Déjà elle s’établissait à Saumur, lorsque, la découverte de son secret ne permettant plus qu’elle y restât inconnue, il fallut qu’elle cherchât un autre asile. C’est ainsi qu’elle arriva sous le nom de mademoiselle de la Haie, à l’hùpital de la Flèche où on la reçut comme novice, et où
elle ne se distingua des Sœurs que par une pratique plus exacte de l’humilité, de l'obéissance et de la mortification. Dans cette position, Anne de Melun satisfit son penchant pour les bonnes œuvres. Ayant appris qu’à Bcaugé, autre petite ville de l’Anjou , une vertueuse fille, Marthe de la Baussc, avait entrepris de bâtir un hôpital qui restait inachevé faute de fonds , elle s’y rendit , fit terminer les travaux , et y plaça des Sœurs de la Flèche. En 1660, l’un de ses frères, le vicomte deGand , trahit le secret de la princesse; elle n’en continua pas moins le même genre de vie, fonda depuis un hôpital à Beaufort, et augmenta celui de Beaugé. Anne de Melun mourut en 1679, dans cette dernière ville, après avoir donné au monde ce grand exemple d’abnégation.
La congrégation des Hospitalières, dont elle remplit les fonctions sans en prendre l'habit, forma des établissements à Laval, à Moulins, à Mmes, à Avignon, et jusqu’à Montréal en Canada. Ces filles s’astreignirent dans la suite à la clôture et aux vœux de religion.