‹ Histoire des ordres religieuxChapitre 89 sur 113 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

HOSPITALIÈRES DE SAINT-TnOM AS-DE- VILLENEUVE.

Sous les auspices de saint Thomas de Villeneuve, archevêque de Valence , et qui se rendit si recommandable par sa charité envers les malheureux, le Père Ange le Proust, religieux Augustin de la communauté de Bourges, et prieur du couvent deLamballe, fonda, en Bretagne, une congrégation d’IIospilalières, l’an 1660. C’est dans l’hôpital môme de Lamballe que s’établit la première communauté de ces pieuses filles, servantes des pauvres et des malades ; elles obtinrent des lettres patentes en 1661 ; mais leur nombre s’étant accru , elles se propagèrent en Bretagne, rétablissant des hôpitaux abandonnés , procurant des secours aux infirmes. Elles vinrent à Paris, et s’y occupant de l’instruction de la jeunesse , elles y ouvrirent des écoles ; bientôt elles y possédèrent une maison, qui devint le chef- lieu de leur congrégation.

Ces hospitalières suivent la règle du tiersordre de Saint- Augustin. Lorsqu’elles font profession, une pauvre femme les embrasse, et leur met une bague au doigt, en leur di-

sant : Sott renez -vous, ma chère Sœur, que vous devenez la serrante des pauvres. Après la mort du Père Ange le Proust (1697), elles élurent pour supérieur la Chétardic, curé de Saint -Sulpice; Languet, son successeur , gouverna aussi ces Hospitalières.

La révolution ne devait pas plus les épargner quelle n’épargnait tant d’autres congrégations non moins utiles; mais le zèle du ministre Chaptal pour la restauration des hospices et le rétablissement des vénérables gardiennes que la religion leur avait données , lui fit accorder aux Filles de Saint- Thomas -de -Villeneuve la permission de former des élèves comme les Sœurs de la Charité, leur laissant, à cet effet, pour leur noviciat, la maison de Paris, chef- lieu de leur congrégation, et les aidant, pour commencer, d’un secours de six mille francs.

Admirable émulation que celle qui régnait ainsi entre les diverses Hospitalières, qu’on voyait toutes demander, comme une grâce, au gouvernement , la faculté de reprendre leur ancien et pénible ministère ! Ce n’était

CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE FEMMES, ETC

pas le besoin de vivre, puisqu'en reprenant leurs laborieuses fonctions, elles ne sont guère plus riches que les pauvres cux-inômes auxquels elles se dévouent. C’est le besoin du bien, ce besoin sublime que peut seul inspirer l’esprit de Jésus- Christ, dont elles sont animées : aussi était- ce une faveur pour ces vierges chrétiennes, que d’agréer leur temps , leurs services , leur vie même. Dès 1807 , les Filles de Saint- Thomas -de -Villeneuve, dont le chef- lieu et le noviciat se trouvaient à Paris, étaient au nombre de deux cent quatre -vingt -trois, et possédaient trente-deux établissements;

dans les hospices , elles servaient les malades; chez elles, elles soignaient les pauvres et cette maladie qu’engendre la misère :

elles sc livraient encore à l’instruction gratuite. Au chapitre général des associations de charité, elles demandèrent en immeubles la maison du Bon-Pasteur, à Paris, leur ancienne maison de Saint-Germain-en-Layc qu’elles occupaient alors, et des secours en argent. Le secours est aujourd’hui fixé annuellement à six mille francs.

La supérieure générale actuelle est madame Sibire, et le supérieur général, Monseigneur l’archevêque de Paris.

Page 1