FILLES DU BOX -PASTEUR
L’instruction et l’éducation des enfants sont une tâche bien méritoire; il y a un grand mérite encore à servir l’humanité souffrante ; mais une œuvre non moins belle aux yeux de la religion et de la société, et peutêtre beaucoup plus difficile, c’est de retirer du vice des âmes que des occasions dangereuses y ont plongées; car il est plus aisé d’entretenir l’innocence que de la faire recouvrer par le repentir après qu’on l’a perdue; il est plus aisé de guérir les plaies du corps que de cicatriser les blessures de l’âme. On chercha cependant à y réussir ; des maisons de refuge s’élevèrent comme des remèdes au mal. et, pour ne parler que du plus important de ces asiles, on le dut à la sollicitude de madame de Combé.
MaHe deCys(1696- 1692) naquit à Lcydc au sein du protestantisme. Elle épousa, à dixneuf ans, M. de Combé, qui la laissa veuve à vingt et un. Sa famille l’ayant amenée en France, la jeune mais sainte veuve abjura l’hérésie pour embrasser la religion catholique. Ses parents irrités l'abandonnèrent; mais la Ilarmondière, curé de Saint- Sulpice , la plaça dans une communauté, et lui
obtint môme une pension sur ses économats.
Madame de Combé ne s’occupa plus que de piété et de bienfaisance. Malgré son peu de ressources, elle entreprit de retirer du désordre les filles qui voudraient changer de conduite; des personnes charitables l’aidèrent, et une communauté, d’abord peu nombreuse, se forma ruedu Cherche- Midi.
Louis XIV , qui sentait toute l'importance de cette fondation , lui accorda en 1688 une maison et une somme pour la mettre en état ; les charités firent le reste. A force de dévouement , madame de Combé surmonta tous les obstacles ; elle accrut môme les bâtiments avec le nombre des pénitentes, et éleva une chapelle. On distinguait dans l'institut les filles dont la conduite avait toujours été régulière , et les pénitentes volontaires qu’on formait au travail et à la vertu. Ce n’est qu’après la mort de la fondatrice que l’établissement obtint, en 1698, des lettres patentes.
Des Sœurs instruites par madame de Combé formèrent en peu de temps des établissements semblables dans les provinces ; nous citerons les villes d’Orléans, d’Angers, de Troycs , de Toulouse et d'Amiens.