Saint Jér., In Gai., vi
4. C'était l'erreur des hydroparattales ou aqttarienê. Tbéodoret, Hœr. fab., I, SO; Pseudo-Aug., Hœr., 64; Philastre, 77. "' saint Cypriao, Epitt. 63.
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saient de toutes parts, et prétendaient en cela tirer la conséquence rigoureuse des principes chrétiens. De la Mésopotamie, ces idées se répandirent à Antioche, en Cilicîe, en Pisidie, dans toute l'Asie Mineure, à Rome, dans les Gaules. L'Asie Mineure, surtout la Galatie, en restèrent le centre *. Les mômes tendances se produisaient sur plusieurs points à la fois. Le paganisme n'avait-il pas, de son côté, les macérations des cyniques * ? Un ensemble de fausses idées, très répandues, portait à croire que, le mal venant de la concupiscence, le retour à la vertu implique le renoncement aux plus légitimes désirs.
La distinction des préceptes et des conseils restait encore indécise. L'Église était conçue comme une assemblée de saints attendant dans la prière et l'ex* tase le renouvellement du ciel et de la terre; rien n'était trop parfait pour elle. L'institution de la vie religieuse résoudra un jour toutes ces difficultés. Le couvent réalisera la parfaite vie chrétienne, dont le monde n'est pas capable. Tatien ne fut hérétique que pour avoir voulu faire à tous une obligation de ce que saint Paul avait présenté comme le meilleur.
4. Philosoph., VIII, SO; Sozom.,VJ4; Macarias Magnes, III, 43, p. 454 ; cf. II, 7, p. 7; Epiph., xlvi, 4 ; lxi, t.
5. Lucien, Peregr,, 47, S8; Simplicius, /n Epict., p. 39, 40 (DUbner). a Philosoph., VIII, 20
108 ORIGINES Dit r.HKISTlÂNlSMli. ^ [An 169)
Tatien ofire, on le voit, beaucoup de ressemblance avec Apelle. Comme lui, il changea beaucoup, et ne cessa de modifier sa règle de foi; comme lui, it s'attaqua résolument à la Bible juive et s'en fit le libre exégète. Il se rapproche aussi des prolestante du XVI* siècle et particulièrement de Calvin. Ce fui. 111 tout cas, l'un des hommes les plus profondément chrétiens de son siècle, et, s'il tomba, ce fut, comme Tertullien, par excès de sévérité. On peut ringer parmi ses disciples ce Jules Cassien, qui écrivit plusieurs livres d'Ecoegetica, soutint, par des arguments analogues h ceux du Discours contre les Hellènes, que la philosophie des Hébreux fut bien plus ancienne que celle des Grecs, poussa le docétisme h, de tels excès qu'on le regarda comme le chef de cette hérésie, et associa au docétisme une horreur des œuvres de la chair qui le conduisit à une sorte de nihilisme destructeur de l'humanité. L'avènement du royaume dé Dieu lui apparaissait comme ta suppression des sexes et de la pudeur '. Un certain Sévère suivit une fantaisie plus libre encore, repoussant les Actes des apôtres, injuriant Paul, reprenant les mythes vieillis du gnosticisme. De naufrage en
'Aloi., Siroj»., r, »(; III, (3 et Buiv.; Théodoret,
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naufrage, il alla échouer tout près des chimères des archontiques * , continuateurs des folies de Markos *• De son nom les encratites s'appelèrent sévériens. . Toutes les aberrations des ordres mendiants du moyen âge existèrent en ces temps reculés. Il y eût, dès les premiers siècles, des saccophores ou frères porte-sacs; des apostoliques ^ prétendant reproduire la vie des apôtres ; des angéliques, des cathares ou purs, des apolacUtes ou renonçants, lesquels refusaient la communion et le salut à tous ceux qui étaient mariés et possédaient quelque chose '. N'étant pas gardées par l'autorité, ces sectes tombèrent dans la littérature apocryphe. L'ÉVangile des Égyptiens, les Actes de saint André, de saint Jean, de saint Thomas furent leurs livres favoris*. Les orthodoxes prétendaient que leur chasteté n'était qu'apparente, puisqu'ils attiraient les femmes à leur secte par toute sorte de moyens, et qu'ils étaient continuellement avec elles. Ils formaient des espèces de communautés où les deux sexes vivaient ensemble, les femmes servant les hommes et los suivant dans leurs
4. Eusèbe, IV, xxix, 4, 5; Epiph., xlv, Théodcref, !, J4 ; Pseudo-Aug., 84. Cf. Orig., M Cels.,y, 66.