Voir Eusèbe, IV, xxvi, 2, édit. de Ueinichea
IM ORIGINES DU CHRISTIANISME. (Ad 105]
fortune de Méliton fut celle de Papias et de tant d'autres docteurs du n* siècle, Vrais fondateurs, les premiers des Pères en réalité, et qui n'eurent d'autre tort que de ne pas avoir deviné d'avance ce qui devait un jour être réglé par les conciles.
Glaudius Apollinaris, ou Apollinaire ^, maintemait l'éclat de l'Église d'Hiérapolis, et, comnie Méliton, joignait la culture littéraire et philosophique à la sainteté. Son style passa pour excellent, et sa doctrine pour la plus pure. Par son éloignement du judéo-christianisme et son goût pouf l'Évangife de Jean, il appartenait au parti du mouvement plus qu'à celui de la tradition. Gomme ce fut le mouvement qui triompha, ses adversaires ne furent dès lors que des arriérés. Nous le verrons, presque en même temps que Méliton, présenter une Apologie à Marc- Aurèle. Il écrivit cinq livres adressés aux païens, deux contre les juifs, deux sur la Vérité, un sur la Piété, sans parler de beaucoup d'autres ouvrages qui n'arrivèrent pas à une grande publicité , mais
4. Sérapion d'Antioche, dans Eus., V, xix, 2; Eusèbe, ÏV, ixi; XXVI, 4; xxvii; V, v, 4; xvi, 4; xix, 4-î; Chron., édil. Schœne, p. 473; saint Jérôme, De viris ilL, 26; Episl., 84; Théodorel, Hcer. fab., I, 24; lïl, 2; Socrale, lïl, 7; Nicéphore, IV, 44 ; X, 44; Chron. d'Alex,, p. 6 et suiv., 263 (Du Gange); Photius, cod. xiv; Otto, Corpuê ApoL, IX, p. 478 et suiv.
[Ab i^ MARC-AORtLB. 101
furent très estimés de ceux qui les lurent. Apollinaire combattit énergiquement le montanisme et fut peutêtre réyéque qui contribua le plus à sauver 1* Église du danger que lui faisaient courir ces prédicants. Les excès des encratites le trouvèrent aussi fort sévère. Un mélange étonnant de bon sens et de littérature, de fanatisme et de modération caractérisait ces hommes extraordinaires, vrais ancêtres de l'évêque lettré» politiques habiles, tout en ayant Tair de n'écouter que l'inspiration du ciel^ opposés aux violents, tout en étant eux-'mômes des violents. Grâce aux douceurs menteuses d'un langage libéral, ces Dupanloups anticipés prouvèrent que les calculs mondains les plus raffinés n'excluent pas l'illuminisme le plus bizarre, et qu'avec une parfaite honnêteté, on peut réunir en sa personne toutes les apparences de l'homme raisonnable et tous le» entraînements de l'exalté.
Miltiade, comme Apollinaire, grand adversaire des montanistes, fut aussi un écrivain fécond. Il composa deux livres contre les païens, deux livres contre les juifs, sans oublier une Apologie adressée aux autorités romaines ^ Musanus combattit les encra-
4. Eusèbe, V, cb. xyn; Tertnlliei», M Vol., 5 ; saint Jérôme, De viris ilL, 39; Chron, d'Alex., p. S63 (Du Caoge); Otto, Corpus apol., t. IX, p. 364 et suiv.
m ORIGINES DD CHRISTIANISME. (An ItC]
tites, disciples de Tatieii '. Afodestus s'appliqua surtout à dévoiler les ruses et les eireurs de Marcîon * . Poiycrate, qui, plus tard, devait présider en quelque sorte à l'Église d'Asie, brillait déjà par ses écrits*. Une foule de livres se produisaient de tous les côtés*. Jamais peut-être le cliristianisme n'a plus écrit que durant le n* siècle' en Asie. La culture littéraire était extrêmement répandue dans cette province; l'art d'écrire y était fort commun, et le christianisme en profilait. La littérature des Pères de l'Église commençait. Les siècles suivants ne dépassèrent pas ces premiers essais de l'éloquence chrétienne ; mais, au point de vue de l'orthodoxie, les livres de ces Pères du n' siècle offraient plus d'une pierre d'achoppement. La lecture en devint suspecte ; on les copia de moins en moins, et ainsi presque tous ces beaux écrits disparurent, pour faire place aux écrivains classiques, postérieurs au concile deNicée, écrivains plus correctscommedoctrine, mais, en général, bien moins originaux que ceux du n* siècle.
1. Ensèbe, IV, H. E., ch. xxi et xxviii; Chron., édit. Schœne, p. 177; saint Jérôme, De virit ill., 31; Thi*odoret, ffœr. fab.,
S. Basèbe, IV, ch. xxi et xxT.
3. Eusèbe, V, xxiv; saint Jérôme, De viris ill., 49-, Labbe, ne, I, p. 600.
t. Ensàbe, IV, ch. \xt, xxv.
[Ad 165] MARC-AURÈLB. 193
Un certain Papirius, dont on ignore le siège épiscopal, était extrêmement estimé*. Thraséas, évêque d'Euménie, dans la région du haut Méandre, eut la gloire la plus enviée, celle du martyre. Il souffrit probablement à Smyrne, puisque c'est là. qu'on honorait son tombeau*. Sagaris*, évoque de Laodicée, sur le Lycus, eut le même honneur sous le proconsulat de L. Sergius PauUus vers Tannée 165. Laodicée conserva précieusement ses restes*. Son nom resta d'autant plus fixé dans le souvenir des Eglises, que sa mort fut l'occasion d'un épisode important se rattachant à l'une des plus graves questions du temps.