‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 121 sur 364 · V. V Antéchrist, p · texte numérisé non relu

V. V Antéchrist, p

5. Voir VÈgl. chrél,, p. 436. Le mot eunuque, dans le langage ecclésiastique du ii* et du m® siècle, veut dire souvf^nt

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serva en tout la règle du Saint-Esprit, lequel repose à Sardes, attendant Tappel céleste qui le fera ressusciter d'entre les morts? Tous ces hommes-là célébrèrent la pâque le quatorzième jour, selon l'Évangile, sans rien innover, suivant la règle de la foi. Et moi aussi, j'ai fait de même, moi Polycrate, le plus petit de vous tous, conformément à la tradition de mes parents, dont quelques-uns ont été mes maîtres (car il y a eu sept évoques dans ma famille; je suis le huitième); et tous ces parents vénères solennisaient f'e jour où le peuple commençait à s'interdire te levain. Moi donc, mes frères, qui compte soixante-cinq ans dans le Seigneur^, qui ai conversé avec les frères du monde entier, qui ai lu d'un bout à l'autre la sainte Écriture, je ne perdrai pas la tête, quoi que Ton fasse pour m'elTrayer. De plus grands que moi ont dit : « Mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes... )> Je pourrais citer les évéques ici présents, que, sur votre demande, j'ai convoqués ; si j'écrivais leurs noms, la liste serait longue. Tous étant venus me voir, pauvre chétif que je suis, ont donné leur adhésion à ma lettre, sachant bien que ce n'est pas pour rien que je porte des cheveux blancs, et assurés que tout ce que je fais, je le fais dans le Seigneur Jésus.

Ce qui prouve que la papauté était déjà née et bien née, c'est l'incroyable dessein que les termes un peu âpres de celle leltre inspirèrent à Victor. Il prétendit excommunier, séparer de l'Eglise universelle

célibataire. Atbénag., 33; Glém. d'Alex., S(rom.^ III, 43; Comlil. apost., YIII, 40; Tert, De cultu fem., II, 9. Cf. Matth., xix, 42. 4. Comparez une expression analogue dans la bouche de saint Polycarpe {C Église chrét,, p. 457), pour désigner son à e.

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la province la plus illustre, parce qu'elle ne faisait pas plier ses traditions devant la discipline romaine. Il publia nn décret en vertu duquel lea Églises d'Asie étaient mises au ban de la communion chrétienne*. Mais les autres évéques s'opposèrent à cette mesure violente et rappelèrent Victor à la charité'. Irénée de Lyon, en particulier, qui, par la nécessité du monde où il se trouvait transporté, avait accepté, pour lui et pour ses Églises des Gaules, la coutume occidentale, ne put supporter la pensée que les Églises mères d'Asie, auxquelles il se sentait attaché par le fond de ses entrailles, fussent séparées du corps de l'Église universelle. Il dissuada énergiquement Victor d'excommunier des Églises qui s'en tenaient à, la tradition de leurs pères, et lui rappela les exemples de ses prédécesseurs plus tolérants:

Ou], les anciens qui présidèrent avant Soter è l'Ëglise que tu conduis maintenatit, nous vonîoas dire Pius, Hygia,Télespbore, Xysle, n'observèrent pas la pâque juive et ne permirent pas fa leur entourage de l'observer ; mais, tout en oe l'observant pas, ils n'en gardaient pas moins la pali avec les membres des Églises qui l'observaient, quand ceux-ci venaient vers eux, quoique cette observance, au milieu de gens qui n'observaient pas, rendit le contraste plus frappant. Jamais personne ne fut repoussé pour ce motif; au COD-

1. iTvJuniii SiB ^fisfi^sTtti iMwiitrimn inoxApùmn, Boaèbe eut leurs lettres entra les maina.

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traire, les anciens qui t*ont précédé, lesquels, je le rép&la« n^observaieot pas* envoyaient l'eucharistie aux anciens des Églises qui observaient^ Et, quand le bienheureux Polycarpe vint à Rome sous Aoicet, tous deux se donnèrent dès l'abord le baiser de paix ; ils avaient entre eux quelques petites difi^ultés ; quant à ca point-là, ils D*en firent pas même Tobjet d*une discussion. Garni Ânicet n'essaya de persuader à Polycarpe d'abandonner une pratique qu'il avait toujours gardée et qu'il tenait de son commerce avec Jean, le disciple du Seigneur, et avec les autres apôtres; ni Polycarpe n'essaya d'entraîner Anicet, celui-ci disant qu'il devait garder la coutume des anciens qui l'avaient précédé. En cet état de choses, ils communièrent l'un avec l'autre, et, dans l'église, Anicet céda à Polycarpe la consécration eucharistique, pour lui faire honneur, et ils se séparèrent l'un de l'autre en pleine paix, et il fut constaté que les observants comme les non observants étaient, chacun de leur c6té, en concorde avec l'Église universelle.

Cet acte de rare bon sens, qui ouvre si glorieusement les annales de l'Église gallicane, empêcha le schisme de l'Orient et de l'Occident de se produire dès le ir siècle. Irénée écrivit de tous les côtés aux évêques, et la question demeura libre pour les Églises d'Asie. Naturellement, Rome continua sa propagande contre la pâque du i/t de nisan. Un prêtre romain, Blastus, qui prétendit établir l'usage asia-

4. Voir la note de Valois et les raisons qu'il donne contre Tinterprétation de Bealns Rhenanus, récemment soutenue par M. l'abbé Duchesne. Revue de$ quest. hi$t,, 4** juillet 4880, p. 4S-43.

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tique à Roine, fut excommunié; Irénée le combattit ^ On ne s'interdit pas l'usage de documents apocryphes*. La pratique romaine gagnait de jour en jour '.

La question ne fut tranchée que par le concile de Nicée S Dès lors, on fut hérétique pour suivre la tradition de Jean, de Philippe, de Polycarpe, de Méliton. H arriva ce qui était déjà arrivé tant de fois. Les défenseurs de l'ancienne tradition se trouvèrent par leur fidélité même mis hors l'Église, et ne furent plus que des hérétiques, lesqtmrtodéctmans*.

Le calendrier juif offrait des difficultés, et, dans les pays où il n'y avait pas de juifs, on eût été embarrassé pour déterminer le 1&. de nisan. On con-

4. Irénée, dans Eus., V, ch. xv etxx, 4; Tertullien (ut fertur), Prœscr», ch. 63.

2. Liber ponlificalis^kV^n. Piui (cf. Bebm, Hirt, p. 6-8; Gebh. et Haro., ad Hermam, p. 469, note); Pseudo-Polycarpe, dans Gebh. et Harn., Patres aposL, II, p. 469-470.

3. L^auteur des Philosophumena (Vill, 5, 48) met les partisans du 44 de nisan parmi les hérétiques, mais en les qualifiant seulement de « gens disputeurs et ignorants ».

4. Firmilien, inter Cypr. EpisL, 75; Anatolius, dans Gilles Bouclier, De cycL, p. 445; Athanase, / c; Eusèbe^ Vita Const,, III, 48, 49; Hpiph., lxx, 9, 40; Sozomène, I, 46, 47; Labbe, CoHC,, II, col. 564.

5. Epiph., l; Théodoret, Hcer. fab., m, 4; HùL rel., 3; Labbe, Conc, II, 954 ; Tillemont, II, p. 447-448; III, p. 440-44Î; Pitra, SpieiL Sol,, I, p. xii-xiv, 44-45. Le système proposé par M. Tabbé Duchesne (mém. précité) me paraît en contradiction avec ces textes, surtout avec Epiph. , t. ^

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vint que le dimanche de la résurrection serait le dimanche qui correspond ou qui succède à la première lune devenue pleine après Téquinoxe du printemps. Le vendredi précédent devint naturellement le jour mémorial de la Passion ; le jeudi, celui de l'institution de la Gène. La semaine sainte s'établit ainsi d'après la tradition des anciens Évangiles, non d'après l'Évangile dit de Jean. La Pentecôte, devenue la fête du Saint-Esprit, tombait le septième dimanche après Pâques, et le cycle des fêtes mobiles de l'année chrétienne se trouva fixé uniformément pour toutes les Églises, jusqu'à la réforme grégorienne.

La procédure qu'entraîna le débat eut plus d'im* portance que le débat lui-même. A propos de ce différend, en effet, l'Église fut amenée à une notion plus claire de son organisation. Et, d'abord, il fut évident que le lafque n'était plus rien. Seuls les évêques interviennent dans la question, émettent un avis. Les évêques se réunissent en synodes provinciaux, présidés par l'évêque de la capitale de la province*, (l'archevêque de l'avenir) , quelquefois par le plus ancien. L'assemblée synodale aboutit à une lettre qu'on expédie aux autres Eglises. Ce fut donc comme un rudiment d'organisation fédérative, un essai pour résoudre les questions au moyen d'assemblées provin-

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