Épiph., haer. xlviii
1 Èpiph., XL1X, 2.
3. Épiph., xLix, 2; Tertullien, De hapt,,\^ 47; Prœscr, hœr., 44. Cf. Conc. de Laodicée, daos Mansi, Conc., II, col. 569.
318 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An ISS)
L'entrai nemeiit que ces femmes exercèrent sur les foules, et même sur une partie du clergé, fut extraordinaire. On allait jusqu'à prérérer les prophélesses de Pépuze aux apôtres et même à Christ. Les plus modérés voyaient en elles ces prophètes prédits par Jésus comme devant achever son œuvre. Toute l'Asie Mineure fut troublée. Des pays voisins, on venait pour voir ces phénomènes extatiques et pour se faire une opinion sur le prophélisme nouveau. L'émotion fut d'autant plus grande que personne ne rejetait à priori la possibilité de la prophétie. It s'agissait seulement de savoir si celle-ci élait réelle. Les Églises les plus lointaines, celles de Lyon, de Vienne, écrivirent en Asie pour être informées. Plusieurs évêques, en particulier MUus Publius Julius, de Debeltus, et Sotas, d'Anchiale en Thrace', vinrent pour être témoins. Toute la chrétienté fut mise en mouvement par ces miracles, qui semblaient ramener le christianisme de cent trente ans en arrière, aux jours de sa première apparition.
La plupart des évêques, Apollinaire d'Hiérapolis,
Zotique de Gomane, Julien d'Apamée, Miltiade, le
èbre écrivain ecclési^lstique, un certain Aurélius
Cyrène, qualifié « martyr » de son vivant, les deux
I. Ces deux villes, situées sur Is mer Noire, élaietil voisioes « de l'antre. Aujourd'hui, Bnrgas et Ahiali.
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•; évêques de Thrace S refusèrent de prendre au sé-
rieux les illuminés de Pépuze. Presque tous déclarèrent la prophétie individuelle subversive de l'Église* et traitèrent Priscille de possédée. Quelques évêques orthodoxes, en particulier Sotas d'Anchiale et Zotique de Comane, voulurent même l'exorciser; mais les Phrygiens les en empêchèrent*. Quelques notables, d'ailleurs, comme Thémison, Théodote, Alcibiade*, Proclus, cédèrent à l'enthousiasme général et se mirent à prophétiser à leur tour. Théodote, surtout, fut comme le chef de la secte après Montanus et son principal zélateur'. Quant aux simples gens, ils étaient tous ravis. Les sombres oracles des prophétesses étaient colportés au loin et commentés. Une véritable Eglise se forma autour d'elles. Tous les dons de l'âge apostolique, en particulier la glossolalie* et les extases, se renouvelèrent. On se laissait aller trop facilement à ce raisonnement dangereux : « Pourquoi ce qui a eu lieu n'aurait-il pas lieu encore? La généra-
4. Eusèbe, H. E., V, xvi et soiv., surtout xix (d'après TAnonyme et SérapioD).