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S20 ORIGINES DU CUIUBTIANISHB. (An 168)
tion actuelle n'est pas plus déshéritée que les autres. Le Paraclet, représentant du Christ, n'est-il pas une source étemellede révélation'?» D'innombrables petits livres répandaient au loin ces chimères. Les bonnes gens qui les lisaient Irouvaient cela plus beau que la Bible. Les nouveaux exercices leur paraissaient supérieurs aux charismes des apôtres, et plusieurs osaient dire que quelque chose de plus grand que Jésus était apparu*. Toute la Plirygie en devint folle h. la lettre; la vie ecclésiastique ordinaire en fui comme suspendue.
Une vie de haut ascétisme était la conséquence de cette foi brûlante en la venue prochaine de Dieu sur la terre. Les prières des saints de Phrygie étaient continuelles. Ils y portaient de l'affectation, un air triste et une sorte de bigoterie. Leur habitude d'avoir en priant le bout de l'index appuyé contre le neï, pour se donner un air contrit, leur valut le sobriquet de n nez chevillés » (en phrygien, lascodrugiles)*. Jeûnes, austérités, xérophagie rigoureuse, abstinence de vin, réprobation absolue du mariage, telle était la morale que devaient logiquement s'im-
t . Actes des sainles Perpétue et Félicité (la préface surtout) , traités montanisles de lerlullieD, presque ii chaque page. !. Philotoph., Vllt, (9.
3. Èpiph., xi-vm, 14. Cf. Théodore!, Uœr. fab., I, 9 etlO; int Jérôme, In Gai., Il, pro<Bm.
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poser de pieuses gens en retraite dans Tespérance du dernier jour*. Même pour la cène, ils ne se servaient, comme certains ébionites, que de pain et d'eau, de fromage, de sel^. Les disciplines austères sont toujours contagieuses dans les foules, incapables de haute spiritualité 5 car elles rendent le salut certain à bon marché, et elles sont faciles à pratiquer pour les simples, qui n'ont que leur bonne volonté. De toutes parts, ces pratiques se répandirent ; elles pénétrèrent jusque dans les Gaules avec les Asiates, qui remontaient en nombre si considérable la vallée du Rhône ; un des martyrs de Lyon, en 177, s'y montrait attaché jusque dans sa prison, et il fallut le bon sens gaulois ou, comme on crut alors, une révélation directe de Dieu pour l'y faire renoncer*.
Ce qu'il y avait de plus fâcheux, en eflet, dans les excès de zèle de ces ardents ascètes, c'est qu'ils se montraient intraitables contre tous ceux qui ne partageaient pas leurs simagrées. Ils ne parlaient que du relâchement général. Comme les flagellants du moyen âge, ils trouvaient dans leurs pratiques exté-
4. Apollonius, dans Eus., Y, xvin, t (Cf. m); Philosoph., VIII, 49; TertuUien, De jejuniis; saint Jérôme, Epist. ad Marcellam (27), et In Agg., i (col. 65 et 4690 de Mart., t. IV).
t, Comp. Ëpiph., HcBT., xxx, 45; Pscudo-Clém., HoméL, xiv, 4 ; Acta SS. Perp. et FeL, 4.