‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 130 sur 364 · Eus., //. E., V, ch · texte numérisé non relu

Eus., //. E., V, ch

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rieuree un motif de fol orgueil et de révolle contre le clergé. Us osaient dire que, depuis Jésus, au moins depuis les apôtres, l'Église avait perdu son temps, et qu'il ne fallait plus attendre une heure pour sanctifier l'humanité et la préparer au règne messianique. L'Eglise de tout le monde, selon eux, ne valait pas mieux que la société païenne. Il s'agissait de former dans l'Église générale une Église spirituelle', un noyau de saints, dont Pépuze serait le centre. Ces élus se montraient hautains pour les simples fidèles. Thémison déclarait que l'Église catholique avait perdu toute sa gloire et obéissait âi Satan*. Une Église de saints, voilà leur idéal, bien peu différent de celui de pseudo-Hermas. Qui n'est pas saint n'est pas de l'Église, u L'Église, disaient-ils, c'est la totalité des saints, non te nombre des évéques. ■>

Rien n'était plus loin, on le voit, de l'idée de catholicité qui tendait & prévaloir et dont l'essence consistait & tenir les portes ouvertes & tous. Les catholiques prenaient l'Église telle qu'elle était, avec ses imperfections; on pouvait, d'après eux, être pécheur °ans cesser d'être chrétien. Pour les montanistes, ces leux termes étaient inconciliables. L'Église doit être

I . Voir la raAme dlstinctioa chez lea gnoatiques, L'Égl. ctirài., . 440 eisuiv.

S. Eus., V, XVI, nviii.

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aussi chaste qu'une vierge; le pécheur en est exclu par son péché même et perd dès lors toute espérance d'y

rentrer. L'absolution de l'Eglise est sans valeur. Les choses saintes doivent être administrées parles saints^ Les évêques n'ont aucun privilège en ce qui concerne les dons spirituels. Seuls, les prophètes, organes de l'Esprit, peuvent assurer que Dieu pardonne*.

Grâce aux manifestations extraordinaires d'un piétisme extérieur et peu discret, Pépuze et Tymium devenaient, en effet, des espèces de villes saintes. On les appelait Jérusalem, et les sectaires voulaient qu'elles fussent le centre du monde. On y venait de toutes pai*ts, et plusieurs soutenaient que, conformément à la prédiction de Priscille, la Sion idéale s'y créait déjà. L'extase n'était-elle pas la réalisation provisoire du royaume de Dieu, commencé par Jésus? Les femmes quittaient leur mari comme à la fm de l'humanité. Chaque jour, on croyait voir les nuées s'ouvrir et la nouvelle Jérusalem se dessiner sur Tazur du ciel *.

Les orthodoxes, et surtout le clergé, cherchaient naturellement à prouver que Tattrait qui attachait ces

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