L'Anonyme dans Eus. Y, xvii
226 ORIGINES DD CHRISTIANISME. [An HO]
aveuglé par le fanatisme'. Miltiade développa la thèse qu'« un prophète ne doit pas parler en extase », dans un livre qui passa pour une des bases de la théologie chrétienne*. Sérapion d'Antioche recueillit, vers 195, les témoignages qui condamnaient les novateurs *. Clément d'Alexandrie se proposa de les réfuter *-
Le plus complet parmi les ouvrages que suscita la controverse fut celui d'un certain Apollonius s, inconnu d'ailleurs, qui écrivit quai-ante ans après l'apparition de Montan (c'est-à-dire entre 200 et 210) . C'est par les extraits que nous en a conservés Eusèbe que nous connaissons les origines de la secte. Un autre évêque, dont le nom ne nous a pas été 'vé, composa une sorte d'histoire de ce mou- [t singulier, quinze ans après la mort de Maxisous les Sévères*. A la même littérature
MrapioD, du» Eus., V, xix, 4, 1; Eus., IV, ch. xxvii; V,
, iait.
îos., T, XVII, 4 : Chrrm. Alex., p. 263 (Du Gange] ; saint
I viril m., 39 (cr. 37). Tertuliien y répondit par ses livres,
lant perdus, de l'Exlate.
ÎU8., V, ch. xu; Chron. Alex., p. Î63.
:iéiii. d'Alei., Slrom., IV, 13; cf. TIl. il.
îusèbe, T, 48; saint Jér&roe, De vir. iU.,iO. Le Pradw-
, 26, en fait un évoque d'Ëphcse.
Eusèbe, T, ch. ivi et xvii; c'est à tort qu'on regarde l'Âs-
UrbsDua, ùlé dans Eusèbe, V, xvi, 47, comme l'aul«ur de
[An 170] HARG-AURÈLB. W
appartint peut-être récrit dont fit partie le fragment connu sous le nom de Canon de Muraiori^ dirigé en même temps, ce semble, contre le pseudo^prophé<^ tisme montaniste et contre les rôves gnostiques* Les montanistes, en effet, ne visaient pas à moins que faire admettre les prophéties de Montan, de Priscille et de Maximille dans le corps du Nouveau Testament^ La conférence qui eut lieu, vers 210, entre Proclus, devenu le chef de la secte*, et le prôlre romain Caîus, roula sur ce point '• En général, TÉglise de Rome, jusqu'à Zéphyrin, tint très ferme contre ces innova* tions*.
L*animosité était grande de part et d'autre; on s'excommuniait réciproquement. Quand les confes* seurs des deux partis étaient rapprochés par ie mar* tyre, ils s'écartaient les uns des autres et ne voulaient avoir rien de commun \ Les orthodoxes redoublaient de sophismes et de calomnies pour prouver que les
l'écril en question. Ce personnage semble plutôt avoir été montaniste. Saint Jérôme parait attribuer Touvrage de l'Anonyme à Rhodon (Tillemont, Mém., lïl, p. 65).