‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 134 sur 364 · L'Anonyme, dans Eus., V, xvi · texte numérisé non relu

L'Anonyme, dans Eus., V, xvi

nS OBICINBS DU CI1RISTIANI8ME. [An 170]

martyrs montanistes (et nulle Église n'ea avait davantage) étaient tous des niisérables ou des imposteurs ■, et surtout pour établir que les auteurs de la secte aviùent péri misérablenient, par le suicide, Torcenés, hors d'eux-mêmes, devenus la dupe ou la proie du démon *.

L'engouement de certaiiies villes d'Asie Mineure pour ces pieuses folies ne connaissait point de bornes. L'Église d'Ancyre, à un certain moment, fut tout entière entraînée, avec ses anciens, vers les dangereuses nouveautés*. Il fallut l'argumentation serrée de l'évêque anonyme et de Zotique d'Otre, pour leur ouvrir les yeux, et même la conversion ne fut pas durable; Ancyre, au iv* siècle, continuait d'être !e foyer des mêmes aberrations*. L'Église de Thyatires fut infestée d'une manière encore plus profonde. Le phrygisme y avait établi sa forteresse, et longtemps on prtnsifléra cette antique Église comme perdue pour le ianisme'. Les conciles d'iconium et de Synnade,

Sus., T, ch. XVI et xvni.

L'Anonyme, daoa Busèbe, V, xvi, 44, 45. — Voir auisi

:, SI, en otaserranl que cette partie des Pretcriptioru

» de Tertultiae.

L'Anonyme, dans Bus., V, xvi, 4, 5.

iaiat Jérôme, M Gai., Il, pnxsm. ; Phitutra, 74, 'iù;

-Ang., 61; Labbe, Conc., Il, col. 9S4.

ïpipbane, li, 33.

[An 171] MARG-AURÈLE. 229

vers 251, constatèrent le mal sans pouvoir le guérir'. La crédulité extrême de ces bonnes populat'.Dns au centre de TAsie Mineure, Phrygiens, Galates, etc., avait été la cause des promptes conversions au christianisme qui s'y opérèrent; maintenant, cette crédulité les mettait à la merci de toutes les illusions. Phrygien devint presque synonyme d'hérétique. Vers 235, une nouvelle prophétesse soulève les campagnes de la Cappadoce, allant nu-pieds par les montagnes, annonçant la fin du monde, administrant les sacrements, et voulant entraîner ses disciples & Jérusalem*. Sous Dèce, les montanistes fournissent au martyre un contingent considérable.

Nous verrons les embarras de conscience que les sectaires de Phrygie donneront aux confesseurs de Lyon, au plus fort de leur lutte*. Partagés entre l'admiration pour tant de sainteté et l'étonnement que causeront à leur droit sens tant de bizarreries, DOS héroïques et judicieux compatriotes essayeront en vain d'éteindre la discussion. Un moment aussi l'Église de Rome faillit être surprise. L'évêque Zéphyrin avait déjà presque reconnu les prophéties de

4. FinniJien, dans saint Gyprien, Epitt., 75; Eusèbe, VU, 7; Tillemont, Mém,, II, 674-67); Hefele, Conciliengesch., h P«8S; Vigne, Patr. lat., III, col. 4454.

t. Firmilien, dans saint Cyprien, lettre 75.

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