‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 144 sur 364 · Tillemont, Hiêl, desemp., II, p. 35S · texte numérisé non relu

Tillemont, Hiêl, desemp., II, p. 35S

ISO ORIGINES DD CHRISTIANISME. [An 173]

aimèrent h, se donner, ou par ces gladiateurs superbes qui, dévoilant tout à coup dans l'amphithéâtre la beauté de leurs formes nues, faisaient éclater l'admiration de l'assistance*. Conquérir pas à pas ce inonde impénélrïible, reculer lieue par lieue \es limites de la civilisation; pour cela, s'établir fortement en Bohême, dans ce quadrilatère central de l'Europe, ou il devait y avoir encore un fond considérable de Boîens celtiques ; de là, s'avancer comme les défricheurs américains, détruire arbre par arbre la forêt Hercynienne, substituer des colonies à des tribus sans attache avec le sol, fixer et civiliser ces populations pleines d'avenir, faire bénéficier l'empire de leurs rares qualités, de leur solidité, de leur force corporelle, de leur énergie ; porter les vraies frontières de l'empire, d'un côté, sur l'Oder ou laVistule.de l'autre, sur le Pruth ou le Dniester, et donner ainsi k la patlie latine de l'empire une prépondérance décidée, qui eût empêché le schisme de la partie grecque et orientale ; au lieu de bâtir cette funeste Constantinople, mettre la seconde capitale à Bâ.le ou à Constance, et assure!" ainsi, pour le grand bien de l'empire, aux peuples celto-gerinains l'hégémonie politique qu'ils /toualonl conquérir plus tard sur les ruines de l'eni-

'acita, CerM., U. ....

[Atl73| HARG-ACJRÈLE. SM

pire^ voilà quel aurait dû être le programoie dee RoinâiM éclairés, s'ils avaieni été mieux renseignés sur l'état de TBurope et de TÂsie, sur lA géogf aphie et l'ethnographie eomparéesi

L*eipédiUon mal concertée de Yarus (an 10 de 3é^.) et le vide éternel qu'elle laissa dans les numé» ros des légions furent comme un épouvantait qui dé* tourna la pensée romaine de la grande 6entia»ie« Tacite^ seul, vit l'importance de cette région pour l'équilibre du monde. Mais l'état de division oii éliûent les tribus germaniques endormait les inquiétudes que les esprits sagaces auraient dû concevoir^ Tandis que ces peuplades^ en effet, plus portées vers l'indé* péfldance locale que vers la centralisation, ne for-maient pas d'agrégat militaire^ elles donnaient peu à ertindre« Mais leurs confédérations étaient redouxtables. On sait quelles conséquences eut celle qui se formk^ au iii« sièôie, sur la rive droite du Rhin, sous le nom de France. Vers Vaû 466^ une ligue puistonle se forma en Bohême^ en Moravie et dani^ le nord de la Hongrie actuelle. Les noms d'une foule de peu^ plades, qui devaient plus tard remplir le monde, fu^ rent entendus pour la première foisi La grande poussée des barbares commençait } les Germains, jusque-là inattaquables^ attaquaient. La digue ere-^ vait sur le Danube, dans la région de l'Autriohe

S9S URIGI^ES DU CHRISTIANISHE. [An 113]

et de la Hongrie, vers Presbourg, Comorn et Gran. Tous les peuples germains et slaves, depuis la Gaule jusqu'au Don, Marcomans, Quades, Narisqueg, Hermundures, Suèves, Sarmates, Vîctovales, Roxolans, Bastarnes, Gostoboques, Alains, Peuoins, V»ndales, Jazyges, semblèrent d'accord pour forcer la frontière et inonder l'empire. La pression venait de plus loin. Refoulés par des barbares septeotrionnux, probiJilement par les Goths, toule la massQ slave et germanique semblait en mouvement; ces barbares, avec leurs femmes et leurs enfants, voulaient qu'on les reçût dans l'empire, qu'on leur donn&t des terres ou de l'argent, offrant en retour leurs bras pour n'importe que! service militaire. Ce fut up véritable cataclysme humajn. La ligne du Danube fut enfoncée. Les Vandales et les Marcomans s'établirent en Pannonie; la Dacie fut piétinée par vingt peuples; les Gostoboques coururent jusqu'en Grèce t la Rhétie et le Norique se virent envahis ; les Marcomans passèrent tes Alpes Juliennes, mirent le siège devant Aquilée, saccagèrent tout jusqu'à la Piave. Devant ce choc épouvantable, l'armée romaine plia; le nombre des captifs emmenés par les barbares fut énorme ' ; l'alarme fut vive en Italie ; on déclara que, depuis le temps des guerres puniques, Rome n'avait

lonCBHtiu, LXXl, t5, 4i.

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pas eu & soutenir une attaque aussi furieuse ^ Cest une vérité bien constatée que le progrès philosophique des lois ne répond pas toujours & un progrès dans la force de l'État. La guerre est chose brutale ; elle veut des brutaux ; souvent il arrive ainsi que les anniéliorations morales et sociales entraînent un aiïaiblissement militaire. L'armée est un reste de barbarie, que l'homme de progrès conserve comme un mal nécessaire ; or il est rare qu'on fasse avec succès ce qu'on fait comme un pis aller. Antonin avait déjà une forte aversion pour l'emploi des armes*; sous son règne, les mœurs des camps s'amollirent beaucoup '. On ne peut nier que l'armée romaine n'eut perdu sous Marc-Aurèle une partie de sa discipline et de sa vigueur^. Le recrutement se faisait difficile-

4. Jales Capitolin, Ani. PhiL, 4S et suiv., 47, 24 et suiv. ; Lucius Veru9, 7, 8; PerUnax, 3; Dion Cassius, LXXI, Z et suiv.; Pausanias, VIII, xliu, 6; X, xxxiv, 5; Hérodien, I, 3; Carm. sibéy XII, 494 et suiv.; Petnis Patricius, Exe. de leg., p. 24 (Paris, 4648); Aromien Marcel lin, XXIX, vi, 4; XXXI, v, 13. £atrope,yiU, 4 2 ; Aurelius Victor, Cœs. et EpU., 4 6 ; Orelli, n» 864 ; la colonne Anton i ne et les restes de Tare de triomphe de Marc- Â\irèle, au Palais des conservateurs, à Rome ; Desvergers, Essai sur MarC'Aurète, p. 440 et suiv.

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