Philos,, IXy 4 S
EM ORIGINES DU CRRISTtARISHE. [An 17S]
rêtée, mise ^ la question, conduite à la mort. Byzance ayant été ruinée, quelques années après, par Septime Sévère (en 196), le gouverneur Csecilius Capella s'écria : « Quel beau jour pour les chrétiens ' ! »
Ce fut plus grave encore en Asie. L'Asie était la province oii le christianisme atteignait le plus profondément l'ordre social. Aussi les proconsuls d'Asie étaient-ils, de tous les gouverneurs de province, les plus âpres à la persécution. Sans que l'empereur eût porté de nouveaux édits, ils alléguaient des instructions qui les obligeaient & procéder avec sévérité*. Ils appliquaient sans merci une loi qui, selon l'interprétation, pouvait être atroce ou inolïensive. Ces supplices répétés étaient un sanglant démenti à un siècle d'humanité. Les fanatiques, dont ces violences confirmaient les sombres rêves, ne protestaient pas ; souvent ils se réjouissaient. Mais les évêques modérés rêvaient la possibilité d'obtenir de Tempereur la fin de tant d'injustices. Marc-Aurèle accueillait toutes les requêtes, et était censé les lire. Sa réputation comme philosophe et comme helléniste engageait ceux qui se sentaient quelque facilité pour n grec à s'adresser à lui. L'incident de la
ph., uv, t; TertullieD, AdScap., 3; Baronius.an <96, iiont, Mém., II, p. 315-316.
Sliton, ci-aprèâ,p. 281.
[An 175] MARC-AURÈLE. 281
guerre des Quades offrait un biais pour poser la question plus nettement que ne Savaient pu faire Aristide, Quadratus, saint Justin.
Ainsi se produisit une série de nouvelles apologies, composées par des évoques ou des écrivains d'Asie, qui malheureusement ne se sont pas conser* vées. Claude Apollinaire, évéque d'Hiérapolis, brilla au premier rang dans cette campagne. Le miracle de Jupiter Pluvieux avait eu tant de publicité, qu'Apollinaire osa le rappeler à l'empereur, en rapportant l'intervention divine aux prières des chrétiens ^ — Miltiade s'adressa aussi aux autorités romaines, sans doute aux proconsuls d'Asie, pour défendre « sa philosophie » contre les reproches injustes qu'on lui adressait*. Ceux qui purent lire son Apologie n'eurent pas assez d'éloges pour le talent et le savoir qu'il y déploya*.
L'ouvrage de beaucoup le plus remarquable que produisit ce mouvement littéraire fut l'Apologie de Méliton*. L'auteur s'adressait à Marc-Aurèle dans la langue qu'affectionnait l'empereur:
4. Eusèbe, IV, xxvn; V, v, 4; Chron., p. 478, 173, Schœne, saiDt Jér., De viris ilL, 26.
î. Eus., V, XVII, 5; saint Jér., De viris ilL, 39.
3. Saint Jérôme, Epist., 86, ad Magnum (IV, V part., p. 656).