Irénée, Adv. hœr., lY, proœm
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Valentin était une sorte de bel esprit, qui jamais sûrement n'eût réussi ni & remplacer l'Église catholique ni à en saisir la direction. Le gnosticisma remonta le Rhône en la personne d'un docteur bien plus dangereux, je veux dire de ce Markog* qui séduisait les femmes par une manière éU'ange de célébrer l'Eucharistie, et par l'audace avec laquelle il leur faisait croire qu'elles avaient le don de prophétie. Sa ffkçon d'administrer les sacrements entraînait les plus dangereuses privautés. Feignant d'être le dispensateur de la gr&ce, il persuadait aux femmes qu'il était dans le secret de leurs anges gardiens, qu'elles étaient destinées à un rang éminent dans son Église, et il leur ordonnait de se préparer & l'union mystique avec lui. u De moi et par moi, leur disait-il, tu vas recevoir la Grâce. Dispose>toi comme une fiancée qui
4. Voir ci-deaaos, p. 4t? et euiv. Si l'on s'en tenait su passage d'Irénée, I, iiu, 7, on n'auraii pas le droit d'affirmer que Markos soit venu personoellenient à Lyon ; mais l'eosumble du chapitre semble le supposer, et saint Jérâme l'a entendu aiasî, EpUl., S3 [aliat 39), ad Theodoram. t. IV de Hartianay, V part, p. S81 . Seulement on ne voit pas sur quoi §aint Jérôme s'appnia pour envoyer Harkos dans la région de la GeroDne, dans tes Pyrénées, en llspagoe, conlinuer ses séductions. Ces contrées au 11* siècle, bien peu d'Églises. Il semdle, du reste, son séjour en Asie, Uarkos avait été énergiquement par les malires et les amis d'irénée; ce docteur cite rites de prtibyleri qui semblent dirigées contre lui. Haro., PalTet apost. I, ii, p. 105, 106, 107, HS.
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accueille son fiancé, pour que tu sois ce que je suis et que je sois ce que tu es. Prépare ton lit à recevoir la semence de lumière. Voici la Grâce qui descend en toi ; ouvre ta bouche, prophétise ! — Mais je n'ai jamais prophétisé, je ne sais pas prophétiser » , répondait la pauvre femme. Il redoublait ses invocations, effrayait, étourdissait sa victime : « Ouvre la bouche, te dis-je, et parle; tout ce que tu diras sera prophétie. » Le cœur de l'initiée battait fort ; Tattente, l'embarras, l'idée qu'en effet peut-être elle allait prophétiser, lui faisaient perdre la tête; elle délirait au hasard. On lui présentait ensuite ce qu'elle avait dit comme plein de sens sublimes. La malheureuse, à partir de ce moment, était perdue. Elle remerciait Markos du don qu'il lui avait communiqué, demandait ce qu'elle pouvait faire en retour, et, reconnaissant que l'abandon de tous ses biens en sa faveur était peu de chose, elle s'offrait elle-même à lui, s'il daignait l'accepler. C'étaient souvent les meilleures et les plus distinguées qui étaient ainsi surprises; car de tous les côtés déjà on parlait de pénitentes vouées au deuil pour le reste de leur vie, qui, après avoir reçu du séducteur la communion et l'initiation prophétiques, reculaient avec horreur et venaient demander à l'Eglise orthodoxe le pardon et l'oubli. Un tel homme était particulièrement dangereux
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à Lyoti. Le caractère mystique et passionné des Lyonnaises, leur piété un peu matérielle, leur goût pour le bizarre et pour l'émotion sensible les exposaient h toutes les chutes. Ce qui se passe aujourd'hui dans le public féminin des villes du Midi de la France à l'arrivée d'un prédicateur h la mode se produisit alors'. La nouvelle façon de prêcher fut fort goûtée. Les plus riches dames, celles qu'on distinguait k la belle bordure de pourpre de leurs robes, furent les plus curieuses et les plus imprudentes'. Les chrétiennes ainsi séduites ne tardaient pas h. être désabusées. Leur conscience les brûlait ; leur vie désormais était fanée. Les unes confessaient leur péché en public et rentraient dans l'église; d'autres, par honte, n'osaient le faire et restaient dans la position la plus fausse, ni dedans ni dehors. D'autres, enfin, tombaient dans le désespoir, s'éloignaient de stse cachaient, « avec le fruit qu'elles avaient surs rapports avec les fils de la gnose ■> , ajoute sèment Irénée*.
dier, en particulier, Pourviàras et la rae moulante qui
imagerie ei lea objets de religion qui y sont eiposés.
1 autre côté, est une des villes où lea aberrations api-
nisent le plus de dupes et où l'aliénation mentale d'un
nystique est le plus ordinaire,
\ée, I, xtii, 3 et suiv. ; saint Jérdrae, Epitt., 53 (t9),
art., col. B81, Hartianay.
lée, J, ch. XI11, entier, surtout g 7.
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Les ravages que ce triste séducteur fit dans les âmes furent terribles. On parlait de philtres, de poisons. Les pénitentes avouaient qu*il les avait totalement épuisées, qu*elles Tavaient aimé d'un amour surhumain, fatal, qui s'imposait à elles. On racontait surtout Tabominable conduite de Markos envers un diacre d'Asie, qui le reçut dans sa maison avec une affection toute chrétienne. Le diacre avait une femme d'une rare beauté. Elle se laissa gagner par cet hôte dangereux et perdit la pureté de la foi en même temps que l'honneur de son corps. Depuis ce temps, Markos la traîna partout av^c lui, au grand scandale des Eglises. Les bons frères avaient pitié d'elle et lui parlaient avec tristesse, pour la ramener ; ils réussirent, non sans peine. Elle se convertit, avoua ses fautes et ses malheurs, passa le reste de sa vie dans une confession et une pénitence perpétuelles, racontant par humilité tout ce qu'elle avait souffert du magicien ^
Ce quMl y eut de pis, c'est que Markos fit des élèves, comme lui grands corrupteurs de femmes, se donnant le titre de « parfaits », s'attribuant la science transcendante, prétendant que « seuls ils avaient bu la plénitude de la gnose de l'ineffable Vertu », et que