‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 201 sur 364 · ù^., VIII · texte numérisé non relu

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370 ORIGINES DU CBRISTIANISHE. (Xb 17<J

« Un pouvoir éclairé et plu3 prévoyant, leur dit-il, vous détruira de fond en comble, plutôt que de péril' lui-tnêmé par vous '. » Puis son patriotisme et son bon sens lui montrent l'impossibilité d'urte telle politique religieuse. Le livre, qui avait commeflcé par les rérulalions les plus aigres, lînit par des propositions de conciliation. L'État court les pltis grands périls; il s'agit de sauver la civilisation; lesbat-bares débordent de tous les côtés ; on enrôle lés gladiateurs^ les esclaves. Le chnsfianisme perdra autant que là société établie ait triomphe des barbares. L'accord est donc facile^ u Soutenez l'empereur de toutes vos forces^ ptit-lagez avec lui la défense du droit; combattes pour lui* si les circonstances l'eitigent; aideile dans le commandement de ses armées. Pour cela, cessez de vous dérobef aux devoirs civils et au service militaire; prenez Votre part des fonctions publiques, s'il le faut pour le salut des lois et la cause de la piété*, n

Gela était facile k dire. Celse oubliait que ceût qu'il voulait rallier, il les avait tout k l'heuie mehacé* des plus cruels supplices. Il oubliait surtout qu'eli maintenant le culte établi, il demandait aux chré-^ tiens d'admettre des absurdités plus fortes que celles

. Orig., Vra, 69, 7<.

, ibid.. vui, 73 n.

lAûin\ MAKC-AURÈLB. 871

qu'il combattait chez euK. Cet appel au patriotisme ne pouvait donc être entendu. Tertullien dira fièrement : « Pour détruire votre empire, nous n'aurions qu'à nous retirer. Sans nous, il n'y aurait que l'inertie et la mort. » L'abstention a toujours été la vengeance des conservateurs vaincus. Les conservateurs savent qu'ils sont le sel de la terre ; que, sans eux, il n'y a pas de société possible; que des fonctions de première importance ne peuvent s'accomplir en dehors d'eux. Il est donc naturel que, dans leurs moments de dépit, ils disent simplement : « Passez-vous de nous ?» A vrai dire, personne dans le monde romain, du temps dont nous parlons, n'était préparé à Id liberté. Le principe de la religion d'État était celui de presque tous. Le plan des chrétiens est déjà de devenir la religion de l'empire. Méliton montre à Marc-Aurèle rétablissement du culte révélé comme le plus bel emploi de son autorité *.

Le livre de Gelse fut très peu lu au temps de son apparition; Il s'écoula près de soixante-dix ans avant que le christianisme s'aperçût de son existence. Ce fut Ambroise, cet Alexandrin bibliophile et savant, le fauteur des études d'Origène, qui découvrit le livre impie, le lut, l'envoya à son aifli et le pria de le ré-

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