Notez la géographie singulière de la première phrase
3S0 ORIGINES DD CHRISTrANISHE. |An 11f!|
togie; c'est un sermon adressé aux fidèles assemblés*. L'auteur le publia sous le titre de Diasyi-mos ou u Persiflage des philosophes du dehors ». La plaisanterie y est lourde et assez fade. Elle rappelle les essais qui se sont produits de notre temps, dans le sein du catholicisme, pour employer l'ironie de Voltaire au profit de la bonne cause, et pour faire l'apologie de la religion sur le ton d'un Tertullien en belle humeur. I^s sarcasmes d'Bermias ne frappent pas seulement les prétentions exagérées de la philosophie ; elles atteignent les tentatives les plus légitimes de la science, le désir de savoir des choses qui sont aujourd'hui parfaitement découvertes et connues'. La science, selon l'auteur, a pour origine l'apostasie des anges'. Ce sont ces êtres malheureux et pervers qui ont enseigné aux hommes la philosophie, avec toutes ses contradictions. La connaissance des écoles anciennes que possède l'auteur est étendue, mais peu profonde; quant h. l'esprit philosophique, on n'en fut jamais plus complètement dépourvu. La clémence de l'empereur, son amour bien
^. Les mois i (rjamicci de U première phrase doivent aire la bouche de l'auteur, et dod considérés comme faisant I la citation de saint Paul.
ioêyrmtt, 8, 9, 10.
•id., 4. Comp. Clément d'Alen-, Strom , 1, ch. xvii; VI,
fAn 178| MARC-AURfiLE. 381
connu de la vérité^ provoquaient, d*année en année, des requêtes nouvelles, oîi des avocats généreux de la religion persécutée essayaient de montrer ce que ces persécutions avaient de monstrueux. Commode, associé à l'empire depuis la fin de l'an 176 *, eut sa part dans ces supplications, auxquelles, chose étrange ! il devait plus tard faire droit mieux que son père. « Aux empereurs Marc-Aurèle-Antonin et Marc-Aurèle-Commode, Arméniaques, Sarmatiques et, ce qui est leur plus grand titre, philoso* phes'.... » Ainsi débute une apologie, écrite dans un fort bon style antique par un certain Alhénagore, philosophe athénien, qui semble 8*êlre converti au christianisme par ses propres efforts*. Il s'indigne de la situation exceptionnelle que l'on fait aux chrétiens, sous un règne plein de douceur et de félicité, qui donne à tout le monde la paix et la liberté*. Toutes les villes jouissent d'une parfaite isonomie. Il est permis à tous les peuples de vivre suivant leurs lois et leur religion. Les chrétiens, bien que très
4. Th <ptXo(Aadl( xal ^XaXYiftf;. Athénag., Leg., 3. 1 TillemoDt, Hisl, des emp,, II, p. 389 et suiv.
3. Athénagore, Leg., 4, 46. Voir Tillemont, Mëm., II, p. 3Si, G34 et suiv.