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[kàili] iJAfeC-AtJRfcLE. 383
Tailè de leurs mœurs, malgré les objections tjue Ton tire du baiser de paix ,
Selon la différence des âges, nous traitons les uns de fils et de ûlles, teis autres de frères et de sœurs, tels autres de pères et de mères ; mais ces titrés de parehté n^entraînent aucune souillure. Le Verbe nous dit en effet*: <( Si quelqu'un réitère le taiser* pour se procurei* une jouissance de plaisir... »; et il ajoute : a 11 faut être très scrupuleux en ce qui concerne le baiser, à plus forte raison en ce qui concerne le proscynème, puisque, s'il était souillé de la moindre pensée impure, il nous priTerait de la vie éternelle. » L'espérance de la vie éternelle nous fait mépriser la vie présente et jusqu'aux plaisirs de Tàme. Chacun de nous use de son épouse selon certaines règles que nous avons posées ' et dans la mesure qui sert à la génération des enfants ; de même que le laboureur, après avoir conGé son grain à la terre, attend la rhoisson sans rien semer par-dessus. Vous trouverez parini nous (plusieurs personnes de Tun et de l'autre sexe qui vieillissent dans le célibat, espérant ainsi vivre plus près de Dieu... Notre doctrine est que chacun doit rester tel qu'il est né ou se contenter d'un seul mariage. Les secondes noces ne sont qu'un adultère convenablement déguisé...
Que si l'on demande à nos accusateurs s'ils ont vu ce
4. Leg., 32. L'ébrit cité comme inspiré par Athënagore est sans doute quelque recueil de Didascalies apostoliques.
1 Cf. Saint Paul, p. 262, et ci-après, p. èSO.
3. Leg,, 33, 69 ^aûv (édit. Otto). Dom Maran et plusieurs autres critiques lisent it<f u{/.ôv ; mais jamais les chrétiens ne bdtisidèrent le mariage romain comme étant pratiqué pai'mi eux. tfAS^ voudrait dire Marc-Âurèle et Commode, ce qui n'est guère satisfôièani;
3M ORIGINES DD CHRISTIANISME. (An 1 781
qu'ils diseat, il n'y en a pas d'asseï impudent pour le dire. Nous avons des esclaves, les uns plus, les autres moins; nous ne songeons pas à nous cacher d'eux, et néanmoias pas un d'entre eux n'a tenu encore ces propos mensongers contre nous. Nous ne pouvons souffrir la vue d'un homme que l'on fait mourir, mâme justement. Qui ne se porte avec empressement aux spectacles de gladiateurs et de bëtes, principalement quand c'est vous qui les donnez? Eh bien, nous avons renoncé à ces spectacles, croyant qu'il n'y a guère de différence enire regarder un meurtre et le commettre*. Nous tenons pour homicides les femmes qui se font avorter, et nous croyons que c'est tuer un enfant
que de l'exposer*
Ce que nous demandons, c'est le droit commun, c'est de D'être pas piinis pour le nom que nous portons. Quand un philosophe commet un délit, on le juge pour ce délit, et on n'en rend pas la philosophie responsable. Si nous sommes coupables des crimes dont on nous accuse, n'épargnez ni fige ni sexe, exterminez avec nous nos femmes et nos enfants. Si ce sont des inventions, sans autre fondement que l'opposition naturelle du vice et de la vertu, c'est à vous d'examiner notre vie, notre doctrine, notre soumission dévouée à vous, à voire maison, à l'empire, cl de nous faire la même justice que vous feriez à nos adver-
La déférence extrême, presque l'obséquiosité envers l'empire est le caraclère d'Athénagore. comme
t. Cump. Théophile, Ad Autot., [Il, 45. :eg.. 3t, 33, 34. 3S.
(Ad 178J MARC-AURÊLR 385
de tous les apologistes. 11 flatte en particulier les idées d'hérédité et assure Marc-Aurèle que les prières des chrétiens peuvent avoir pour effet d'assurer la succession régulière de son*fIls^
Maintenant que j'ai répondu à toutes les accusations, et que j'ai montré notre piété envers Dieu, aussi bien que la pureté de nos âmes, je ne vous demande plus qu^un signe de votre royale tète, ô princes que la nature et Téducation ont faits si excellents, si modérés, si humains. Qui est plus digne d'être favorablement écouté du souverain que nous qui prions pour votre gouvernement, aûn que la succession s'établisse parmi vous de père en iils, selon ce qui est le plus juste, et que votre empire, recevant sans cesse de nouveaux accroissements, s'étende à tout Tunivers ? Et, en priant ainsi, nous prions pour nous-mêmes, puisque la tranquillité de Tempire est la condition pour que nous puissions, au sein d'une vie douce et tranquille, nous appliquer tout entiers à Tobservation des préceptes qui nous ont été imposés.
Le dogme de la résurrection des morts était celui qui causait le plus de difficultés aux esprits qui avaient reçu l'éducation grecque*. Athénagore y consacra une conférence spéciale*, essayant de répondre