‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 217 sur 364 · Ibid,, S. Cf. Lactance, Inêl., Y, 4. 9. Oclao · texte numérisé non relu

Ibid,, S. Cf. Lactance, Inêl., Y, 4. 9. Oclao

4. Voir l'ÉgL chrét,, p. 493. Il y a beaucoup d'analogie entre les jolies amplifications d'Octavius, §§ 2, 3, 4, et les lettres de Marc-Aurèle et de Fronton. Le style du discours de Csocilius, d'ailleurs^ est plus frontonien que le reste de l'ouvrage. Minucius est coutsmier du plagiat; ainsi il oopie sourent Gicéron sans le citer.

9« Keim, Celsu$, p. 456 et suiv.

6. On a trouvé à Gonstantine plusieurs inscriptions de l'an S40

[An 178] MARC-AURÈLE. 9H

Octavius et Minucius^ se promènent au bord de la mer, près d'Ostie, pendant ies vacances d*automne« Cœcilius, apercevant une statue de Sérapis, porte la main à sa bouche, selon l'usage. La discussion s'engage. Caecilius commence par un long discours, que Ton peut considérer comme une reproduction à peu près textuelle de Targumentation de Fronton. C'est le parfait exposé des objections qu'un Romain comme il faut opposait au christianisme. Le ton est celui d'un conservateur, qui ne dissimule pas bien son incrédulité hautaine, et défend la religion sans y croire. Sceptique sur le fond des choses, dédaigneux de toute spéculation, Caecilius ne tient à la religion établie que par bienséance, par habitude, et parce que le dogmatisme des chrétiens lui déplaît. Les écoles de philosophie n'ont produit que des disputes; l'esprit humain ne saurait franchir l'espace qui le sépare de la Divinité. Les plus sages y renoncent. Que dire de l'outrecuidance de certaines gens qui,

à Tan 247, provenant d'un certain Marcus Cœcilim Quinti F, Nch laits, triumvir quinquennal {Recueil de Gonstantine,4869, p. 695; Corpus inscr. /a^^ VIII, 6996, 7094-7098 ; Hermès, t. XV, 4880, p. 474-474), fonctloti qui ne peut avoir été exercée que par un homme très avancé dans sa carrière. Il n'est pas impossible que ce Casciliussoit identique à celui que Minucius Félix met en scène. Si Ton voit do la diflBculté à cela, on peut supposer que le CœciliusNatalis de Tépigraphie est le fih du Caecilius Natalis du Dialogue; les règles de l'onomaslique latine ne s'y opposent pas.

3n ORIGINES DU LKRJSTIANISHE. [An 178)

sortis des plus basses classes, sans éducation ni science, étrangers à toute littérature, prélendent trancher des questions devant lesquelles, depuis de» siècles, la philosophie délibère ? N'est-il pas bien pi us sage, laissant là les questions supérieures à notre humilité, de suivre le culte établi par les aocêtrcs '? Les vieux siècles, gr&ce h. leur ignorance et à leur simplicité, eurent des privilèges, en particulier celui de voir les dieux de près, de les avoir pour rois'. En pareille matière, l'anliquilé est tout; le vrai, c'est ce que l'on croit depuis longtemps. Borne a mérité de régner sur le monde en acceplant les rites du monde sntier. Comment songer h. changer une religion si utile'? Ce culte antique a vu les commencements de Rome, l'a défendue contre les barbares, a bravé au Capilole l'assaut des Gaulois. Veut-on que Rome y renonce pour plaire ài quelques factieux qui abusent de la crédulité des femmes et des badauds?

Gr&ce à une rare habileté de tangage, Csecilius laisse entendre que tout est fabuleux et cependant vrai dans ce qui touche h. la divination, aux cultes,

i. < Quanlo venerabilius ac melius antiâlitem veriUiLis majomm excipere doctrinam ■, § 6. Ci. Celse, daos Orig., Contre Celse,\, 9; VIII, 36, H.

S. Octat).,SG.

3. ■ Religionem tara veLujlain, Uro utileni, Um salubram [Octav., S 8). »

[An 178] MAKC-ÂURËLB. 303

aux guérisons miraculeuses, aux songes \ Son attitude est celle de Celse. Au fond, il est épicurien; il croit peu à la Providence et aux interventions sumaturelles; niais son attachement à la religion d*Ëtat le rend cauteleux.

L'homme et les animaux naissent, s'animent, grandis* sent par une sorte de concrétion spontanée des éléments, qui ensuite se divise, se dissout, se dissipe. Tout revient sur soi-même, retourne à sa source, sans qu'un être joue en cela le rôle de fabricateur, de juge, de créateur*. Ainsi la réunion des éléments ignés fait éclater sans cesse des soleils, puis des soleils encore. Ainsi les vapeurs qui s*exhalent de la terre s'agglomèrent en brouillards, s'élèvent en nuages, tombent en pluie. Les vents soufflent, la grêle crépite, le tonnerre mugit au choc des nuées, les éclairs brillent, la foudre éclate; (out cela à tort et à travers; la foudre s*en prend aux montagnes, frappe les arbres, touche sans choix les lieux sacrés et les lieux profanes, atteint les hommes coupables et souvent les hommes religieux. Que dire de ces forces aveugles, capricieuses, qui entraînent tout sans ordre, sans examen : dans les naufrages, le sort des bons et des méchants confondus, les mérites ex œquo; dans les incendies, les innocents surpris par la mort aussi bien que les malfaiteurs ; quand le ciel est infecté de virus pestilentiels, la mort sans distinction pour tous; au milieu des fureurs de la guerre, les plus braves succombant; en temps de paix, la scélératesse non seulement égalée à la

4. ff Etiam per quietem deos videmus, audimus, agnoscimus, quos impie per diem negamus, noiumus, pejeramus {$^)^ » t. « Nullo artifice, nec judice, nec auciore. »

M4 ORIGINES DD CBRISTIANISHE [An 178]

vertu, mais privilégiée, si bien que le Dombre est grand de ceux pour lesquel!>on se demande s'il faut détester leur méchanceté ou souhaiter pour soi leur fortune? St le monde était gouverné par une Providence supérieure et par Tautorité de quelque divinité, est-ce que Phalaris et Deoys auraient mérité la couronne, Rutilius et Canaille l'exil, Socrate le poisou? Voici des arbres couverts de fruits, une moisson, une vendange exubérantes; la pluie g&te tout, la grêle casse tout ; tant il est vrai que la vérité est pour nous cachée, interdite, ou plutôt que le hasard sans loi règne seul au travers de l'infinie et insaisissable variété des cas'.

Le table&u que Gscilius, interprète des préjugés de la haute société romaine, fait des mœurs chrétiennes est des plus sombres. Ils ont raison de se cacher, ces sectaires : c'est qu'ils n'oseraient se montrer. Leurs réunions secrètes et nocturnes* sont des conventicules de plaisirs infâmes. Dédaignant tout ce qui est honorable, les sacerdoces, la pourpre, les honneurs publics, incapables de dire un mot dans les réunions respectables, ils se réfugient dans les coins pour dogmatiser*. Ces gens en haillons, à demi nus, ô comble de l'audace! méprisent les tourments actuels par la croyance en des tourments futurs et

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