‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 228 sur 364 · Maltb., xvui, 47-SO · texte numérisé non relu

Maltb., xvui, 47-SO

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lors aomine l'individu, le chasse au besoin de son sein. Bientôt TÉglisc, corps instable et changeant, se personnifie dans les anciens ; les pouvoirs de l'Eglise deviennent les pouvoirs d'un clergé dispensateur de toutes les grâces, intermédiaire entre Dieu et le fidèle. L'inspiration passe de l'individu à la communauté. L'Église est devenue tout dans le christianisme ; un pas de plus, l'évéque devient tout dans l'Église. L'obéissance à l'Église, puis à l'évéque, est envisagée comme le premier des devoirs; l'innovation est la marque du faux ; le schisme sera désormais pour le chrétien le pire des crimes *.

Ainsi l'Église primitive eut à la fois l'ordre et l'excessive liberté. Le pédantisme de la scolastique était encore inconnu. L'Église catholique acceptait vite les idées fécondes qui naissaient chez les hérétiques, en retranchant ce qu'elles avaient de trop sec • tajre. La spontanéité de la théologie dépassait tout ce qui s'est vu plus tard. Sans parler des gnostiques, qui poussent la fantaisie aux dernières limites, saint

4. Irénée, lit, iv; xxiv, 4. Voir surtout saint Cyprien, £p{4res^ S, 3, 4, 43, 45, 48, 56, 57, 59, 63, 65, 66, 67, 7S, 73. Notez isirca |i^c oùTÔc Âv dans le Peregrinus de Lucien, § 44. Le mot Xaîxo; se trouve pour la première fois dans l'épttre de Clément, ch. xl; puis dans Tepllre pseudo-clémentine à Jacques, § 5. Cf. Clém. d'Alex., Strom., III, 42 (p. 499); V, 6 (p. 240), etc. Quant au mot xXrpoc, il a le sens d' « ordre », et il a été opposé à XaUoc, comme ordo (sous-entendu nobilissimus) a été opposé à plebs.

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Justin, l'auteur des Reconnaissances^ pseudo-Hermas, Marcion, ces innombrables maîtres apoaraissant de toutes parts, taillent en plein drap, si Ton peut s'exprimer ainsi; chacun se fait une christologie à sa guise. Mais, au milieu de Ténorme variété d'opinions qui remplit le premier âge chrétien, se constitue un point fixe, l'opinion de la catholicité. Pour convaincre l'hérétique, il n'est pas nécessaire de raisonner avec lui. Il suffît de lui montrer qu'il n^est pas en communion avec l'Église catholique, avec les grandes Églises qui font remonter leur succession d'évêques jusqu'aux apôtres ^ Quod semper, quod ubique devient la règle absolue de vérité. L'argument de prescription, auquel Tertullien donnera une forme si éloquente, résume toute la controverse catholique. Prouver à quelqu'un qu'il est un novateur, un tard venu dans la théologie, c'est lui prouver qu'il a tort. Règle insuffisante, puisque, par une singulière ironie du sort, le docteur même qui a développé celte méthode de réfutation d'une façon si impérieuse est mort héré-^ tique !

La correspondance entre les Eglises fut de bonne heure une habitude '. Les lettres circulaires des

4. Irénée, IIF, iv, 4; Tertullien, /¥(BScr.^ 36. %, Se rappeler l'affaire du montanisme et de la pàquo. Voir surtout Eusèbe, H. E,, V, ch. tx?.

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chefs des grandes Églises, lues le dimanche h. la réunion des fidèles, étaient une continuation de la littérature apostolique'. L'église, comme la synagogue et la mosquée, est une chose essentiellement citadine. Le christianisme (on en peut dire autant du judaïsme et de l'islamisme] sera une religion de villes, non une religion de campagnards. Le campagnard, le paganvSt sera la dernière résistance que rencontrera le christianisme. Les chrétiens campagnards, 1res peu nombreux, venaient & l'église de la ville voisine '.

Le municipe romain devint ainsi le berceau de l'Église. Comme les campagnes et les petites villes reçurent l'Évangile des grandes villes, elles en reçurent aussi leur clergé, toujours soumis & l'évêque de la grande ville. Entre les villes, ta civitas a seule une véritable Eglise, avec un épiscopos ; la petite ville est dans la dépendance ecclésiastique de la grande'. Cette primatie des grandes villes fat un fait capital. La grande ville une fois convertie, la petite ville et la campagne suivirent le mouvement. Le diocèse * fut lùnsi l'unité originelle du conglomérat chrétien.

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