‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 241 sur 364 · Tiiv irtpl rà oeÉC&tToi ^MOi^flUfMvUv. Ch. IV · texte numérisé non relu

Tiiv irtpl rà oeÉC&tToi ^MOi^flUfMvUv. Ch. IV

tae ORIGINES DU CBRISTIANISHE. [An 1781

rares d'esprits agités; ils ne s'atuchent pas, comme tant d'autres, à des sectes portant le nom de tel ou tel; mais, demeurant dans les villes grecques et barbares, selon que le sort les y a placés, se conTormant aux coutumes locales pour les habits, le régime et le reste de la vie, ils étonnent tout le monde par l'oi^anisation vraiment admirable de leur république. Ils habitenldea patries particulières, mais à la façon de gens qui n'y snnt que domiciliés; ils participent aux devoirs des citoyens, et ils supportent les charges des étrangers. Toute terra étrangère leur est uns patrie, et toute patrie leur est une terre écrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants; mais jamais ils n'abandonnent leurs nouveau-nés. Ils mangent en commun, mais leur table pour cela n'est pas commune'. Ils sont engagés dans la chair, mais ne virent pas selon la chair. Us demeurent sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et, par leurs principes de vie, ils s'élèvent au-dessus des lois, lis aiment tout le monde, et ils sont persécutés par tout le monde, méconnus, condamnés. On les met à mort, et, par lu, on leur assure la vie. Ils sont pauvres et ils enrichissent les autres*; ils manquent de t'>ut et surabondent. Ils sont accablés d'aranies, et.par l'avanie, ils arrivent^ la gloire. On les calomnie, et, riQ!>tant d'après, on proclame leur justice; injuriés, ils bénissent*; ils répondent à l'insulte par le respect; ne faisant que le bien, ils sont punis comme malfaiteurs; punis, ils se réjouissent comme si on les gratifiait de la vie. Les Juifs leur font la guerre comme

1. Cest-ï-dirc qu'on n'y mange pas indiffâremmeal de toutes choses. Voir Oito, p. 178-179 (3" éditj, S. Cf. II Cor-, VI, 10.

X I Cor., IV, a.

(ÂB179] MABO-AURÈLB. 427

à des gentils^; ils sont persécutés par les Grecs» et ceux qui les haïssent ne sauraient dire pourquoi.

Bref, ce qu'est l'àme dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L'àme est répandue entre tous les membres du eorps, et les chrétiens sont répandus entre toutes les villes du monde. Vâo^e habite dans le corps, et pourtant elle n'est pas du corps; de même les chrétiens habitent dans le monde sans être du monde*. L'àme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible; de môme la présence des chrétiens dans le monde est de notoriété publique ; Biais leur culte est invisible. La chair hait Tàme et lui fait la guerre, sans que celle-ci ait d'autre tort envers elle que de Tempêcher de jouir; le monde hait aussi les chrétiens, sans que les chrétiens aient d'autre tort que de faire de l'opposition au plaisir. L'âme iiime la chair, qui la hait; de même les chrétiens aiment ceux qui les détestent. L'àme est emprisonnée dans le corps, et pourtant elle est le lien qui conserve le corps ; de même les chrétiens sont détenus dans la prison du monde, et ce sont eux qui maintiennent le monde. L'àme immortelle habite une demeure mortelle t de même les chrétiens sont provisoirement domiciliés dans des habitations corruptibles, attendant l'incorruptibilité du ciel. L'àm3 est améliorée parles souffrances de la faim, de la 9(Ât; les chrétiens, suppliciés chaque jour, se multiplient de plus en plus. Dieu leur a assigné un poste qu'il M leur est pas permis de déserter ^

Le spirituel apologiste nous met lui-même le doigt

^, tiré tcu^aîttv &ç àXXo^uXoc iroXtfMuvTou. Gb. Y. Cf. Justin, cité dans l'ÉgL chréL, p. 277.

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