‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 246 sur 364 · Eusèbe, Prosp., VI, 9, fin · texte numérisé non relu

Eusèbe, Prosp., VI, 9, fin

4. Cureton, p. m; Land, Anecdola syt., I, p. 30. 51-53. Bardesane n'en était pas moins considéré comme auteur, de môme

410 ORIGINES DU CHRISTIANI8UE. [An 479]

Bardesane est un certain Aoueid% entiché des erreurs de l'astrologie. L'auteur oppose à ces erreurs un raisonnement vraiment scientifique : « Si Fhomme est dominé par les milieux et les circonstances, com* ment se fait-il que le même pays voie se produire des développements humains tout à fait différents? Si Thomme est dominé par la race, comment se fait-il qu'une nation, changeant de religion, par exemple se faisant chrétienne, devient toute différente de ce qu'elle était? » Les détails intéressants que l'auteur donne sur les mœurs de pays inconnus piquèrent la curiosité. Le dernier rédacteur du roman des Recon-naissances^, puis Eusèbe, puis saint Césaire en firent leur profit'. Il est singulier qu'étant en possession

qae les Entretiens d*Epictète, recueillis par Arrien, sont cités comme un ouvrage d'Épictète. D'autres fois, pourtant, on considérait les Dialogues comme des c livres de ses disciples •. Cf. Phi« loxène de Maboug, dans Cureton, p. v.

4. Pour ce nom arabe, voir Wetzstein, Inschr. in Trach. und Uauran, au mot Àouiî^oç ; Acta S, Barsitncei, init., Mœsinger.

t. L'hypothèse inverse est impossible. Des traits d'actualité précise, comme ce qui est relatif à la conquête romaine et à la conversion du Manou au christianisme (p. 30, 34, 31, Gureton), manquent dans les Reconnaissances.

3. Outre ces citations, nous possédons le texte complet de l'ouvrage en syriaque (Gureton, SpiciL syr., p. 4 et suiv.). On ne saurait afQrmer que ce syriaque soit l'original de Bardesane ; c'est peut-être une traduction refaite sur le grec. Le titre, Livre des lois des pays^ que porte l'ouvrage dans le manuscrit du Mu-

[A1I179J MARC-AURÈLB. 411

d'un pareil écrit, nous devions encore nous demander ce que Bardesane pensa sur la question de Tinfluence des astres dans les actes de l'homme et dans les événements de rhistoire. Le dialogue s'exprime sur ce point avec toute la netteté que l'on peut désirera Cependant saint Éphrem*, Diodore d'Antioche*, combattent Bardesane comme ayant versé dans l'erreur de ses maîtres de Chaldée. Par moments, son école apparaît comme une école profane d'astronomie autant que de théologie. On y prétendait fixer par des calculs la durée du monde à six mille ans\ On

sée britannique, est peut-être une précaution pour dissimuler le nom mal famé de Bardesane. C'est à tort qu'Eusèbe dit que l'ouvrage était adressé ir^ç Àvrttvtvov, ce dont salut Jérôme a fait Marco Anlonino, Le texte conservé de Pouvrage ne porte rien de semblable. Épiphane a irp^ 'AGtt^àv r^v àar^voficv, ce qui est exact. ASTPONOMON a pu devenir aNTûN€INON, par des confusions de lettres. 11 est peu vraisemblable qu'un dialogue écrit en syriaque ait été adressé à un empereur romain. L'hypothèse de Avida^^^ Âvitus (nom d'Héliogabale) est absolument inadmissible.

4. Comparez la doctrine du Dialogue à celle de saint Êphrem, Hymnes, iv,p. 445-447; y, p. 449 a; vi, p. 453 p; viu, p. 458 a; IX entier.

t. Hymnes, vi, p. 452 p; viii, p. 457 p.

3. Photius, cod. ccxxiii. Il parait que Touvrage de Diodoro existe complet en syriaque. W. Smith, Dict, of greek and roman biography,ly p. 4045.

4. Cureton, p. 40; saint Éphrem, Hymnes, i, 439 c; u,p. 550 c, d; tm, 553 p; Joum, asiat,, avril 4852, p. 298-^99; Land, Anecd. syr„ p. 32; Hilgenfeld, Bardesanes, p. 54 et suiv.

(4t ORIGINES DD CHRISTIANISME. \tii ilVl

admettait l'existence d'esprits sidéraux résidant dans les sept planètes, surtout dans le soleil et ta lune, dont l'union mensuelle conserve le monde en lui donnant de nouvelles forces'.

Ce que Bardesane fut sans contestation, c'est le créateur de la littérature syriaque chrétienne. Le syriaque était sa langue ; quoiqu'il sût le grec, il n'écrivait pas en cet idiome. Le travail nécessaire pour assouplir l'idiome araméen à l'expression d'idées philosophiques lui appartient tout entier. Ses ouvrages, du reste, étaient traduits en grec par ses disciples sous ses yeux. Lié avec la famille royale d'Ëdesse, ayant été, à ce qu'il semble, élevé en la compagnie d' Abgar VIII bar Manou, qui fut un fervent chrétien, il contribua puissamment à extirper les coutumes païennes, et eut un rôle social et littéraire des plus importants. La poésie avait toujours manqué k la Syrie ; les anciens idiomes araméens n'avaient connu que le vieux parallélisme sémitique et n'en avaient pas su tirer grand'chose. Bardesaae composa, à t'imitation de Valentin*, cent cinquante hymnes, dont le rythme cadencé, en partie imité de la Grèce, ravit

aint Éphrem, CEavrea .1, Hymnes, Lin, p. 553 f\ Lv, !, r.

'ertullien, De came .hriiU.tO; et. Canon de Muralori, 3 et suiv.

tA&m] MARG-AURÈLB. 141

tout le monde, surtout les jeunes gens^ G*était à la fois philosophique, poétique^ chrétien. La strophe se composait de onze ou douze vers de cinq syllabes, Iscandés d'après l'accent*. On chantait les hymnes en chœur, au son de la cithare, sur des afrs grecs. L'influence civilisatrice de cette belle mu^ue fut considérable» Presque toute l'Osrhoène se fit chré* tienne. Malheureusement Abgar IX, fils d'AbgarVIII, fut détrôné en 216 par Garacalla ; ce phénomène éphémère d*une petite principauté fondée sur les principes d'un christianisme libéral disparut ; le chri^ stiatiisme continua de faire des pix)grès en Syrie, mais dans la direction orthodoxe et en s'écartant chaque jour davantage des libertés spéculatives qu'il s'était d'abord permises.

Les rapports de Bardesane avec Tempire romain sont obscurs \ Selon certaines apparences, la perse-

Page 1