DioQ Gassius, LXXI
6. Dix mille drachmes, c'est-à-dire enviroa dix mille francs. Dion Cassius, LXXI, 31 , note de Sturz. Gomp. Suétone, Vesp,,iiBi Capitolin, Pius, 44 ; Lampride, Alex, Sev,, 44.
7. iElius Aristide, Orat., ix, 0pp., lll, p. 440, 444, Dindorf; Pbilostrate, Soph., Vies d'Hérode AUictis (II, i), d^ Adrien de Tyr (II, X). Gf. Il, XI, 2. Alexandre Péloplaton, en y mettant le pied, s'écriait: « Iri, fléchissons le ^enout » Pbil)Str., Soph,, II, v, 3.
38 ORIGINES DU CHRISTIAMSME. (An 1B1]
devant cet envahissement des hautes places de la république par des gens sanB f^eux, sans audace militaire, appartenant le plus souvent à ces races orientales que le vrai Romain méprisait. Telle fut, en particulier, la position que prit, pour son malheur, AvïdiusCasaius, vrai homme de guerre et homme d'État, homme éclairé même et plein de sympathie pour Marc-Aurèle, mais persuadé que le gouvernement exige tout autre chose que de la philosophie'. A force d'appeler l'empereur, en souriant, a une bonne femme philosophe * », il se laissa entraîner à la plus funeste des pensées, i. la révolte. Le grand reproche qu'il adressait h, Marc-Aurèle' était de confier les premiers emplois à des hommes qui n'offraient de garanties ni par leur fortune, ni par leurs antécédents, ni même quelquefois par leur éducation, tels /nn> HacnaBiia Pt Pompéien. Le bon empereur poussa, iveté jusqu'à vouloir que Pompéien Liicille, veuve de Lucius Verus, et 'e que Lucitie aim&t Pompéien, parce me le plus vertueux de l'empire. Cette m fut une des principales causes qui
ius Cassius, dana Vulc. GallJcanus, Avid,, 14. : anictdam. Leltre de Lucius Verus, dags I, Avid. Cas»., I.
icanus, Avid., l 't.
[An 161] MARG-âDRÈLE. 30
empoisonnèrent son intérieur ; car Faustine appuya la résistance de sa fille, et ce fut un des motifs qui la jetèrent dans l'opposition contre son mari *.
Si Marc-Aurèle n'avait uni à sa bonté un rare degré de sens pratique, son engouement pour une classe de personnes, qui ne valait pas toujours ce que sa profession faisait supposer, l'eût entraîné à des fautes. La religion a eu ses ridicules; la philosophie a eu les siens. Ces gens qui couvraient les places publiques, armés de gourdins, étalant leurs longues barbes, leurs besaces et leurs manteaux râpés, ces cordonniers, ces artisans qui abandonnaient leur échoppe pour mener la vie oisive du cynique mendiant, excitaient chez les gens d'esprit la même antipathie qu'excita plus tard dans la bourgeoisie bien élevée le capucin vagabond*. Mais, en général, malgré le respect un peu exagéré qu'il avait a priori pour le costume des philosophes, Marc- Aurèle portait dans le discernement des hommes un tact fort juste '. Tout le groupe des sages qui se
4. Capitolin, i4n^ PAt7.,20.Voirmesif^/. rf'Aw^,p.493, 194. C'est à tort qu'on a mêlé Faustine à la conspiration d'Avidius. Mél., p. 484 et suiv.
2. Lucien, Bis accus., 6; Dem.,i9, iS; Piscator, J^b; Fugi-- (IWJ2-22; Ép\clëie, Dissert,, m, xxu, 50, 80; AuIu-Gelle^IX, 2.
3. La môme distinction était délicntomont observée par Épio» lôle. Dissert., HI, xxii; IV, vin, xi.
« ORIGINES DO CHRISTIAN ISHU. (An 161]
serraient autour du pouvoir présentait un aspect très vénérable ; l'empereur les envisageait moins comme des maîtres ou des amis que comme des frèi'es, qui lui étaient associés dans le gouvernement. Les philosophes, comme l'avait rêvé Sénèque, étaient devenus un pouvoir de l'Ëlat, une institution constitutionnelle en quelque sorte, un conseil privé dont l'influence sur les aiïaires publiques était ci4)itale.
Ce curieux phénomène, qui ne s'est vu qu'une fois dans l'histoire, tenait certainement au caractère de l'empereur; mais il tenait aussi k la nature de l'empire et è. la conception romaine de l'Élat, conception toute rationaliste, ob ne se mêlait aucune idée théocratique. La toi était l'expression de la raison; il était donc naturel que les hommes de la raison arrivassent un jour ou l'autre au pouvoir. Gomme juges des cas de conscience, les philosophes avaient un râle en quelque sorte légal *. Depuis des siècles, la philosophie grecque faisait l'éducation de la haute société romaine : presque tous les précepteui's étaient Grecs; l'éducation se faisait toute en grec'. La Gi'èce nfi cnmntp. nas de pluB belle victoire que celle qu'elle
lie, XIV, s. On en a des exemples même sous resp. de Plitte et de Trajan, lvhi (lvi), affaire
0,1, 1,3; Lucien, De mercede conducliê, Si, 40,
[An 101] MARC-âURÈLB. il
remporta ainsi par ses pédagogues et ses professeurs'. La philosophie prenait de plus en plus le caractère d'une religion ; elle avait ses prédicateurs, ses missionnaires % ses directeurs de conscience» ses casuistes*. Les grands personnages entretenaient auprès d'eux un philosophe familier, qui était en même temps leur ami intime S leur moniteur, le gardien dejeur âme\ De là une profession qui avait ses épines et pour laquelle la première condition était un extérieur vénérable, une belle barbe, une façon de porter le manteau avec dignité *• Rubellius Plautus eut, dit-on, près de lui « deux docteurs en sagesse »,
Notez surtOQt la colère de Juvénal contre les Grecs qui écrasent la liKérature latine et font de Rome < une ville grecque », où les Romains meurent de faim. (SaL, m, etc.)