‹ Histoire des origines de ChristianismeChapitre 306 sur 364 · Guigniaut, Rel. de Vanl.j planches, fig. 908 et suiv · texte numérisé non relu

Guigniaut, Rel. de Vanl.j planches, fig. 908 et suiv

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sujets historiques de rAncien ou du Nouveau Testa« ment n'apparaissent qu'à des époques plus récentes* La table, les pains sacrés, les poissons mystiques, des scènes de pêche, le symbolisme de la Gène, sont, au contraire, représentés dès le ni* siècle*.

Toute cette petite peinture d'ornement, exclue encore des églises et qu'on ne tolérait que parce qu'elle tirait peu à conséquence, n'a rien absolument d'original. C'est bien h tort qu'on a vu dans ces essais timides le principe d'un art nouveau. L'expression y est faible ; l'idée chrétienne tout à fait absente; la physionomie générale indécise. L'exécution n'en est pas mauvaise; on sent des artistes qui ont reçu une assez bonne éducation d'atelier; elle est bien supérieure, en tout cas, à celle qu'on trouve dans la vraie peinture chrétienne qui natt plus tard. Mais quelle différence dans l'expression ! Chez les artistes du vn% du vm* siècle, on sent un puissant effort pour introduire dans les scènes représentées un sentiment nouveau ; les moyens matériels leur manquent tout à fait. Les artistes des cata-

4. En général, on a exagéré rancienneté des peintures des catacombes. (De Rossi, BulL, 4863, p. 2S, 83, 94; 4865, p. 36; Roma soiL, I, p. 346 et suiv.; Revue archéol., sept, et oct. 4880). La plupart sont du iv'^ siècle, une petite partie du m*. L^hypogée de Domitille peut être antérieur (de Rossi, BalL, 4865, p. 36. k%, 45; 4874, 5, 35, 4 f 2-4 95; 4875, 4-43, 45-47). «

su ORIGINES DO CBRISTIANISHB.

combes, au contraire, sont des peintres du genre pompéien, convertis poar des motifs parfaitement étrangers à l'art, et qui appliquent leur savoir-faire à ce que comportent les lieux austères qu'ils décorent. L'histoire évangélique ne fut traitée par les premiers peintres chrétiens que partiellement et tardivement. C'est ici surtout que l'origine gnostique de ces images se voit avec évidence. La vie de Jésus que présentent les anciennes peintures chrétiennes est exactement celle que se figuraient les gnostiques et les docètes, c'est-à-dire que la Passion n'y figure pas. Du prétoire à la résurrection, tous les détails sont supprimés', le Christ, dans cet ordre d'idées, n'ayant pas pu souffrir en réalité'. On se débarrassait ainsi de l'ignominie de la croix, grand scandale pour les paTens. A cette époque, ce sont les païens qui montrent par dérision le dieu des chrétiens comme crucifié ; les chrétiens s'en défendent presque*. En représentant un crucifix, on eût craint de provoquer les blasphèmes des ennemis et de paraître abonder dans leur sens, irétien était né hérétique ; il en garda la trace*; l'iconographie chrétienne se

, Sarcoph. d'Arles, p. <8; Jûurit. det tao., oo-

Évangiles, p. i!t-4n.

s Félix, 9, 29.

Statue de l'hémorroïsae, qui paraît avoir élé une

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dégagea lentement des préjugés au milieu desquels elle était née. Elle n*en sortit que pour subir la domination des apocryphes, eux-mêmes plus ou moins nés sous une influence gnostique. De là une situation longtemps fausse. Jusqu'en plein moyen âge, des conciles, des docteurs autorisés condamnent Tart ; Tart, de son côté, même rangé à Torthodoxie, se permet d'étranges licences. Ses sujets favoris sont empruntés, pour la plupart, à des livres condamnés, si bien que les représentations forcent les portes de l'église, quand le livre qui les explique en est depuis longtemps expulsé ^ En Occident, au xiii* siècle, l'art s'émancipe tout à fait; mais il n'en est pas de même dans le christianisme oriental. L'Eglise grecque et les Eglises orientales ne triomphent jamais complète* ment de cette antipathie pour les images qui est portée à son comble dans le judaïsme et l'islamisme. Elles condamnent la ronde bosse et se renferment dans une imagerie hiératique d'ob l'art sérieux aura beaucoup de peine à sortir*.

On ne voit pas que, dans la vie privée, les chré-

représeotation allégorique des gnostiques, voir cndessus, p. 460, note 4, et l'Église chrétienne, p. HS, DOte.

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