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MARC-AURÈLB. m
patriotique» il détruisit le monde ancien. La cité et rÉtat ne s'accommoderont plus tard avec le christianisme qu'en faisant subir à celui-ci les plus profondes modifications.
(( Ils habitent sur la terre, dit l'auteur de 1*Épitre à Diognète^; mais, en réalité, ils ont leur patrie au ciel. » ËiTectivement, quand on demande au martyr sa patrie : « Je suis chrétien » , répond-il * . La patrie et les lois civiles, voilà la mère, voilà le père, que le vrai gnoslique, selon Clément d'Alexandrie', doit mépriser pour s'asseoir à la droite de Dieu. Le
chrétien est embarrassé, incapable quand il s'agit
des affaires du monde^ ; l'Evangile forme des fidèles, non des citoyens. Il en fut de même pour l'islamisme et le bouddhisme. L'avènement de ces grandes religions universelles mit fin à la vieille idée de patrie; on ne fut plus Romain, Athénien; on fut chrétien, musulman, bouddhiste. Les hommes désormais vont être rangés d'après leur culte, non d'après leur
4. ÊttI y^i ^larpîSouoiv, dtXX' tv cOpav^ noXtTc^ovTot. Cf. Tert., ApoU, 38, et Vuranopolis des stoïciens. Gléin. d'Alex., Strom., IV, XXVI, fin.
2. Actes de saint Pione, $ 48 ; Le Blant, ïmcr,, I^ p. 4 !2-1â3; Man, d'épigr, chrét., p. 5-8; Jean Chrys., HomiL in sanclum Lucianum, Montf., II, p. 5S8.